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 Le RP où Amé fait Pouf.

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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Le RP où Amé fait Pouf.   Ven 4 Déc - 0:32

Knock knock. Le petit poing d’Amélie s’abattit rapidement deux fois sur la porte avant qu’elle ne cherche une sonnette. Oui en fait, ce serait probablement plus sûr de sonner aussi. Dring dring. Alors, quelqu’un ?
Bon, la jeune femme était peut-être un peu agitée.

La brunette hésita à retourner à sa voiture déjà après une seconde d’attente, garée à quelques mètres, mais finit par renoncer et fit du bruit avec ses talons sur quelques pas inutiles, finissant à la même place qu’avant.

En fait, on devrait interdire à Amélie de rouler en voiture. Pas parce qu’elle ne savait pas ou qu’elle n’était pas prudente, quoi que. Non plus parce qu’elle n’avait pas de réflexe qui en fait étaient excellents, non c’était plus parce que quand on voyait toutes ses visites à l’hôpital… On pouvait sans trop d’hésitations se dire qu’elle avait eu pas mal la poisse.

En fait, sa dernière visite datait d’une semaine. La brunette, après une série de décisions plus imprudentes les unes que les autres, s’évanouît à la sortie d’un auditoire rempli de quelques centaines d’étudiants. Mais quand ces derniers lui avaient demandé comment ça avait été le jour suivant et celui d’après, la jeune femme n’avait pu répondre sans tenter de réprimer un sourire amusé et de sentir son visage viré d’une couleur écarlate trahissant ses pensées, se remémorant l’infirmier qui lui avait dérobé sa petite culotte après leur entretien dans l’ascenseur de l’établissement médical.

Silas. La trace de ses baisers et de ses touchers avait perdurée bien après qu’ils se soient quittés.
Ils étaient supposés se revoir. Il voulait des réponses à ses questions et Amélie les détenaient clairement. Sauf qu’ils ne s’étaient pas dit quand, ni où. Et que la chasseresse ne voulait pas spécialement plus satisfaire sa curiosité qu’à leur première rencontre.

« J’y crois pas. »

Dans sa chambre, assise au bord du lit, la brunette avait ouvert un colis. La jeune femme cligna deux fois des yeux de surprise et prit un des sous-vêtements dans le tas qu’elle souleva un peu, le fixant. Un sourire étirant ses fines lèvres d’abord, la chasseresse ne put retenir longtemps le rire qui suivit. Sa main se posa d’abord sur sa bouche pour se calmer et étouffer le son qui s’échappait d’elle mais même une fois redevenue silencieuse, son buste resta la victime de quelques secousses incontrôlables. Amélie se laissa tomber sur le lit et attendit que son fou rire passe pour enfin raisonner. Original. Elle ne s’était pas attendue à des fleurs de toute façon, mais ça, c’était d’un autre niveau.

L’étudiante se redressa et enfonça le sous-vêtement qu’elle avait laissé tomber sur les draps là où elle l’avait pris pour ensuite poser le carton qui avait attendu dans sa chambre d’être ouvert depuis déjà quelques temps aux pieds de son lit. Il était certain qu’elle l’aurait ouvert plus tôt si elle avait su qui lui avait envoyé, mais comme ça n’avait pas été le cas, le colis lui était quelque peu sorti de la tête.

La jeune femme, éreintée, se glissa alors sous ses couvertures douillettes et s’enfonça jusqu’à la poitrine avant de fermer la lumière et de poser un coussin sa tête pour ne plus entendre l'orage qui menaçait un sommeil plus que mérité. Sa conscience par contre, resta active plus longtemps que prévu. L’objet de ses pensées nocturnes ne pouvait pas être plus évident. Silas. Si le présent occupa son esprit quelques minutes, Amélie finit tout de même par céder à Morphée en se repassant de sa rencontre avec l’infirmier et de leur échange mémorable dans l'ascenseur. Ses souvenirs imprégnèrent l’esprit d’Amélie alors que le sommeil l’avait déjà emportée, sans partager leur place avec ses préoccupations de la journée. Toute la nuit et à son insu, la scène fut à nouveau jouée dans sa tête, se rappelant un délice qui faisait déjà parti du passé. Cette dernière partie provoqua un intense sentiment de regret chez la jeune femme, à son réveil.

Le lendemain dans l’après-midi, après être sortie de sa salle de bain dans un écran de fumée, la brunette attrapa des vêtements posés sur son matelas et les enfila rapidement, vérifiant d’abord si sa jupe qui lui arrivait mi-cuisse ne semblait pas remonter incontrôlablement comme certaines de ses traîtresses de copines et fila, claquant la porte derrière elle.
Cette même porte s’ouvrit à nouveau. La jeune femme revint et prît le carton. Ce qu’elle était tête en l’air...

C’est ainsi qu’elle s’était retrouvée devant sa porte, après avoir retrouvé l’adresse du destinateur sur la boite en carton contenant ce présent excentrique dont le contenu était d’ailleurs fourré dans son sac en bandoulière qui d’habitude contenait ses cours. Amélie était totalement consciente que la faire venir devant sa porte après qu’il ait envoyé le paquet à son adresse était certainement son intention mais elle n’avait pu s’en empêcher, cette petite boite en carton l’ayant obsédée depuis qu’elle l’avait ouverte. Qu’aurait-elle pu faire, de toutes manières ? La garder ou la jeter ? Aucune de ses deux options n’était à son goût… Amélie s’était donc laissé guidée par sa pulsion du moment, n’ayant même pas réussi à tenir une journée…
Sur cette pensée, l’étudiante au pas de la porte s’adossa à côté de celle-ci et ferma les yeux quelques instants. Oui bon, venir chez lui pour ne pas répondre à ses questions était un peu mesquin mais elle n’avait pu se contrôler. Elle voulait juste le revoir et pouvoir lui dire une toute petite phrase...
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Dim 6 Déc - 9:01

Les braises rougirent dans l’obscurité de la nuit, lorsque Silas tira sur sa clope et relâcha la fumée avec nonchalance. Le jeune homme se balançait doucement sur le transat, les yeux accrochés aux étoiles, sur le balcon de l’étage. Que faisait-il à fumer là-dehors ? C’était Miss Gianella, la gouvernante, qui l’avait chassé de l’intérieur, la première fois. L’infirmier avait l’habitude de se griller ses clopes à l’intérieur de la maison, mais la bonne femme l’avait poussé dehors à coups de journaux, s’exclamant, indignée, que la fumée était nocive pour Ariane, sa fille, et qu’il devrait le savoir s’il était un père digne de ce nom…

Quand le jeune homme entra, il se dirigea au salon. Miss Gianella était en train de cuisiner, Ariane gazouillait dans son parc. Les odeurs de l’Italie se diffusaient doucement dans toute la maison, comme la voix puissante et raffinée du chanteur d’opéra qui sortait des enceintes, et le ventre de Silas émit un râle plaintif lorsque celui-ci s’affala sur le canapé. Il prit son ordinateur portable sur les genoux et se rendit sur un site de shopping, l’ombre d’un petit sourire malicieux au coin de ses lèvres en voyant défiler toutes ces petites culottes sous ses yeux… Silas avait précieusement gardé celle écarlate d’Amélie. Penser à la jolie brunette lui procura un délicieux frisson qui parcourut son corps littéralement de la tête au pied. L’infirmier sentait encore la courbe ferme de ses fesses sous ses doigts, la chaleur de leurs baisers… qu’est-ce qu’il faisait chaud, tout d’un coup…
Silas ne tenait plus sous cette tension que lui amena la simple pensée d’Amélie. Il se leva donc et se rendit vers Miss Gianella.

« J’aurais besoin de vos conseils, Emanuela. »

L’italienne tourna sa crinière de cheveux pour offrir un regard par dessus ses lunettes aux bordures noirs, l’air de dire « qu’est-ce qu’il me veut, celui-là, encore ? ». Silas la trouvait très drôle, elle était un peu comme une vieille amie et comme la mère qu’il n’avait jamais eue, avec ce caractère typiquement italien bien trempé. Elle vit le contenu de l’écran de Silas et détourna immédiatement le regard.

« Oh non, Monsieur, je ne vais pas parler de petite culottes avec vous, eh ! Vous êtes un peu fou, vous. », lui dit-elle avec cette drôle de façon de rouler les « R » et d’articuler les mots, qui arracha un rire au jeune homme.

Silas pencha la tête et la regarda avec insistance, en tentant de lui faire les yeux doux, si vraiment il savait faire ça. Elle l’interrogeait des yeux mais céda finalement. Silas lui dit se faire plaisir, qu’il ne voulait pas voir un prix en dessous de deux zéro après le chiffre, et fit chauffer la carte bleue après que Miss Gianella lui eut fait une petite sélection de lingerie, sans faire d’autres remarques.

« Ariane a déjà prix son bain ? », lui demanda-t-il une fois que la commande était partie, qu’il avait bien précisé de mettre son adresse sur le carton pour que, si jamais Amélie voulait lui faire une petite visite, elle le pourrait.

« Ma daaai ! Non, qu’est-ce que vous croyez, Monsieur, j’ai pas quatre mains, eh ! », s’exclama-t-elle.

Silas arqua un sourcil arrogamment et s’avoua vaincu en levant les mains devant lui.

« Très bien, très bien, j’irai le lui donner. »

Miss Gianella était l’une des seules personnes à pouvoir exercer une certaine autorité sur l’infirmier sans que celui-ci ne renverse tout autour de lui. Peut-être était-ce parce qu’il savait que s’il voulait réellement avoir le dernier mot, il pourrait l’avoir, mais que tout cela n’était qu’un jeu. Silas alla alors prendre sa fille dans ses bras, et entreprit de la chatouiller sur le chemin de la salle de bain, pour lui arracher quelques rires qui, il fallait bien l’avouer, étaient probablement la chose la plus mignonne du monde pour un père.

* * *

Quelques jours plus tard.

Amélie semblait ne plus vouloir sortir de l’esprit de Silas. Le plus dur, c’était de réussir à s’endormir, calmer ses pensées qui ressassaient sans cesse l’événement de l’ascenseur. Obsédé. Silas était complètement obsédé par la brunette. Sous la douche, il lui était aussi plutôt difficile de ne pas déraper. Le visage entre ses deux mains, il laissait couler l’eau brûlante pendant de nombreuses minutes sur son corps immobile, jusqu’à ce qu’il soit assez recentré pour user du gel douche sobrement.

Silas sortit de la douche, dans un nuage de buée opaque qui recouvrait toute la salle de bain. Le jeune homme se croyait dans un sauna. C’est à ce moment-là qu’il entendit la sonnette de la porte d’entrée retentir. Ça y est. Qui cela pouvait-il bien être ? Il attrapa une serviette qu’il passe rapidement sur ses cheveux, l’attacha autour de ses hanches. Il s’apprêtait à appeler Miss Gianella pour lui ordonner d’aller ouvrir, sauf qu’il se rappela qu’elle était partie avec la petite Ariane pour faire une ballade. Ça, c’était pratique. Il ouvrit la porte et s’échappa de la salle de bain de la même manière que la vapeur ambulante, descendit les escaliers et se rendit vers la porte d’entrée, ses pieds laissant encore des traces humides au sol. Il put voir sur l’écran à côté de la porte de qui il s’agissait. Il n’eut pas besoin de reconnaître plus que la longue cascade de cheveux bruns pour savoir qui elle était… Il ouvrit la porte.

« Amélie… » Miam.

Revoir son visage, ses courbes, sa jupe lui avait tellement manqué qu’elle lui fit l’effet soulageant d’une dose de drogue lorsqu’on est en manque. Il se rendit compte à ce moment-là que si elle était venue un tout petit peu plus tôt, elle aurait pu peut-être se retrouver avec lui sous la douche… Était-ce trop tard. Le regard du jeune homme dont la nudité n’était dissimulée que par sa simple serviette, resté trop longtemps croché sur la poitrine de la brunette, eut grand-peine à retrouver le chemin jusqu’à ses yeux marron. Il avait vraiment l’impression d’être drogué et enivré par la jeune femme, et son regard le trahissait sans la moindre discrétion.

« Tu as reçu mon paquet… », fit-il, comme une longue réflexion philosophique après quelques verres et quelques taffes de substances illicites, dont l’effet était exactement celui qu’Amélie avait sur lui.

Après un petit temps de réaction, un petit sourire malicieux se dessina sur ses lèvres, alors qu’il se rappelait le contenu du paquet envoyé à la brunette. Comment l’avait-elle trouvé ? Avait-elle apprécié sa petite blague ? Il la regardait là, bêtement, insolemment, pour sonder maladroitement ce qu’elle allait lui dire.
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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Dim 6 Déc - 17:19

La jeune femme croisa les bras, toujours adossée à côté de la porte, les yeux perdus dans le vide. Si quelqu’un d’autre ouvrait, que ferait-elle ? La brunette ne s’imaginait pas vraiment donner les sous-vêtements à la mère de Silas, ou à n’importe quelle autre personne… Surtout qu’elle n’avait plus le carton, Amélie avait vidé son contenu avant de sortir de son véhicule. En plus, même si elle l’avait eu, la jeune femme aurait probablement trouvée une quelconque alternative pour s’échapper devant une tierce personne, guidée par le désir inavoué de revoir l’infirmier dont le souvenir semblait la hanter depuis plusieurs jours.

Le  bruit de la porte l’alarma de la nouvelle présence, tandis qu’elle reconnut bien vite la voix. Pourquoi ne lui avait-elle pas encore interdit de dire son prénom, quand à chaque fois qu’il l’avait prononcé elle ressentait cette électricité luxurieuse se répandre dans son corps ?

« Un bonbon ou… »

Là, il lui avait coupé le sifflet. Donc, elle pouvait aussi manquer d’air à l’extérieur ? La respiration visiblement coupée en plein milieu de sa petite phrase, les lèvres toujours entrouvertes, la jeune femme avait l’impression d’avoir reçu un coup de batte dans le ventre tandis que son regard glissa rapidement le long de son corps, lui faisant l’effet d’une bombe qui lui aurait explosé en pleine tête, responsable du rougissement de son visage de nacre.

« Ah, carrément. »

Lâcha-t-elle finalement d’une voix étouffée. Tout juste sorti de la salle de bain. Amélie trouva la situation injuste. Ayant presque répété pour ne pas laisser ses souvenirs remontés à la surface pendant leur interaction et se laisser dominer par eux, elle réalisa qu’elle n’aurait pas à fournir le moindre effort de ce côté-là. Non, ce n’était pas les souvenirs de ses désirs assouvis qui menaçait maintenant de la posséder mais les envies qui venaient instantanément de reprendre leur place dans son esprit embrouillé. Ne pouvant penser qu’à ses doigts courant sur la peau dénudée et effaçant de jalousie les gouttes d’eau qui léchaient ses muscles à sa place, la brunette déglutit.  

Moins d’une minute après avoir ouvert la porte, le regard inquisiteur, licencieux et sensuel de Silas embrasait à nouveau la chasseresse dont le rythme cardiaque avait décollé, comme une invitation à répéter et continuer leur précédente entrevue. La jeune femme, dans son geste habituel quand, gênée, une émotion qu’elle ne voulait pas laisser transparaître se voyait comme un panneau au-dessus de sa tête, passa sa main dans sa chevelure, finissant par effleurer sa nuque. Deux parties du corps de son interlocuteur qu’elle mourrait d’envie d’agripper. En fait, cette pensée enflamma son imagination qui partît carrément en vrille dans une scène très similaire à leur dernière rencontre. D’un petit saut précédé d’un pas en sa direction, Amélie se visualisa capturer les lèvres de l’infirmier qui aurait été poussé à l’intérieur, quand, dans un même temps ses jambes iraient à nouveau prendre appui sur ses hanches, remplaçant l’essuie ennuyeux dont la place était sans aucun doute dans un feu de cheminée.

Amélie, dont le regard avait suivi et probablement dévoilé ses pensées lubriques, cligna en revenant à la réalité. Il reprit la parole avant elle, interrompant les images qui défilaient dans sa tête en lui rappelant la raison de sa visite, qui était devenue un peu floue, sur le moment.

« Yep. »

Souffla-t-elle avec un sourire lumineux, soulagé de se souvenir du contenu dissimulé de son sac entrouvert. On se reprend. La jeune femme était revenue aux yeux captivants de Silas qui ne l’aidait absolument pas à lutter contre ses pulsions, insistant la chasseresse à se laisser submerger par elles après s’être perdue dans ce regard si intense.

« Et même si j’apprécie l’invi- l’intention… »

Dit-elle avec plus de contrôle sur sa voix qui était clairement amusée et qui avait malencontreusement substitué intention à invitation dans un lapsus révélateur, ce qui força la jeune femme à baisser les yeux pendant une seconde sans que son sourire ne s’en retrouve effacé, bien au contraire.

« Je choisis très bien mes sous-vêtements toute seule. »

Assura-t-elle en inclinant doucement la tête, détournant brièvement le regard.

« D’ailleurs tu devrais encore t’en souvenir. »

Conclu-t-elle avec un sourire crispé, revenant lentement à ses yeux qui semblaient renfermer encore davantage de mystères que dans ses souvenirs.
Il fallut toute la force mentale d’Amélie pour se détacher de son regard vert qui attisait de manière considérable l’attraction que Silas avait sur elle pour poser sa main sur la lanière de son sac.

« Je suis donc venu te rendre ton cadeau. »

Prononça-t-elle comme la note finale d’une chanson amusante tandis qu’elle fit un pas et qu’elle retourna son sac, une main de chaque côté, au-dessus du jeune homme à moitié nu, déversant ainsi un torrent de petites culottes. La brunette avait dû d’ailleurs se mettre sur la pointe des pieds alors qu’elle était en hauts-talons. Ce qu’il était grand.





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La brunette se posta devant le miroir de sa chambre, cherchant un détail qu’elle aurait oublié tout en remettant ses idées en place. La jeune femme passa sa main sur son ventre pour chasser les plis de sa petite robe immaculée en blanc cassé qui se finissait à la mi-cuisse, d’une couleur légèrement différente des ailes de plusieurs dizaines de centimètres dans son dos. Les ailes de plumes et fourrure étaient attachés par de simples élastiques à des épaules que la chevelure chocolat ne faisait cette fois qu’en partie effleurer de quelques mèches, quelques épingles les retenant du mieux qu’elles puissent dans une coiffure fragile avec un style un peu désordonnée qui était pratique pour un endroit où, de toute façon, ce qui était préparé minutieusement en début de soirée ne ressemblerait plus à grand-chose sur le chemin du retour, avouons-le.

Si proche. La proximité avec Silas pesait toujours sur elle et le regret d’avoir été arrachée à cette rencontre – par elle-même, certes, mais elle ne sait jamais ce qui est bon pour sa personne – ne pouvait être plus présent. D’abord partie avec l’idée que le revoir lui serait bénéfique – quelle idée farfelue, tout de même… - ayant comparé le désir qui l’animait à un sparadrap qu’on arrache d’un coup sec, Amélie rentra encore plus imprégnée des envies qui avaient trop vite pris place dans son corps pour celui de l’infirmier.

Amélie passa sa main dans ses cheveux, les ramenant vers l’arrière tout en faisant tomber son auréole de fourrure blanche dans ce geste qui trahissait sa frustration.

« Distraite. »

La jeune femme sourit à l’accusation de son amie, se tournant pour la rejoindre, ramassant son accessoire en chemin pour le remettre en place.

« T’imagines même pas à quel point. »

La brunette se coucha sur le lit – sur le ventre, les ailes étant contraignantes - de la mignonne petite blonde aux cheveux courts habillée en zombie, couverte de faux sang avec des lentilles blanchâtres. Elles n’avaient clairement pas passées trois ans sur le maquillage, qui n’étaient constitué que d’une – mais impressionnante – blessure sur l’épaule et une autre sur sa joue, arrosée de faux sang de manière désordonnée. Amélie par contre, n’avait que quelques strasses brillantes sur le côté de ses yeux maquillés qui rappelait son déguisement. En gros, ce qu’elle avait piqué dans l’armoire de sa copine de faculté pour pouvoir s’incruster à la dernière minute à une fête déguisée sans faire tâche et une robe assortie.

« Tu penses à quoi ? »

La jeune femme sourît. A qui. Ou, éventuellement, si ses pensées devaient être associées à un objet, ce serait sûrement à un de ceux qu’elle avait laissée tomber sur la tête de la personne en question.
Le bruit d’un téléphone vibrant sur un meuble proche attira alors l’attention d’Amélie.

« Dring dring. On y va. »

Sortit-elle, enjouée en secouant l’appareil devant le zombie.

Quelques minutes plus tard, elles entrèrent dans l’endroit que tant d’étudiants avaient fait la promotion sur le campus. Les deux jeunes femmes rejoignirent alors un autre groupe de connaissances, multipliant rires et envies d’alcool.

Assise au bord de la salle sur un long siège de cuir, un cocktail sombre venant de lui tomber dans les mains, la jeune femme ne tenta même plus d’échapper aux fantasmes qui harcelaient sa petite tête auréolée. Son imagination la ramena devant la porte qu’elle avait frappé le matin même quand l’homme à côté d’elle l’interpela.

« Les ailes te vont vraiment bien. »

Amélie tourna la tête et offrit un sourire flatté à la personne qui s’était assis à côté d’elle sans qu’elle ne le remarque.

« Merci, mais ce n’était pas le costume que j’avais en tête… »

Intrigué, il lui demanda évidemment une explication. « Lequel tu voulais ? » L'interrogea-t-il en fronçant les sourcils. Le sourire de la brunette s’élargit, sachant pertinemment que personne d’autre qu’elle ne comprendrait ce qui se déroulait dans sa tête même avec des annotations.

« Infirmier. »


Dernière édition par Amélie K. Jones le Jeu 17 Déc - 12:11, édité 1 fois
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Lun 7 Déc - 14:33

Silas avait beaucoup de peine à regarder Amélie dans les yeux. Non qu’il veuille fuir son regard, loin de là, ses prunelles étaient tout bonnement exquises, surtout en ce moment même ; mais les yeux du jeune homme restaient simplement fixés d’abord sur la poitrine de la brunette, qu’il n’eut pas la moindre difficulté à déshabiller du regard, de la même manière que le tissu de sa jupe qui effleurait la peau de ses cuisses dont les hanches de l’infirmier se rappelaient encore le contact ferme et empressé d’excitation… Pourquoi imaginait-il déjà ses doigts parcourir délicatement sa peau, partant du creux du genou jusqu’à en caresser, d’une manière si délicate que le contact en deviendrait douloureux, tout le long de ses cuisses, tout en se faufilant malicieusement sous sa jupe…

Le jeune homme dut déglutir pour se recentrer. Il serra la mâchoire et détourna le regard pour se contrôler et pria intérieurement pour que l’expression de son excitation ne vienne pas déformer son seul « vêtement ». Il n’en revenait pas de l’effet qu’elle avait sur lui… L’infirmier se dit que ça de devrait pas être permis de le mettre dans cet état après à peine deux mots échangés… Peut-être devrait-il nonchalamment lui refermer la porte au nez, s’il voulait sortir de cette situation vivant ?

Quand le jeune homme quasiment nu parvint à replonger ses yeux dans ceux de la brunette, il fut d’abord étonné puis fier de remarquer qu’il pouvait espérer avoir un effet similaire sur elle… Le désir brûlait dans ses iris marron, qui ne firent qu’attiser la flamme dont Silas irradiait depuis maintenant à peu près une semaine… Un sourire étira le coin des lèvres de celui-ci, ne faisant qu’inviter – inciter – la jeune femme à réaliser ses pensées.

Mais l’ambiance entre les deux jeunes gens se mit à s’obombrer d’un voile transportant un mauvais pressentiment à Silas. La façon dont Amélie commença sa phrase sonnait comme un éclair s’abattant juste entre eux deux. Ça y est, il était foutu. Il eut un regain d’espoir lorsqu’il crut entendre le mot « invitation », qui s’évapora à l’image de son espoir. La mine du jeune homme commença doucement à se déconfire, entre déception et irritation. Amélie avait-elle prit son cadeau comme une critique sur son goût vestimentaire ? Silas fut secoué d’un petit rire incrédule. Était-elle vraiment sérieuse ? Allait-elle lui rendre ses culottes. Le suédois leva les yeux au ciel et ne les reposa plus sur la brunette, qui avait fait deux pas dans sa direction.

Et tout d’un coup, il fit tout noir. Le tissu des sous-vêtements chatouilla le visage du jeune homme alors qu’ils se répandaient au sol. L’infirmier dénudé eut un mouvement de recul tandis qu’il releva son bras pour se couvrir la face.

« T’es sérieuse, Amélie ?! », s’indigna-t-il, d’une voix furieuse, sous la pluie de culottes qui tombait sur son corps encore mouillé. Quel gâchis.

Lorsqu’il recouvra la vue, il aperçut Amélie, de dos, qui s’en allait déjà. Si elle croyait qu’elle allait s’en sortir comme ça. Silas ne supportait pas de la voir s’éloigner, comme si elle emportait le soleil avec elle et était sur le point de laisser le jeune homme dans une nuit noire, dénuée d’étoiles. Il voulut partir à ses trousses, mais à peine eut-il descendu les deux marches du perron que sa serviette voulut fuir à son tour et que l’infirmier faillit se retrouver complètement nu, en pleine nature, s’il n’avait pas eu le réflexe de la rattraper juste avant qu’elle ne tombe trop bas. C’est ainsi qu’Amélie lui fila entre les doigts, le laissant à nouveau là, haletant, frustré, et de nouveau complètement tiraillé d’excitation. Œuvre cruelle de la brunette. Il voulut lui crier quelque chose dans le dos, mais toutes les émotions qui se bousculaient dans sa tête le laissèrent coi, le regard perdu dans le vide ne sachant pas laquelle de ces émotions choisir…
Une chose était sûre, la prochaine fois, il l’aurait… Elle n’allait pas s’en tirer comme ça. Vraiment. Elle ne savait pas avec qui elle jouait… Quelle folle.





Pas une journée pouvait se passer sans que l’esprit de l’infirmier ne dérive sur les courbes d’Amélie, sa tignasse de cheveux bruns lui tombant sur ses épaules et sa poitrine… Et maintenant, pas une seule journée n’était exempte de la frustration que la brunette avait laissée en lui. Pourtant, à chaque fois qu’il ouvrait la porte d’une chambre d’hôpital pour faire son tour auprès des patients, il espérait la voir à nouveau là, le regard perdu par la fenêtre, impatiente de s’en aller de cet endroit… Mais à chaque fois, le suédois devait simplement amené des repas à des vieillards, leur faire leur toilette s’ils en étaient pas capables, faire des pansements à des gamins trop stupides pour rester debout et ne pas s’ouvrir l’arcade sourcilière en tombant la tête la première contre le bitume. Enfin bref. Oui, Silas était plutôt frustré.

C’est pourquoi aujourd’hui, il se dévoua pour répondre aux appels, toute la journée. Au moins, son cœur ne s’emballerait plus à chaque fois qu’il ouvrait une porte, ou qu’il croisait une brunette dans les couloirs, et il n’aurait plus à torturer son excitation en prenant l’ascenseur, étant donné que pour répondre à des appels, il n’avait besoin que de poser ses deux fesses sur une chaise et se la couler douces derrière l’ordi de la réception, le téléphone à l’oreille. Quoique… il n’avait pas pensé au fait qu’il se retrouverait juste en face de l’entrée de l’hôpital… et qu’il espèrerait revoir cette fameuse tignasse brune s’avancer vers lui, derrière les portes automatiques… Avec cette dentelle rouge…

« Hé, Silas, t’oublies pas la soirée Halloween ce soir, hein ? »

L’infirmier, ailleurs, faillit sursauter lorsque la voix d’une de ces collègues le sortit de ses rêveries.

« Euh… Non, pas du tout. Je n’oublie pas. »

Silas avait de la peine à se convaincre lui-même. Il leva les yeux vers sa collègue, comme pour lui confirmer qu’il était bien présent, mentalement. Elle, il arrivait tout à fait à la regarder dans les yeux, malgré le fait qu’elle soit plutôt mignonne. L’esprit du suédois était malheureusement déjà occupé à loucher sur une autre…

L’infirmier aurait probablement oublié cette soirée. Halloween, quelle blague. Le jeune homme n’aimait pas spécialement ce genre de soirée. Déjà, il avait horreur de se déguiser, et d’autre part le DJ mixait toujours des chansons beaucoup trop commerciales à son goût, qui ne stimulaient que les beaufs. À moins d’être très alcoolisé ou d’être en agréable compagnie…

Silas était supposé passer prendre en voiture plusieurs de ses collègues qui était comme lui nouveau dans l’hôpital, et d’anciens étudiants à l’école d’infirmiers qui se situaient juste à côté de l’université.

« On se rejoint tous chez moi avant, pour nous déguiser rapidement, et ensuite c’est toi qui nous déposes, juste ? …À vingt heures chez moi ? J’ai déjà tout ce qu’il faut, le faux sang, les lentilles… Oui, on fait dans l’originalité, cette année… N’oublie juste pas ta tenue. »

Le jeune homme cligna des yeux. Que venait-elle de dire ?

« Oui, super. J’y manquerai pas… »

Il essaya de lui décocher un sourire le plus crédible possible, très hypocrite, mais il essaya d’y mettre du cœur. Pourquoi avait-il accepté d’aller à cette fête ? Ah oui, on ne lui avait pas trop laissé le choix.

* * *

Cinq infirmiers entrèrent dans le bâtiment où la musique semblait faire vibrer les murs. Silas, les cheveux ébouriffés, devait se faire violence pour ne pas se frotter les yeux… Il ne s’était pas encore habitué aux lentilles qui recouvraient ses yeux pour les faire paraître blancs. Sa bouche était couverte de sang qui dégoulinait encore sur sa blouse blanche et sur le stéthoscope qui entourait son cou. Bizarrement, ce faux sang n’avait pas un goût si ignoble que cela… Mais il n’avait qu’une envie : s’essuyer les lèvres. La sensation de baver constamment était plutôt désagréable. Normalement, c’était censé sécher tout de même un peu, mais ce n’était pas encore vraiment le cas. Bref. Silas avait déjà envie de repasser le seuil de l’entrée dans le sens inverse…

Immédiatement, l’infirmier-sortedezombie se dirigea vers le bar. Il n’allait pas supporter la soirée bien longtemps s’il était sobre. Il attendit impatiemment au comptoir, tapant de ses doigts contre la matière du plan de travail. Qu’est-ce que le barman prenait du temps… Amateur. Silas se retourna, s’adossa au comptoir et balaya la salle de son regard blanchâtre et cadavérique. Elle était décorée dans des tons sombres, affichant tous les clichés de la fête des citrouilles. Des gens se trémoussaient déjà sur l’énorme piste de danse sous le feu des projecteurs, et l’infirmier ne put s’empêcher d’arrêter son regard sur chaque chevelure brune des jeunes femmes dans la salle cultivant toujours l’espoir de tomber sur les courbes déjà si familières de la silhouette d’une certaine brunette…

« Tiens. »

Un collègue infirmier lui mit son verre entre les mains.

« Tu cherches qui ? », lui demanda-t-il.

C’en était, une bonne question. Mais surtout, pourquoi la cherchait-il ? Silas n’avait aucune confirmation que la divine brunette se trouvait dans les parages. Certes, elle étudiait à l’uni, mais était-elle le genre de jeune femme qui venait à ce style de fêtes-là ?

« Une patiente… »

Si seulement.
Silas regarda son collègue, lui fit un clin d’œil, l’autre se marra en comprenant tous les sous-entendus possibles et imaginables que pouvait lui évoquer le fait d'avoir une patiente, et le suédois prit congé de lui à l'aide d'une tape dans le dos, pour se diriger vers l’extérieur, tout en sirotant son mystérieux cocktail. Son besoin de nicotine se manifestait déjà, et ça le tendait, par dessus toute la frustration de la journée, dont la cause était bien connue… Une clope ne pourrait que le détendre.

Il fit quelque pas, lorsqu’un son bien particulier résonna dans ses oreilles. Un simple mot. Surtout, une simple voix, qui résonna dans son esprit comme une invocation. Impossible… Avait-il bien entendu ? Cette voix pouvait-elle être la sienne ? Silas tourna la tête dans tous les sens. Des fantômes, des zombies, des araignées, des vampires… Bordel, où était-elle ? Satanées lentilles… Elles lui encombraient la vue.

Et là… un ange. Vraiment, un ange, avec des ailes pelotonnées et une auréole accrochée au-dessus de la tête… Dans l’esprit de Silas, voir cette divine créature lui fit l’effet d’avoir trouvé le Saint Graal. Hallelujah. Aussitôt, une vague de soulagement, de frustration, d’irritation, d’excitation et de chaleur, lui traversa le visage. Son cerveau était à deux doigts de court-circuiter, et ce toujours à cause de la même personne.

Et c’était qui, celui-là, à côté d’elle ? Silas fronça les sourcils en le dévisageant, ses yeux l’ayant déjà tué au moins trois fois. Pourquoi ce jeune homme la regardait-il comme ça ? Pour qui se prenait-il ? Le grand suédois fonça immédiatement vers eux.

« Vous avez appelé un infirmier, mademoiselle ? », lança-t-il en arrivant vers eux, d’un ton se voulant enjoué pour la jeune brunette, mais tâché de fureur envers ce petit bonhomme à côté d’elle.

Sans la moindre gêne, Silas s’apprêta à poser ses fesses sur le long siège en cuir, juste entre Amélie et son admirateur, et n’avait pas l’intention d’attendre que ce dernier se bouge un peu pour n’avoir Amélie plus que pour lui, et que l’autre aille lécher le cul d’une personne à son image. Dans la précipitation du geste, l’infirmier étala presque involontairement un peu de sang écarlate sur le tissu blanc de la jeune brunette.

« Oups. », lâcha-t-il, comme l’écho d’une scène passée. « Sympa l’auréole. On croirait presque que tu es un ange. » Silas passa un doigt sensuel sur ladite auréole, incrédule, pour en caresser la fourrure comme il aurait caressé plus volontiers d’autres parties du corps d’Amélie. « Mais je ne crois pas que tu sois aussi sage qu’un ange… n'est-ce pas ? ». Il vint poser une main sur la cuisse de la jeune femme qu’il serra doucement et un petit rire s’échappa de ses lèvres ensanglantées, avant qu’il ne redevienne d’un coup sérieux et qu’il plonge son regard crépusculaire, sérieux, insistant et pénétrant dans les yeux de la brunette angélique, durant de longues secondes. Ses yeux dérivèrent ensuite le long de la robe tâchée d’Amélie, à travers laquelle il ne put s’empêcher de se demander quelle culotte elle portait…

Et voilà, son cœur partait à nouveau en vrille… Ses yeux revinrent soutenir ceux de la brunette, comme s’ils attendaient quelque chose venant de sa part, et le jeune homme se mit à jouer délicatement avec les plumes de ses aile, des idées licencieuses en tête.

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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Mar 8 Déc - 5:25

Bon, c'est du grand n'importe quoi j'ai l'impression, alors je relis et modifie après, parce que là, je n’arrive pas à voir ce que j'ai foirer :055:

Le mot était sorti avec amusement. Pas comme un souhait de princesse qui ferme les yeux à sa fenêtre en répétant sa fin heureuse avec un espoir désespéré, mais plutôt comme l’aveu d’un désir qui semblait être destiné à être inassouvi et à, sans diminuer, l’obséder toute la soirée sans qu’elle n’ose penser à l’avouer à haute voix.

Et puis, il était apparu. L’objet inaccessible de ses fantasmes avait à nouveau fait irruption dans un décor où Amélie ne l’attendait pas le moins du monde, sans toutefois arrêter de l’espérer intensément.

La jeune femme venait de tremper à nouveau ses lèvres dans le nectar glacial quand une voix résonna dans son esprit, interrompant ses moindres gestes et pensées. Non, c’était juste impossible. Ah, en fait, si, ça l’était. Il venait de s’imposer à la place de la personne qui avait complimenté Amélie, ou plutôt, dans le petit espace entre celui-ci et celle de la brunette, ce qui força la jeune femme à pousser son amie de l’autre côté pour lui céder automatiquement assez de place sans pour autant lui accorder un regard, n’ayant pas l’ombre d’un doute sur la personne dont la voix et l’arrogance s’étaient déjà faites remarquées. En fait, la jeune femme était déjà occupée à faire quelque chose de plus intéressant. S’étouffer.

Un minuscule échantillon de la boisson fortement alcoolisée sembla s’égarer quelque part dans ses poumons car, malgré ses efforts, elle ne put s’empêcher de trembler sous une petite quinte de toux qu’elle étouffa d’une main en baissant la tête, dissimulant son visage en feu. Une fois à nouveau maîtresse –si l’on pouvait dire- de sa respiration, son attention fut rapidement reportée vers le jeune homme qui –Oh – avait fait partager les artifices de son déguisement avec sa robe immaculée, qui ne l’était donc désormais plus du tout, laissant s’échapper un mot qui la désorienta et lui coupa sa respiration fraichement retrouvée, lui évoquant une scène similaire. Simple allusion, provocation et punition à la fois, peut-être ? Était-ce la conséquence de la pluie de petites culottes qu’Amélie avait fièrement faite pleuvoir au-dessus de sa tête avant de s’enfuir à grandes enjambées ?

« Silas. »

Souffla-t-elle en guise de salutation, les yeux scannant le costume ensanglanté du jeune homme, levant les mains comme si elle avait été en état d’arrestation pour ne pas se mettre davantage du liquide écarlate dessus, finissant par lui lancer un regard presque agacé qui contrastait étrangement avec le sourire qui flottait sur ses lèvres sans qu’elle ne puisse l’atténuer.

« Tu ne peux vraiment pas t’en empêcher ? »

Demanda-t-elle avec dans la voix un amusement qu’elle ne parvint pas à dissimuler devant le rappel d’un souvenir dont elle n’arrivait plus à se libérer. Les mains de l’ange invitèrent alors la personne derrière l’infirmier à se calmer, le remarquant uniquement parce que celui-ci semblait passer de la surprise à la colère frustrante qui suivait le vol injuste de la femelle qui avait été envisagée, lâchant un furieux et agressif « Hey, je te dérange pas ? ». Amélie n’accorda pas plus d’attention à l’étudiant déguisé en Joker, celui-ci ayant en fait déjà été évincé dans l’esprit de la chasseresse par Silas avant même son arrivée.

L’auréole. Il la mentionna en effleurant d’un doigt léger l’objet qui transmettait un vague reflet du toucher à sa propriétaire qui enviait la fourrure blanche, la torturant cruellement.

« Ça dépend des moments. »

Confessa-t-elle dans un soupire qui fut suivit d’yeux doux et d’un sourire assorti à son déguisement.
Un sourire retenu mais qui s’était agrandit aux lèvres, elle sentit alors la main de Silas se poser sur sa cuisse et exercer une légère pression sur celle-ci.
Son corps se tendit légèrement et sa respiration fut coupée après une longue et rapide inspiration qui la forcèrent à détourner le regard. Toujours surprise de l’effet que son toucher pouvait avoir sur la brunette même sans monter plus haut, il lui sembla que le désir qu’elle ressentait était encore plus vif qu’à leur dernière rencontre, comme un venin redoutable et douloureux qui courrait dans ses veines pendant tout ce temps mais devenait insupportable près de la seule personne capable de l’apaiser. Amélie plongea alors dans les yeux de Silas dont les iris se retrouvaient voilés par des lentilles blanches, ne pouvant que remarquer que l’intensité de son regard captivant n’avait pas été altérée.

« Et toi, tu es… mort ? »

Demanda-t-elle doucement en inclinant la tête avec un air innocent, faussement incertaine, sirotant deux petites gorgées de son verre dont le liquide bordeaux avait déjà été bien entamé avant de reposer l’objet sur le côté, tentant de ne pas laisser ses caresses sur son déguisement la déconcentrer davantage.

« Mais victime de pulsions sanglantes… »

Ajoute-t-elle d’abord pensive pour revenir à ses yeux avec un air compatissant évidemment volontairement exagéré. Son regard descendit sur les lèvres couvertes de liquide vermeil, suivant l’écoulement de ce dernier sur ses vêtements trop semblables à ceux de leur dernière entrevue, continuant même une fois que les traces rouges s’arrêtèrent, laissant ainsi son imagination enfreindre les règles qui régissait l’endroit public en lui ôtant les vêtements qui l’avaient déjà agacés à l’hôpital après avoir simplement pris place sur l’infirmier, une jambe de chaque côté.

« Pauvre Silas… » Commença-t-elle en rapprochant légèrement son visage du sien, murmurant à peine assez fort que pour être entendue avec le bruit ambiant.  « Que pourrait sauver ton âme damnée ? »

Fit visiblement semblant de s’inquiéter la jeune femme, amusée, fixant alors les lèvres écarlates de son interlocuteur en mordant doucement les siennes pour lui souffler une réponse tandis que ses doigts partirent à la rencontre de la main qui avait infligé une délicieuse décharge à la cuisse de la brunette, effleurant sa paume.
Amélie devait avoir un grave problème psychologique, en fait, le sang artificiel recouvrant la bouche de Silas ne la révulsait aucunement… En fait, c’était même le contraire, devant fournir un effort colossal pour se contrôler, s’empêcher de combler la distance qui les séparait et d’y goûter, capturant à cette occasion les lèvres de l’infirmier dont elle remarquait que le souvenir de la sensation éprouvée quand il les avait posées sur elle ne l’avait plus quitté.
Les doigts de l’ange effleurèrent alors dans un toucher des plus délicats ceux de l’infirmier ensanglanté, remontant avec une lenteur calculée jusqu’à son poignet avant de vivement quitter le corps de Silas, tandis que la jeune femme se relevait dans un petit geste de recul.

« Je crois que je devrais y aller, la musique me perturbe et je voulais être sage ce soir. »

Sortit-elle finalement, en haussant les épaules avec un sourire presque narquois.

Pure provocation pour le pousser à bouts, petite vengeance de l’attitude similaire du jeune homme dans l’ascenseur et du sacrifice de ses vêtements ou réel besoin de sortir pour empêcher son cerveau de bouillir dans le sang qui semblait s’être transformé en lave depuis la venue de l’infirmier ? Même la brunette n’en était pas sûre, avec en plus la peur que le sujet sensible qu’ils étaient censés aborder reviennent comme une baffe en pleine figure. Sa température corporelle ayant largement excédée sa limite habituelle depuis l’arrivée de l’infirmier, et ses pensées étant chaotiques, le vent d’octobre sur ses bras dénudés l’aiderait peut-être.

« A bientôt, Silas. »

Mots qu’Amélie sur-articula et accompagna d’un geste de la main ainsi que d’un petit mouvement de ses doigts fins avant de se fondre dans la foule avec toute l’adresse dont elle était capable. Pouf, à nouveau disparue.

Une fois dehors, la foule de l’entrée passée, la jeune femme se rendit compte qu’elle avait oublié dans la précipitation son téléphone portable à l’intérieur. C’était peut-être son amie qui avait en sa possession son petit samsung blanc ? De toute façon, elle verrait bien, ne comptant retourner à l’intérieur que quand sa respiration serait à nouveau régulière et qu’elle aurait réussi à dissiper l’image de Silas qui malheureusement, se faisait bien trop présente, tout comme le manque dû à son absence. Exaspérée, Amélie redirigea d'une main ses cheveux vers l'arrière, se rappelant à la dernière minute de son auréole... Qui n'était plus là. Oh, génial.
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Mar 8 Déc - 18:17

« Pardon, Amélie… Je voulais pas… » lui faire peur ?

La pauvre, elle s’étouffait. Était-ce le déguisement de l’infirmier, ou son arrivée brutale qui l’avait fait déglutir de travers ? La prochaine fois, Silas tentera de se pointer de manière plus subtile, mais cette fois-ci il avait été obligé de faire en sorte que l’autre gars, le Joker, soit plus distancé de l’ange. Avec son regard pervers qui dévorait goulument SA brunette – oui, apparemment Silas la considérait jalousement déjà comme sa propriété –, l’infirmier le voyait déjà gober, engouffrer, violer la bouche d’Amélie avec sa langue ophidienne et putride.

Instinctivement, Silas avait déposé l’une de ses mains dans le dos ailé de la jeune femme, alors que son autre main remettait une mèche de ses cheveux derrière son oreille. La brunette se reprit rapidement et souffla son prénom d’une manière que l’esprit de l’infirmier prit tout de suite le chemin échoïque du retour pour se rendre dans l’ascenseur de l’hôpital où Amélie, les cuisses serrées autour de ses jambes, avait susurré son nom…
Bordel. Le cœur du jeune homme loupa un battement, et son esprit revint à la réalité, ses yeux croisant le regard exaspéré de la brunette.

« M’en empêcher ? Je n’ai même pas essayé… », fit-il alors qu’une lueur de provocation brilla temporairement dans son regard blanc.

C’est à ce moment-là que Silas entendit la voix railleuse et irritée – irritante, surtout – du jeune homme déguisé en Joker à qui il avait volontairement dérober Amélie. Pour son bien, évidemment. Immédiatement, Silas se retourna, enragé rien que par la voix de l’autre bonhomme, et lui jeta un regard flamboyant de fureur.

« Oui, tu me déranges. », cracha-t-il d’une voix à la fois grave, résonnante et sifflante. Ses gros yeux conspuèrent toutes les menaces qu’il était possible d’imaginer. « N’essaie même pas. T’as aucune chance. »

Le désintérêt total de la brunette vint appuyer ses paroles persiflantes, ce qui lui en boucha très probablement un coin. La tête du suédois fit demi-tour et ses traits se décontractèrent aussitôt que ses yeux se raccrochèrent à ceux de l’ange, chatoyants de douceur. L’entièreté de son attention se focalisa sur elle, tandis qu’elle joua à s’inventer le personnage que Silas incarnait dans son costume… Mort ? Probablement pas, vu tout ce qui lui venait en tête en ce moment-là, et vu le rythme endiable de son cœur qui pompait son sang bouillonnant. Amélie le rendait définitivement plus que vivant… L’ombre d’un sourire passa sur ses lèvres, alors que son regard se suspendit à celles de la jeune femme.

« Des pulsions, oui… », répéta-t-il, son corps se crispant doucement, la pression de sa main brûlante sur sa cuisse se serrant davantage.

Le regard du jeune homme dévia, durant l’espace de deux secondes, avant de revenir, crépitant de ce désir enflammé à l’état brut, vers les iris marron de la jeune femme… Oui, ce genre de pulsions qui lui donnait envie de tout balayer autour d’eux, d’attraper les cheveux d’Amélie par l’arrière, de tirer doucement dessus pour lui faire dresser la tête et l’amener vers lui afin qu’il puisse prendre brutalement ses lèvres en otage, répandre son faux sang partout sur son visage si délicat. Et faire venir ses cuisses sur ses hanches. Palper ses courbes. Bon sang… Silas devrait s’interdire d’avoir de telles pensées, il se faisait trop de mal à fantasmer…

Comme s’il ne faisait déjà pas assez chaud dans la pièce, Amélie approcha son visage du sien, et automatiquement, comme aimanté, Silas fit de même, la température de son sang se mit à déplafonner de manière exponentielle, alors qu’un sourire naissait sur ses lèvres suite à la remarque de la brunette. Pauvre. En ce moment même, le suédois n’était pas trop à plaindre, si ce n’était qu’Amélie pourrait partager ses lèvres avec Silas, pour que lui aussi puisse mordiller leur repli…

« Je suis certain que tes talents d’ange sont capables de soulager mes maux, et rendre grâce à mon âme… », lui répondit-il, le regard pénétrant et brillant d’une malice qui ne dissimulait aucunement ses indécentes arrière-pensées.

Son visage se rapprocha encore un peu de celui de la brunette ; leurs nez se frôlèrent presque. Silas ne put empêcher son mince sourire de s’évanouir et son cœur de vouloir rompre sa cage thoracique. Le contact des doigts de l’ange sur sa main incendia absolument tout son corps, mais trop vite elle vint éteindre ces flammes qui grandissaient en lui…

« Comment ça, y aller ? », s’indigna-t-il, en la suivant des yeux lorsqu’elle se leva.

Son ton reflétait à merveille tous ses espoirs qui lui tombèrent sur le crâne comme une pluie de culottes. Ce n’est qu’après qu’il décela son sourire rempli de malice.
Oh la vilaine… Osait-elle ?
Elle n’avait pas le droit de faire ça. Pas maintenant. Silas pouvait encore sentir la proximité de son visage contre le sien, son souffle enivrant, embaumé du parfum d’alcool de son cocktail. La distance qu’elle mit entre eux deux pesa sur la poitrine de l’infirmier et sembla le faire suffoquer, comme si on lui arrachait le cœur violemment et qu’on le vidait également de tous ses organes… Oui, en quelque sorte, Silas mourut. Elle lui décocha un petit signe de la main et disparût. Le coup fatal.

Le suédois était toujours affalé là, sur le canapé. En état de choc. Sa manière de contredire toutes les pulsions qui naissaient dans l’esprit du jeune homme lui fit l’effet de se prendre un boulet de démolition en pleine figure. Il sentit tout d’un coup l’effet de l’alcool lui monter doucement à la tête, mais ça ne suffisait pas à faire taire toutes ces alarmes qui cognaient dans son corps de manière insupportable. Il finit son verre cul-sec, et regarda autour de lui. Il croisa le regard du Joker et secoua doucement la tête.

« Toi, ta gueule. », fit-il, sec.

Oui, sa gueule à lui, il aurait pu l’écraser sur-le-champ entre ses doigts. S’il croyait qu’il allait pouvoir aborder Amélie, maintenant qu’elle semblait avoir pris congé de l’infirmier, il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’à en toucher le fond de sa boîte crânienne. Le suédois détourna son regard de cet abruti et ses yeux se posèrent finalement sur une petit objet blanc, qui semblait avoir pris la place d’Amélie. Ou plutôt que cette dernière avait maladroitement laissé là. Quel dommage… Silas prit le téléphone portable dans ses mains, et tenta de le déverrouiller. Pas de code. Yes… Et s’il le gardait et partait lui aussi maintenant, s’en voudrait-elle ? Silas pensa brusquement au fait qu’Amélie puisse tomber au milieu de la route sur le chemin de la route, se faire attaquer par un extraterrestre démoniaque, et qu’elle ne pourrait appeler personne si elle ne retrouvait pas son téléphone… Et merde.

L’infirmier ne fouilla rien à l’intérieur du téléphone – bien qu’il fût tenté de lire ses conversations, mais il s’abstint –, il ajouta juste son numéro dans les contacts de la brunette, avec une moue malicieuse et fière sur le visage, remit le téléphone dans l’une des poches de sa blouse, avant de se lever et de retracer le chemin de l’ange maladroit, qu’il suivit comme un prédateur chassant sa proie. C’était exactement ça. Silas était furieux. Et complètement excité en même temps. Le petit jeu d’Amélie fonctionnait à merveille. Et c’était exactement la raison pour laquelle il était en colère contre elle.

Il hésita à rester à l’intérieur et à la laisser s’en aller, ne voulant pas céder à ses provocations, à l’image d’un enfant capricieux et boudeur. Peut-être que s’il se cachait et qu’Amélie revenait, elle regretterait son geste ? Mais le corps de Silas avait déjà tout décidé pour lui. En moins de deux, il se retrouva dehors, à chercher fougueusement les ailes de fourrures et cette petite robe tâchée. Ses yeux farouches et incolores scannèrent tout l’extérieur, les traces sensitives des doigts fins de la brunette contre sa main

Silas était infecté par je sais trop quel poison, œuvre de la brunette, qui se diffusait lentement dans son corps, y répandant à la fois une douleur qu’il cherchait à tout prix à faire disparaître, et une délicieuse sensation qui ne faisait que tirailler son excitation dans tous les sens… Une délicieuse souffrance dont Amélie était la maîtresse. Une contradiction, un tiraillement entre la frustration et le plaisir du désir, un cercle vicieux où ces deux facteurs étaient interdépendants et s’excitaient mutuellement. La brunette l’avait complètement déboussolé. Elle jouait avec ses sentiments de manière si violente. Silas ne pouvait pas lui en vouloir, il savait bien qu’il lui avait fait subir à peu près la même chose dans l’ascenseur… Sauf que lui, il était revenu, alors que pour la deuxième fois, la jeune femme se soustrayait à lui sans montrer son intention de revenir…

Proche du mur de l’un des bâtiments du campus où se trouvait l’entrée de la fête, les yeux de l’infirmier se posèrent sur l’auréole en fourrure d’Amélie, échouée au sol. Il se baissa pour la ramasser. Et en se redressant, il tomba sur les deux billes marron de l’ange familière. Son regard se refroidit aussitôt, comme celui d’un requin ayant perçu une simple goutte de sang… Il se précipita vers elle et la plaqua contre le mur à moins d’un mètre de là, exactement de la même manière qu’il l’avait fait dans l’ascenseur de l’hôpital. L’excitation déjà bouillonnante dans ses veines sembla s’électriser et faire frissonner chacune des cellules de son corps. Il remit minutieusement en place l’auréole sur le sommet de la tête d’Amélie, et l’emprisonna en positionnant ses bras des deux côtés de sa tête, de telle sorte qu’elle ne puisse pas lui échapper sans qu’il en ait donné la permission. Cette fois-ci, en revanche, le visage de l’infirmier resta distant de celui de la brunette, tandis que ses yeux soutenaient avec insistance les siens. Il dut se faire violence pour ne pas succomber à la situation, à l’appel du creux de son cou qui ne demandait qu’à ce que Silas l’embrasse, de même qu’à ses lèvres si finement dessinées qu’il désirait emprisonner avec les siennes, avec à la fois délicatesse et empressement… Le suédois déglutit, serra la mâchoire et ne détourna pas son regard pressant plongé dans les yeux de biches de la jeune femme.

« Pourquoi, Amélie ? »

Un soupir. La frustration semblait à présent avoir pris le dessus. En fait, le jeune homme ne comprenait pas pourquoi elle s’en était allée une deuxième fois. L’idée qu’il ait pu faire quelque chose qu’il ne fallait pas commença à effleurer son esprit.

« Qu’est-ce que tu fuis ? », lui demanda-t-il presque comme une supplication teintée de peur et d’empressement, cherchant à faire pression sur Amélie. « Pourquoi as-tu refusé mon cadeau ? »

Au pire, l’infirmier se foutait de son cadeau, la partie qui l’intéressait était plutôt dans le refus de la jeune femme ; avec ou sans culotte, les deux lui seyait à merveille… surtout sans. Rapidement – il suffit à Silas, en parlant de son cadeau, de penser à la culotte humide de la brunette – le désir revint au galop le kicker en plein dans la figure. Sa respiration se fit bruyante et rapide, ses yeux descendirent le long du corps d’Amélie et malgré tous ses efforts pour dompter les effets de la simple présence de la brunette dans son champ de vision, il ne put réprimer son petit sourire aux lueurs concupiscentes, malicieuses et enfantines, qui se transforma bientôt en rire.
Amélie lui faisait complètement perdre la boule.
L’infirmier baissa la tête, rieur. Les voilà encore, à se courir après, Silas plaquant la brunette contre le mur… Il trouvait ça drôle. Il releva la tête et noya son regard dans l’immensité de ceux de la brunette et voulut ne plus jamais en ressortir, alors que son visage se rapprochait de celui d’Amélie. Son cerveau – à moins qu’on mette cela sur le compte de l’alcool – devait vraiment avoir court-circuité, ayant baigné dans un cocktail d’émotions bien trop mélangées… L’effet-Amélie.

« Bordel… Quand est-ce que tu vas arrêter de me faire cet effet-là ? »

Et donc, c’était à peine leur troisième rencontre.
Ces mots étaient sortis de la bouche du jeune homme aussi bien par saturation que par envie, ce n'était pas vraiment une reproche ; une plainte pour quelque chose de si délicieux mais inaccessible, une plainte qui ne faisait qu'en demander plus… Silas se rapprocha davantage de la jeune femme, si bien qu’elle pourrait sentir son cœur battre la chamade et sentir sa respiration hors d’haleine…
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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Jeu 10 Déc - 0:02

C’était elle qui était déguisé en ange et pourtant, c’était bien Silas qui semblait être tombé du ciel. La jeune femme avait avalé de travers et très vite, elle avait pu sentir la main du jeune homme dans son dos, regrettant d’être à l’origine du petit dysfonctionnement du corps de la chasseresse. La peur n’y était pour rien pourtant, juste un peu de surprise et un léger et momentané embarras venant un simple mot, qui était un aveu crypté de son désir grandissant pour cette même personne qui l’avait entendu et était soudainement apparu. Amélie ne s’était néanmoins pas attendue à cette manifestation de tendresse de la part de Silas qui dégagea même son visage d’une mèche gênante, ce qui provoqua une légère contraction dans le ventre dont elle ne releva volontairement pas l’existence.  

Un petit rire résonna dans le verre de la boisson dont elle but à nouveau une gorgée au moment où il lui dit n’avoir même pas essayé s’en empêcher. Tant d’honnêteté…

Ce fut à peu près à ce moment-là que la voix teinté d’agacement de la personne qui avait été à la place de Silas s’éleva à nouveau. Oh. La brunette releva les yeux dans sa direction mais son attention fut à nouveau immédiatement captée par celui qui venait de lui répondre avec un regard empli d’une rage qui étonna la brunette, qui eut le souffle coupé tandis que Silas lui disait qu’il n’avait ‘’aucune chance’’. En fait, cette attitude de mâle alpha, bien qu’incroyablement sexy, lui fit ressentir de la pitié envers la personne que Silas venait de démolir avant de revenir avec encore plus de douceur au regard d’Amélie.

« Les gars… »  

Souffla Amélie, excédée, reposant son verre. En fait, elle avait plutôt l’habitude de se défendre elle-même devant les éventuelles personnes qui venaient l’aborder. Ne supportant pas d’être en position de faiblesse, leur montrer qu’elle savait leur casser le bras avec son physique de demoiselle en détresse l’avait toujours rassuré. Et là, même si un sentiment primaire d’excitation l’avait envahi et l’incitait à déshabiller l’infirmier agressif du regard, la raison vint rapidement lui susurrer qu’il valait mieux en rester au sang artificiel et ménager l’orgueil des deux jeunes hommes. Surtout de la personne dont la place avait été piquée par Silas. Ainsi, penchée, sa main alla vite à la rencontre du bras du Joker animé de la colère d’un homme vexé qui s’apprêtait à rechercher sa dignité avec ses poings ou à se suicider, à voir.

« Est-ce qu’on peut parler plus tard ? »

Sa voix était aussi douce que celle de Silas avait été énervée, tandis qu’elle lui servit un sourire calme qu’elle espérait être une inspiration, avant de revenir aux yeux de l’infirmier quand son interlocuteur s’affala sur le divan après avoir soupirer si fort que les trois maisons des petits cochons s’étaient probablement envolées en même temps.

« Tu te sens bien ? »

Demanda-t-elle en haussant les sourcils, en revenant à sa place d’avant la courte interaction avec l’ennemi juré de Batman. Pas sûre que le futur psychologue ait mérité ça… Pourtant, si l’une des nombreuses femmes en chaleur dansant à proximité s’était rapprochée de son infirmier, une soudaine envie de mordre l’aurait envahi… mais elle s’absoudrait de son hypocrisie plus tard.

La main de Silas se resserra un peu plus sur sa jambe presque nue de l’ange quand il souleva le mot pulsion, embrasant l’imagination qu’Amélie avait tant de mal à contenir. L’ancienne patiente de Silas déglutît alors douloureusement tandis qu’elle menait une lutte intérieure acharnée pour ne pas agripper son haut sur lequel son regard était tombé, l’ayant visiblement totalement supprimée dans le fantasme que le jeune homme lui inspirait.

« Je suppose qu’il n’y a qu’un moyen de s’en assurer. »

Lui dit-elle d’une voix lascive quand ses doigts effleurèrent les siens et qu’il lui semblait pouvoir déjà sentir les lèvres de Silas sur les siennes, attisant dangereusement et volontairement le feu qui menaçait de brûler vive sa raison depuis leur rencontre. Si ce sacrifice pouvait faire disparaitre ses maux…
Enivrée par les pensées qui traversaient visiblement l’esprit du jeune homme, Amélie ne put s’extraire à ses yeux perçants qui semblaient avoir pris son âme en otage. Pourtant, au dernier moment, elle se détacha de l’emprise grandissante de Silas et partit, le narguant quelque peu avec un signe de la main. Et pourtant, l’entreprise lui avait laissé l’impression que son cœur avait été aimanté à la place où elle avait failli s’abandonner, tellement l’organe était alors d’une lourdeur insupportable.

En fait, si, c’était important. Son téléphone portable était très important pour elle. Oui, malgré qu’elle l’utilise comme projectile, le change à peu près toutes les deux semaines la plupart du temps pour cette raison et qu’elle le perdait presque autant de fois qu’elle brisait l’écran pourtant pas si fragile que ça. C’était ridicule, elle n’en avait rien à faire en temps normal, alors pourquoi maintenant, alors qu’elle était si désireuse de sortir de l’établissement, voulait-elle y retourner ? Ah, oui.

Ses doigts fins démêlèrent ses cheveux dans un geste qui reflétait son exaspération quand la brunette se rendit compte que son auréole avait disparue. Ses yeux balayèrent les environs rapidement quand elle se retourna, cherchant l’objet au sol entre les pas des nombreux étudiants se calmant sous un nuage de nicotine. Une petite blondinette recouverte de sang était au bord de l’inconscience sur le côté, une flaque de vomi à ses pieds prouvant que la chasseresse pouvait se calmer, ce n’était pas un vampire qui était la cause de son mal-être. La jeune femme soupira d’exaspération à cette pensée. Décidemment, la tournure des siennes n’avait plus rien de normale.

En tournant la tête, son regard croisa celui, glacial et blanchâtre de l’homme à qui elle avait faussé compagnie quelques minutes auparavant et dont la réaction ne se fit pas attendre. Amélie fut à nouveau plaquée au mur dans un bruit de craquement à cause de son déguisement qui résistait à peine, emprisonnée par Silas qui, comme un prédateur ayant coincé sa proie, ne lui laissait pas la moindre chance de replis. Et malgré que la chasseresse détestait en temps normal ne pas avoir le contrôle, l’idée d’être privée de liberté par le jeune homme ne la déplaisait pas, au contraire, ça lui faisait l’effet d’un puissant aphrodisiaque.

Amélie, à la fois surprise et hypnotisée par le souvenir d’un geste similaire dans l’ascenseur bloqué de l’hôpital, eut l’impression de se perdre dans les yeux à la couleur diluée par les lentilles de Silas qui venaient d’incendier son corps parcouru de délicieux frissons.

Il lui demanda pourquoi. Le regard de la brunette se teinta d’incompréhension, n’étant pas sûre de la raison qu’il voulait et même certainement du sujet. Pourquoi était-elle partie ? L’infirmier semblait frustré, émotion qu’Amélie partageait même si elle en était clairement la cause principale ce soir. Il était vrai que même pour elle, ça avait été du masochisme de fuir un plaisir tant désiré... pour la deuxième fois. Pourquoi avait-elle fait ça ? La tentative de la matinée même ne lui avait-elle pas suffit ? Allait-elle vraiment prétendre que depuis qu’elle avait redémarré la voiture après sa visite, elle n’avait pas imaginé mille fois lui sauter dessus, littéralement, retirant sa simple serviette de bain ?
Oui, probablement.

Au moment où lui demanda ce qu’elle fuyait, Amélie eut l’impression qu’il lui arracha les cordes vocales en lui montrant une vérité qu’elle se niait à elle-même. Quand elle voulut tenter de se justifier, aucun son ne sorti de ses lèvres entrouvertes. Avait-elle fuit ? Était-ce vraiment quelque chose à soulever ? Qu’attendait-il d’elle, après tout ?

« A quoi tu t’attendais ? »

Que d’incompréhension dans sa voix. Et de douceur. Un peu plus. Quoi qu’en fait, c’était sûrement parce que cette fois-ci, il n’y avait presque pas de provocation. Elle était totalement larguée, avançant dans un terrain inconnu et, lui semblait-il, de plus en plus piégé.  La jeune femme fréquentait peu de personne régulièrement, ayant l’habitude de mettre de la distance entre elle et ceux qu’elle appréciait, particulièrement les hommes. Amélie se contentait apparaître et de disparaître à sa guise dans la vie de ceux qu’elle appréciait la plupart du temps, menant une existence de fantôme qui ne lui posait aucun problème. Après tout, il était dur d’avoir une vie sociale avec des ignorants du surnaturel quand on court après les vampires pour se calmer.

« Tu m’as envoyé des petites culottes, Silas. »

Rappela-t-elle, un sourire amusé peint sur ses lèvres, comme si ça répondait à la question posée. Ou bien, ce cadeau était-il dans la tête du jeune homme atypique l’homologue de fleurs ?

« Mais ce n’est pas important, si ? »

Supposa-t-elle, espéra-t-elle peut-être pour leur propre sécurité, prévoyant une réponse évidente, une expression tendue et nerveuse qu’elle ne pouvait pas camoufler.  

« C’était juste… »

Amélie lâcha un nouveau soupire, renonçant à trouver une explication. C’était ridicule, pourquoi s’en préoccupait-il ? Pourquoi faire cette voix suppliante ? Et ses fascinants sentiments contradictoires qui explosaient dans la poitrine d’Amélie, n’étaient-ils pas censés faiblir au lieu de gagner du terrain en troublant la jeune femme dont l’épiderme semblait s’embraser ?

« Tu ne devrais pas trop t’approcher de moi, tu sais. »

Souffla-t-elle finalement, peut-être à cause du cocktail, avertissement servit avec un léger sourire qui, malgré le ton ambigu et lascif imposé par sa respiration courte, conséquence de la chaleur qui la gagnait, sonnait presque comme une confession. Evidemment, Amélie ne parlait pas de proximité physique, il était difficile d’être plus proches qu’ils ne l’avaient déjà été et l’idée que Silas s’en aille lui provoquait des pincements au cœur. Mais n’avait-il pas compris depuis que sa cuisse avait miraculeusement guérie que la jeune femme était le genre de personne à écarter du tableau ?

Un sourire se forma sur les lèvres ensanglantées de l’infirmier déguisé, un sourire candide qui se répandit jusqu’au visage de la brunette quand un rire s’échappa de celles-ci. La tête baissée mais le visage toujours dans le champ de vision d’Amélie, la jeune femme trouva quelque chose d’encore plus irrésistible dans ce Silas qui semblait victime de la même douce démence qu’elle, secoué d’un rire enfantin absolument adorable.

Il lui demanda quand ça s’arrêterait. Son regard se perdit au sol, son sourire s’évanouit tandis qu’elle se rapprocha du jeune homme avant de lever les yeux et capturer son regard à la fois blafard et incendiant, réduisant dangereusement le peu d’espace qui les séparait. Un sourire renaquit sur ses lèvres tandis qu’elle secoua doucement la tête, comme si Amélie annonçait une maladie incurable, s’amusant que cette question laissait penser qu’elle n’avait pas été infectée du même poison alors que la fièvre la submergeait davantage à chaque fois qu’un autre mot s’échappait des lèvres dont elle étudiait désormais avec envie les contours.

« Préviens-moi quand tu auras la réponse. »

Murmura l’ange d’une voix lubrique et amusée à peine audible pour toute réponse en parcourant du bouts des doigts le déguisement maculé de sang de l’infirmier, partant de son ventre pour remonter avec une lenteur calculée d’une main, rejoignant sa nuque pour la caresser de la même façon, tandis que l’autre s’introduisit dans son pantalon de tel sorte qu’elle l’approcha d’elle, le poussant -dans un geste qu’il arrêterait facilement- à se rapprocher de son corps fébrile. Elle ne voulait pas que ce jeu insensé s’arrête si rapidement et se délectait de cette torture depuis qu’elle avait infectée son corps. Plaisir masochiste qui ne cessait de croître sans qu’elle ne puisse ou ne veuille l’arrêter. S’il voulait la laisser en plan à son tour, qu’il y allait, il pouvait même la poignarder s’il voulait, elle se foutait juste de la stupide illusion de contrôle auquel elle devait d’habitude se raccrocher et n’arrivait en ce moment pas à penser à quelque chose de plus douloureux que la distance qui les séparait.

« Désolée, Silas... »

Souffla-t-elle avec un sourire d’une voix libidineuse nuancée de peine alors qu’elle pouvait sentir la respiration du jeune homme sur son visage et la chaleur qui émanait de son corps, obsédant Amélie qui ne voulait plus que céder à la pulsion maladive de capturer sa bouche couverte du fluide écarlate.  

« J’arrête. »

Sortit-elle avec un sourire joueur en suspendant ses mouvements, guettant la réaction de l’infirmier, tentant de percer les pensées dissimulées derrière le regard qui la consumait et la fascinait depuis la visite de la jeune femme à l’hôpital.

« De fuir. Silas, juste, demande le moi maintenant et ce soir… j’arrête. »

Amélie plongea dans le regard émeraude sous les lentilles de Silas, sa respiration s’étant suspendue, victime de leur proximité.
C’était juste une soirée après tout, ce n’était pas comme si après elle ne pourrait pas disparaître et ne jamais l’impliquer dans sa vie dangereuse une fois que les premières lueurs du jour recommenceraient à réchauffer les rues d’Huntfield. En attendant, Amélie voulait dévorer ses lèvres, répandre le liquide vermeil sur leur corps après l’avoir goûté, les libérer de leurs vêtements encombrants et enfin tenter d’apaiser la maladie dévorante qui se diffusait dans ses veines, faisant bouillir son sang et entravant sa raison dans une savoureuse affliction dont elle devenait peu à peu dépendante.  
Ça avait été un petit chuchotement, prononcé la tête légèrement inclinée, si proche de son visage que ses lèvres effleurèrent douloureusement le substitut de sang sur les siennes, provoquant une douce décharge qui se propagea dans tout son corps jusqu’à exploser en son bas-ventre. Elle venait de lui donner toutes les cartes. Il pouvait retirer son bras et dans ce cas-là, elle s’en irait. Si si, promis. Ou alors, il pouvait faire comme quand il avait tourné à nouveau sur le bouton d’arrêt d’urgence de l’ascenseur, pour voir ce qui se passerait…


Dernière édition par Amélie K. Jones le Dim 20 Déc - 22:04, édité 1 fois
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Dim 13 Déc - 12:52

Amélie s’adressa au Joker, et ce fait fit bouillonner le cerveau de l’infirmier. De colère. Il ne méritait même pas que la brunette lui adresse la parole. Et ce bonhomme ne sembla aimer ce qu’elle lui dit. Tant mieux. Silas avait été un peu possessif sur ce coup – juste un peu – mais il ne lui était jamais venu à l’idée que ce bonhomme puisse être un camarade d’uni d’Amélie, juste un beauf qui ne pensait qu’à l’amener aux toilettes. Silas avait des idées légèrement plus raffinées… Le Suédois lança à nouveau un regard foudroyant au Joker qu’il semblait vraiment avoir agacé. De la fumée sortaient presque de ses oreilles. Tchou tchou. Bref, revenons aux choses importantes…

La jolie brunette angélique poussait Silas à bout. Ils avaient été si proches, et tout d’un coup, si éloignés, arrachés l’un à l’autre… L’infirmier s’était senti privé d’oxygène, en train de suffoquer parce que la brunette s’était soustraite à lui. Se noyant dans l’immensité du poids que représentait l’absence d’Amélie depuis qu’il l’avait revue ce soir, le Suédois avait ressenti le besoin d’une bouffée d’air. Rapidement. Et maintenant qu’il avait retrouvé cette proximité avec la jeune femme, il se sentit perdre même davantage la raison qu’auparavant, alors qu’était enfin venu le moment où il pourrait se libérer de sa frustration. En partie.

« Je ne m’attendais à rien, Amélie. », lui dit-il, ses yeux droits dans les siens, brillants de cette lueur d’indifférence plate et arrogante. « Ce n’était qu’un putain de cadeau. Une simple pensée… », lui confia-t-il, avec un mélange d’arrogance et d’imperméabilité, ne comprenant pas pourquoi un simple présent pouvait être allé si loin… « Oui, je t’ai envoyé des culottes… Pourquoi est-ce que ce serait important ? Tu aurais pu les brûler, les revendre, les donner à ta mère ; je ne sais pas, moi, en faire ce que tu veux… » Comment aurait-il pu savoir ce qu’elle aurait fait de ces satanés sous-vêtements ? « Mais à la place, tu es venue vers moi pour t’enfuir, comme tu viens de le faire à nouveau… Pourquoi fais-tu ça ? »  Son ton était légèrement haussé, mais son arrogance était toujours teintée de cette ivresse dépendante à la brunette qui rendait son regard plus doux ; l’infirmier était sous l’emprise d’une drogue dont la source était juste en face de lui.  

« Je voulais juste… » Le regard du jeune dévia, alors qu’il cherchait à trouver des mots honnêtes qui traduisaient bien le cours de ses pensées qui prenaient une tournures tellement complexe… C’était tellement égoïste. « …te faire un clin d’œil, simplement ne pas passer aux oubliettes. » L’insolence qu’il mit dans son dernier mot reflétait bien à la fois sa présomption incoercible que sa sensibilité refoulée. Au moins, son objectif était atteint… mais pas tout à fait de la manière qu’il aurait pensé. Le fait qu’elle s’en aille après lui avoir jeté des culottes sur la tête l’avait un peu chamboulé, Silas avait encore ces fuites en travers de la gorge… Mais il ne pouvait en vouloir à la brunette, quand la perspective d’une douce vengeance était bien plus alléchante. Un sourire naquit sur ses lèvres : « Qu’est-ce que je vais faire, moi, avec toutes ces culottes ? J’en ai pas vraiment l’utilité… »

Ses traits se radoucirent, et son regard malicieux plongea dans les yeux marron de la brunette, comme s’il voulut y rester éternellement. La brunette sortit une phrase qui attisa à nouveau la folie du jeune homme. Ne pas s’approcher d’elle ? Ne se rendait-elle pas compte que ce qu’elle demandait là était impossible ? De plus, le ton de la jeune femme était tellement impudique… comment voulez-vous que Silas puisse prendre ses paroles au sérieux ? Certes, il se rendait compte que le mystère auquel appartenait Amélie était difficile d’accès, si ce n’est inaccessible. Mais… ne voyait-elle pas que quand elle disait cela, le désir, la curiosité et l’excitation de l’infirmier n’en étaient que plus attisés encore, faisaient bouillir son sang d’une délicieuse torture qui le fit se rapprocher davantage de la brunette. Son visage s’avança en direction de son cou, où son souffle insolent et impudent effleura sa peau pure, tandis que sa bouche migra vers son oreille.

« Je sais. Tu me l’as bien fait comprendre. », lui chuchota-t-il à l’oreille, sur un ton à la fois affamé et blâmeur. « Tu es si dangereuse que ça, petit ange ? », lui susurra-t-il, la voix empruntée d’une provocation glacée et fière.

Il se recula d’à peine quelques douloureux centimètres, et la dévisagea avec une sorte de mystérieux amusement dans son regard, comme s’il essayait de sonder son âme et d’en comprendre les rouages. Tout semblait s’y contredire. Elle lui montrait le même désir qu’il ressentait pour elle, et pourtant elle s’y soustrayait, lui demandait de s’éloigner d’elle. Silas ne put s’empêcher de rire, relâchant sa tête pour fixer le sol, pensant devenir fou à essayer de la comprendre tout en s’efforçant de résister à ne pas kidnapper ses lèvres sur-le-champ, à vouloir la déshabiller intégralement pour palper chaque parcelles de ses cuisses et de sa poitrine dont le contact manquait tellement aux doigts de l’infirmier, et qui étaient si réactives au moindre de ses toucher… Il avait terriblement envie de faire frissonner sa peau, lentement, péniblement, et d’un autre côté l’empressement qu’il ressentait le poussait à vouloir simplement arracher absolument tous ses vêtement, la porter, l’allonger sur la table dans une maladroite brusquerie, et la dévorer… toute crue.

Silas exprima à Amélie ce désir qui le consumait de l’intérieur, qui le faisait suer rien que d’y penser, le cœur battant la chamade, pompant son sang ébouillanté qui lui faisait tourner la tête. L’alcool n’avait aucun effet à côté de ceux de la brunette. La réponse de cette dernière ne fut que provocation, agrémentée de ce geste qui… remua complètement ce qui se trouvait sous son pantalon qu’elle attira doucement vers elle de ses doigts fins. Le chemin que ses doigts empruntèrent de son ventre vers sa nuque fut brûlant, presque douloureux, et sembla résonner dans tout le corps du jeune homme. Elle lui défendait de trop se rapprocher d’elle, mais elle l’attirait vers lui dans un geste bien trop sensuel. Silas dut serrer la mâchoire pour ne pas céder à ses contacts bouillonnants, et garder ses bras appuyer de chacun des côtés de la tête de la brunette. A chaque battement, son cœur voulait ébrécher ses côtes pour pouvoir aller exploser à l’extérieur. Il se retrouva tout de même bien plus proche d’elle. Son nez frôlait le creux du sien, leurs souffles s’entremêlaient et leurs regards fusionnaient, marron sur vert. Silas avait l’impression qu’il allait littéralement être réduit en cendre si Amélie n’arrêtait pas de faire monter la température de son corps qui tremblait presque tant l’effort de ne pas la toucher était pénible. Il voulait l’entendre d’abord. Elle avait bien quelque chose en tête…

C’est à ce moment-là qu’Amélie s’excusa, et les mots qui sortirent de sa bouche ne firent qu’enivrer davantage le Suédois. Son sourire amusé et aguicheur lorsqu’elle lui dit qu’elle arrêtait fit simplement fondre le cerveau de Silas qui ne fut plus en mesure de réfléchir raisonnablement… Elle arrêtait de fuir. Du moins ce soir. Ces paroles semblèrent éveiller une certaine lucidité dans les yeux blancs et vitreux de l’infirmier. Il lui semblait avoir entendu une sorte de « je suis offerte, mon corps est à toi, fais-en ce que tu veux… Ce soir. ». Le Suédois prit un tout petit peu de recul, si bien qu’il pouvait mieux plonger son regard dans le sien. Un sourire amusé s’esquissa sur ses lèvres ensanglantées. Il pencha la tête sur le côté, en la secouant doucement, alors que son regard ne perdit pas la moindre chaleur ni la moindre intensité et ne quitta pas les yeux d’Amélie.  

« Tu te poses bien trop de questions, Amélie. », remarqua-t-il. « Carpe diem… », ajouta-t-il, proverbe qui sortait d’un coin de ses méninges qu’il ne connaissait même pas ou qu’il avait totalement oublié.

L’esprit de la jolie brunette semblait bien trop diffus. Fuyait-elle parce qu’elle se bloquait quelque part, ou qu’elle avait peur que ça aille trop loin et que Silas empièterait sur sa vie mystérieuse ? Il n’en avait pas la moindre intention. L’infirmier était plutôt du genre à prendre les choses comme elles venaient, sans s’attendre particulièrement à quoi que ce soit, plutôt à suivre les envies dont il était victime… Comme en ce moment même.

La main du Suédois vint se glisser derrière la nuque et approcha la tête de la brunette vers la sienne, dans un geste qu’il voulut doux, mais qui manifesta finalement plus d’empressement face à l’impatience que créait tout se désir licencieux qui bouillonnait au creux de son ventre. Silas pressa ses lèvres contre celles de l’ange, mené par la maladresse causée par son impatience d’y goûter à nouveau. Sa main se balada dans ses longs cheveux bruns qu’il tira doucement, et son autre main entreprit de descendre le long de son flanc jusqu’au creux de ses reins et d’attirer son bassin pour le presser plus contre lui. Ses lèvres coulèrent le long de la mâchoire d’Amélie, qu’il ne manqua pas de couvrir d’enthousiastes baisers brûlants et essoufflés, y répandant tout le long le faux sang sucré qui maculait encore le bas de son visage. Les baisers se firent de plus en plus intenses, libérant de délicieuses décharges électriques qui se rendirent immédiatement sous le caleçon du jeune homme, sa chaleur corporelle augmentant de seconde en seconde. C’est là qu’il se rendit compte à quel point le corps d’Amélie lui avait manqué. Le rythme de son souffle reflétait bien sa dépendance à ce contact, et son cœur semblait avoir enfin pu se libérer et s’illuminer tandis que tout son sang se mit à frémir et ses poumons semblèrent enfin recevoir leur dose d’oxygène.

Mais soudainement, quelque chose poussa l’épaule de Silas, qui se vit alors rompu du contact fiévreux et endiablé avec Amélie… Et tout de suite après, il manqua de se retrouver par terre, après qu’un violent coup se fut abattu sur l’arête de son nez, lui coupant le souffle au passage. L’infirmier porta sa main là où il avait été frappé, et y vit du sang tâcher ses doigts. Du vrai, cette fois-ci. La douleur qu’il pouvait ressentir ne fut plus que colère, au moment où il redressa la tête, la mâchoire serrée, pour voir qui était l’auteur de ce geste.

Le Joker, bien sûr. Ses yeux semblaient furieux,  de cette colère qui n’anime que les gens ayant consommé quelques verres. C’était ce connard qui l’avait frappé. Parce qu’il avait embrassé Amélie ? Mais quel con. Complètement sous le contrôle de ses impulsions, Silas ne réfléchit pas trop ; il n’allait pas se laisser faire comme cela, et il n’allait sûrement pas non plus laisser cet abruti s’approcher à nouveau de la brunette. Du tac au tac, le grand Suédois serra le poing et eut juste le temps d’envoyer violemment ce dernier droit dans la mâchoire du Joker, avant que les gens présent dehors ne viennent s’interposer entre eux et les maintenir à distance l’un de l’autre. Silas se débattit juste pour reprendre contrôle de ses membres, dont l’une des mains était à présent bien défoncée, mais sa rage était miraculeusement libérée. En partie, au moins ; il aurait bien voulu amocher davantage le portrait de ce connard… Il secoua sa main une fois, comme si ce geste pouvait évacuer la douleur, et chercha Amélie des yeux. Dès qu’il la trouva, il passa son bras possessif autour de ses épaules et l’emmena juste plus loin, dans l’herbe du parc l’université. Bizarrement, la présence d’Amélie sembla canaliser les impulsions de l’infirmier, ce qui l’empêcha de se focaliser sur ce con de Joker et qui lui permit de recentrer sa colère. Il se servit du bas de sa blouse blanche pour essuyer le sang qui coulait de son nez. Cassé ? Il ne sembla pas…

« On rentre ? J’appelle un taxi. » Il mit sa main dans la poche de sa blouse tachetée de sang, et tomba sur le téléphone portable de la brunette. « Ah tiens, tu avais oublié ça avant. » Il le lui tendit, tandis qu’il porta le sien à son oreille pour qu’un taxi vienne les chercher. « Quel con, ton pote… », fit-il en attendant que quelqu’un décroche. Dès qu’il eut terminé son appel, il rangea son portable dans la poche de sa blouse et soupira bruyamment, tout en passant ses deux mains dans les cheveux, histoire des les redompter et de les plaquer plus ou moins en arrière. Il regarda autour de lui ; ils étaient prisonniers de la nuit, et le bâtiment où se trouvait la soirée n’intéressait plus du tout le Suédois. De toute manière, la musique était pourrie à l’intérieur. Son regard croisa celui de la brunette. Aussitôt, son souffle fut coupé, son cœur fit un bond jusqu’à sa gorge et il se se posa pas plus de questions pour se précipiter vers la jeune femme et l’emprisonner dans ses bras. Il la prit doucement par les cheveux, l’autre main dans le creux de son cou, et leurs lèvres s’entrechoquèrent à nouveau.
Oh. Oui. Ce baiser était exactement ce dont avait besoin Silas en ce moment même. Tous son corps semblait se réalimenter de cette substance illicite à forte dépendance dont seule Amélie avait le secret. Il y mit beaucoup d’intensité ; sa langue pénétra les lèvres d’Amélie avec précision, sans demander la moindre permission, et le temps autour d’eux sembla se suspendre et les isoler au milieu de ce parc d’étudiants… Il passa une de ses mains dans son dos pour presser le bas de son dos plus fort contre lui, et même se permettre de palper le haut de ses cuisses, à moitié à travers le tissu de sa robe d'ange. L'excitation incendia tout ses vaisseaux sanguins, alors que sa respiration contre la peau de la jeune femme se faisait pressante et toujours désireuse de plus…
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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Lun 14 Déc - 10:26

Evidemment qu’elle aurait pu garder les petites culottes. Les jeter aussi. Les donner à un des SDF qui dormait en grelottant sous des couvertures jaunâtres près du cinéma de la ville. Elle aurait pu les répandre sous ses couvertures et s’endormir avec aussi, appréciant de sentir à chaque mouvement un des tissus dont la douceur rafraîchissante manquerait probablement de la réveiller avec cette douce sensation. Ou alors elle aurait pu, effectivement les garder, oui. Pas les donner à sa mère, elle était morte. Amélie baissa automatiquement les yeux pendant une seconde à cette image qu’elle ne pouvait simplement imaginer et qui, pourtant, ne l’attristait pas. Mais en vérité, le cadeau n’avait pas d’importance, elle aurait probablement réagit de manière plus ou moins similaires avec toutes les idées de cadeaux farfelues ou pas qui lui virent en tête.

Avait-il crut qu’elle était fâchée, ou même sérieuse ? Comment lui expliquer que même si son cadeau n’avait fait que hanter son esprit depuis le moment où elle l’avait ouvert, elle n’avait absolument pas prémédité son geste, repoussant de toutes ses forces chaque pensée qui la ramenait à lui, frustrée de les voir revenir avec davantage d’ardeur quasiment instantanément ? Et que, évidemment, c’était pour cette raison qu’elle était venue jusqu’à lui, comme si le revoir allait apaiser son corps qui réclamait à nouveau le sien… Evidemment, cette entreprise eut l’effet inverse, mais ça, elle l’avait mérité, l’étudiante l’avait bien provoqué.

« J’en ai fait ce que je voulais. »

Souffla-t-elle avec un ton taquin et provocateur. L’irritation monta en Amélie. Pourquoi reparlaient-ils de ce colis et de ses disparitions aléatoires ? Pour la brunette, son geste impulsif ne méritait aucune analyse. Elle ne voulait pas qu’il l’analyse. Pourquoi elle ne les avait pas garder ? Parce qu’elle avait voulu le revoir. Elle avait voulu se rapprocher de Silas malgré que sa raison lui hurlait depuis l’hôpital de ne pas le faire et lui avait retourné personnellement son cadeau pour contourner la culpabilité qu’elle éprouvait à céder un tout petit peu à l’obsession qui était née en elle et ne semblait arrêter de la tourmenter qu’au contact de l’objet de ses fantasmes.

Sa question l’agaça un peu, exaspération qui put se lire dans le regard brûlant de la chasseresse qui fut tenté de réduire au silence son interlocuteur en capturant ses lèvres sans permission et empêcher l’usage de sa langue en la monopolisant, trop utile à Silas pour tourmenter la brunette. Pourquoi se rapprochait-elle de ce qu’elle désirait pour après filer entre ses doigts quand tout laissait à penser qu’elle était acquise et avait succombée à sa nouvelle addiction ? Cette manœuvre ne lui était pas étrangère, néanmoins, toute la motivation qu’elle aurait pu éventuellement ressentir en temps normal pour tenter d’y répondre était dirigée vers le corps de celui qui avait posé la question. De toute façon, il était peut-être trop tôt pour une thérapie et l’aveu que la jeune femme flirtait de la même manière avec tout ce qui d’instinct lui inspirait un danger potentiel, entre autre.

« Et tu es là. »

Répliqua-t-elle d’une voix tranchante sans aucune méchanceté armée son regard amusé, malicieux et joueur. Oui bon, elle avait fui. Elle était venue devant chez lui, habillée aussi légèrement qu’à leur première rencontre, retournant son cadeau avec un geste très enfantin avant de prendre la poudre d’escampette. Ensuite, quand le destin les avait à nouveau réunis dans un heureux hasard, elle avait disparu à nouveau après avoir volontairement tenté d’embraser son imagination de la même manière que sa simple présence avait enflammé la sienne. D’accord, elle était partie. Mais il l’avait suivi. Pas que ça n’ait été son intention, mais instinctivement, ses actions auraient sûrement été radicalement différentes si l’étudiante n’avait pas eu quelque part l’impression que peu importe ses maladresses, ils finiraient dans cette position, délicieusement similaire à celle de leur précédente entrevue.

« Je suis là maintenant, alors, finalement, peu importe la raison de ce qui m’a poussé à partir… »

Chuchota-t-elle en inclinant doucement la tête, interrogeant le regard profond du jeune homme avec le sien, tentant une fois de plus de démêler ses pensées et de capter un autre minuscule signal, une esquisse d’émotion, le moindre élément qui lui donnerait un quelconque nouvel indice sur la personne dont le mystère dans les yeux verts voilés l’avait obnubilé depuis leur rencontre. Amélie voulait avidement connaitre ses pensées, décrypter son esprit et y découvrir la raison de cette arrogance qui assaisonnait ses gestes et mots. Continuant dans sa lancée, elle pourrait peut-être enfin savoir pourquoi son regard l’attirait autant, semblant se saisir de son âme et envouter son corps à chaque fois qu’il se plantait dans le sien. Amélie voulait tout ça, mais égoïstement, elle voulait qu’il ne sache absolument rien d’elle. Comme une spectatrice fantomatique, la jeune chasseresse cherchait simplement à satisfaire ses pulsions et ses désirs tout en se raccrochant à l’idée que, de toute façon, elle pourrait disparaitre à tout moment sans créer de complications, comme elle le faisait à chaque fois.

Un sourire se mit à flotter doucement sur les lèvres de la brunette quand il lui avoua l’intention derrière le cadeau. La sensibilité qui se lisait sur ses traits le rendait d’autant plus irrésistible qu’elle lui donnait envie d’en voir tellement plus. L’envie de capturer ses lèvres pour gouter à la saveur d’un sentiment plus doux s’empara d’elle, envie qui fut ensevelie rapidement par une autre, plus violente, inspirée par le regard intense du jeune homme qui domina à nouveau l’esprit de la jeune chasseresse. Croyait-il réellement qu’il pouvait se faire oublier d’Amélie alors que malgré ses efforts, elle n’avait pas réussi à passer une journée sans que ses pensées ne dérivent vers l’ascenseur en panne de l’hôpital, pour la première fois désireuse de retourner dans cet endroit trop longtemps méprisé ?

« Je suis sûre que tu leur en trouveras une. »

A quoi pourrait servir toutes ces petites culottes, petits élastiques enrobés de tissu satiné ? Une petite moue presque enfantine collée au visage, la brunette était amusée, prononçant ses paroles avec un ton de défi en faisant mine de réfléchir, son orgueil l’empêchant d’imaginer qu’il puisse trouver un substitut à leurs échanges et les lui offrir. Oh, qu’elle détesterait ça. En fait, Amélie se refusait à imaginer une autre patiente à qui il pourrait faire ce cadeau sans qu’il ne se laisse envahir par le regret qu’elle ne soit pas la brunette, simplement parce qu’elle n’arrivait pas à concevoir depuis leur entrevue dans l’ascenseur des lèvres qui ne lui laisseraient désormais pas dans sa propre bouche un arrière-goût fade de déception pour la seule et unique raison qu’elles n’étaient pas celles qui s’approchaient en ce moment de son cou, torturant sadiquement ses sens. Son corps réagit alors à cet espoir de contact, son cou s’offrant aux lèvres dont le souffle venait le caresser dans un supplice exquis pour rejoindre son oreille et lui murmurer des mots d’une voix qui avait balayée et incendiée d’une brise ardente toutes les pensées chaotiques de l’étudiante. Le rapprochement rendit sa poitrine douloureuse tant son cœur cognait avec acharnement dans sa petite robe. Si elle lui avait fait comprendre, pourquoi était-il encore là ? La respiration d’Amélie était obstruée par son désir qui devenait pesant tant son corps se rapprochaient dangereusement de sa limite, la brunette ayant l’impression que celui-ci la menaçait de simplement obéir à ses pulsions, prêt à lâcher prise à tout moment, exultant déjà à la simple possibilité de céder aux envies redevenues douloureuses depuis que ses yeux bruns s’étaient reposés sur l’infirmier. La chasseresse hocha doucement, transportée par les fantasmes que lui inspiraient ses paroles et qui ne demandaient qu’à être réalisés.

« Teste-moi. »

Souffla-t-elle instantanément en guise de réponse à l’oreille de Silas, lançant un nouveau défi avec son ton tandis que son corps l’exprimait comme une supplication. Après tout, il ne comptait pas l’autoriser à s’échapper à nouveau, si ? Tout son sérieux s’était encore une fois envolé, chassé par la chaleur de son propre corps et de celui de l’infirmier.
A nouveau, leurs corps innocents furent la victime d’atroces tentations qui saturèrent le cerveau déjà embrouillé de l’ange, obsédée par ces quelques frôlements qui prenait la chasseresse à la gorge, son corps ne semblant rester debout que dans l’attente de plus.

Les sourcils de la brunette se rehaussèrent quand il remarqua qu’elle se posait trop de questions, ce qui lui arracha un nouveau sourire, ses propres questions ayant pour origine la peur qu’il ne lui en pose de mauvaises.

« Alors… plus de questions du tout ? »

Proposa-t-elle comme solution entre deux respirations trop courtes, comme une nouvelle clause les impliquant tous les deux à ajouter au pacte soumis par la jeune femme ailée.

Ses lèvres furent alors prisent en otage par celles trop longtemps désirées de Silas, répandant une sensation électrique dans tout son corps dans une puissante explosion qui avait pris sa source dans leur baiser, courant dans ses muscles et veines, finissant sa course sous sa petite culotte de soie bleue nuit qui était déjà la victime de la passion encore inassouvie des deux amants. La jeune femme fit courir sa main sur la chemise de l’infirmier tandis que l’autre emprisonnait la nuque de sa main, cherchant la preuve de ce contact avec tous les membres de son corps. Jamais elle n’eut goûté un nectar aussi savoureux que celui, vermeil, qui parsemait toujours la bouche du jeune homme et son contour, la raison étant simplement son emplacement. Ses baisers suivirent brièvement le chemin laissé par le liquide écarlate sucré qui parsemait sa mâchoire, exultant de retrouver sa respiration légère au contact de la peau du jeune homme, bien qu’écourtée. Amélie réalisait alors l’ampleur de son désir, son obsession et la douleur cruelle dans l’attente qu’elle s’était imposée elle-même dans chaque baiser et la satisfaction phénoménale qui les suivait.

Brutalement pourtant, ce contact qui avait redonné vie au corps vibrant de la jeune femme lui fut arraché, sentant le tissu du haut de Silas se dérober sous ses doigts et ses lèvres emporter tout l’air de ses poumons. Avec l’impression d’avoir été foudroyée et extirpée trop injustement à sa salvation, la jeune femme suivit abasourdie le mouvement du corps qui s’était éloignée. Ce n’est qu’après qu’elle releva la tête vers le coupable effroyable de cet éloignement, qui se ramassa un puissant coup en pleine figure de la part de celui qui avait été interrompu.

Un pas en avant et déjà se ramassait-elle un coup de coude involontaire d’une autre personne s’étant précipitée pour intervenir. Quelle merveilleuse sensation, devenue chasseresse pour se sentir plus puissante, son rôle semblait définitivement d’attendre et de regarder en bonne spectatrice. Tout s’était passé trop vite. Le combat était déjà fini aussitôt que l’équilibre de la jeune femme fut assuré et elle rejoignait alors hâtivement Silas, observant les dégâts qu’avait causés le coup qu’elle avait à peine vu. Amélie avait vaguement vu le Joker sonné, mais ne lui avait pas prêté attention. Sa tête aurait pu se détacher du reste de son corps quand Silas aurait frappé qu’elle n’en aurait toujours rien eu à faire.

« Hey. »

Les mains de la chasseresse poussèrent alors gentiment une armoire à glace qui lui barrait désormais le passage et se retrouva enfin à portée de la personne qui lui avait été violemment arrachée. Totalement injuste, vraiment. Le bras du jeune homme l’emporta rapidement, tandis qu’elle entendit vaguement le mot taxi. Allaient-ils quitter cette fête à cette heure-ci ? Se rendre loin de toutes ses personnes qui pouvaient interrompre le contact essentiel de leurs lèvres ? Ah, finalement…

« Je croyais qu’il… Merci. »

Donc en fait, il lui avait rapporté son téléphone portable et son auréole ? Est-ce qu’il y avait une chose qu’elle n’avait pas oubliée derrière elle ? Cendrillon releva les yeux qui avaient suivis leurs pas vers le jeune homme et lui offrit un petit sourire déstabilisé. Donc, malgré qu’elle se soit dérobée à lui, il n’avait pas laissé tomber son Samsung dans son verre ? Le jeune homme émit une remarque sur le ‘’pote’’ d’Amélie.

« Tu l’avais un peu provoqué… »

Dit-elle presque sérieusement avant de laisser un sourire percer ses traits après avoir observé l’expression de Silas. Non, elle n’avait pas voulu défendre son compagnon de fac, juste jouer avec les réactions de la personne qui pourtant s’était ramassé un coup, ne pensant même pas à celui qui avait laissé éclater sa frustration après quelques verres.

Sans vérifier qu’il eut bien compris ce dernier point, elle attrapa le poignet de la main qu’il avait secouée et dont le poing avait remis à sa place le futur psychologue pour observer les éventuelles blessures, la délaissant rapidement, faisant glisser ses doigts le long de celle-ci sans rompre cet insignifiant contact pourtant apparemment nécessaire à la survie d’Amélie, pour retrouver les yeux livides de l’infirmier qui attendait une réponse au téléphone.

« Et ce n’est pas mon pote. »

Corrigea-t-elle entre ses dents avec une visible animosité pour le mot employé pour qualifier quelqu’un pour qui la brunette avait perdue toute estime dans la demi-heure. La prochaine fois que cet abruti violent qui ne tenait pas l’alcool et qui avait frappé son infirmier lui parlerait, il se prendrait une méchante gifle.

C’est alors avec une extrême délicatesse que la jeune femme effleura du bout des doigts la joue de Silas, se déplaçant rapidement jusqu’à l’arête de son nez que l’autre crétin avait osé frapper, survolant avec une douceur prudente cette partie du visage de son interlocuteur et une étincelle d’inquiétude sincère brillant dans son regard qu’elle plongea dans celui du jeune homme qui avait déjà essuyé le sang qui avait coulé. Était-ce encore douloureux ? C’était lui l’infirmier, mais elle n’avait pas pu résister à l’envie de prendre l’étendue des dégâts dans ce geste qui était parfaitement assorti au personnage que la chasseresse avait choisi comme déguisement, s’attendant éventuellement à rencontrer une réaction désapprobatrice de la personne concernée qui, tel un animal blessé et méfiant, repousserait éventuellement ses doigts dérangeants. Amélie était partagée entre la culpabilité de trouver Silas encore plus séduisant après l’avoir vu rendre le coup qu’on lui avait lâchement asséné et les envies qui brûlaient toujours en elle et qui semblaient avoir alourdit sa respiration depuis que le Joker était revenu et les avait interrompu.

Ses pas l’éloignèrent légèrement du jeune homme quand une personne décrocha au téléphone, pour finalement revenir à un petit mètre. Pas disparaitre, n’est-ce pas ? Leurs yeux se croisèrent à nouveau et l’instant d’après, leurs lèvres s’étaient rejointes, déjà furieusement en manque.
Boom. Une nouvelle décharge se rependit dans le sang brûlant qui courait dans ses veines, propulsé par son cœur captif qui frappait farouchement à l’intérieur de sa robe, possédé par la même passion que le reste des membres de la brunette.

Son excitation s’exacerbant à chaque seconde, la sensation de manque laissée par l’interruption de leur échange s’adoucissait à mesure que la jeune femme goutait toujours davantage le liquide sucré de la bouche de Silas, enivrer par la sensation qu’elles lui procuraient. Les respirations dont son corps avait cruellement besoin étaient juste là, entre les deux lèvres encore un peu ensanglantées du jeune homme dont le souffle dissipa miraculeusement les maux causés par la privation imposée du corps pressé contre le sien quelques instants plus tôt et par la semaine fastidieuse, emplie d’envies refoulées. Le souffle de plus en plus court, elle suivit le chemin de son bras de sa main, rejoignant le torse qu’elle aurait voulu découvrir et dont sa poitrine réclamait la pression ardente pour ensuite se poser sur sa nuque, pressant un peu plus la bouche du jeune homme contre elle, fiévreuse, tandis que l’autre descendit jusqu’à sa hanche pour en serrer fortement le tissu qui la recouvrait, le remontant légèrement comme la confession du destin qu’elle leur réservait.

Entendant un bruit connu au loin, Amélie ne trouva la force de se détacher péniblement de l’infirmier que dans la perspective de ce qui allait suivre le trajet trop long jusqu’au lieu où elle pourrait enfin l’avoir tout entier.

« On s’enfuit ? »

Oh non, ce n’était pas une question. Si la saveur de ses lèvres était addictive et qu’elle les regrettait déjà à partir de la seconde où elle les avait quittées, elles ne faisaient que lui surchauffer son corps qui en réclamait toujours plus et ne pourrait être rassasié ici. La jeune femme vola un autre baiser passionné des lèvres de Silas avant de commencer à laisser ses pas l’emmener pressement jusqu’au véhicule qui avait klaxonné pour trouver ses clients.

La jeune femme entra la première rapidement dans le véhicule, se passant une nouvelle fois la main dans les cheveux et emportant son auréole avec, qu’elle enleva et garda en main quand elle s’avança entre les sièges à l’avant du véhicule, pressant le chauffeur de vraiment « se dépêcher », sans prendre le temps à plus de réflexions sur comment elle rentrerait le lendemain, ses seules projections furent celles, licencieuses, de la soirée qui se déroulait.
Les secondes prenaient une éternité à s’écouler quand son corps n’était pas assez proche du sien que pour pouvoir satisfaire les pulsions dont la force incommensurable dépassait de loin le contrôle de la jeune femme.

Le taxi s’arrêta et la jeune femme sorti comme une tornade, emportant avec le bras de l’infirmier fermement agrippé. La portière claqua à nouveau et la voiture partit alors qu’Amélie avait tourné les talons et empoigné sauvagement les cheveux et la mâchoire du jeune homme pour capturer avec véhémence sa bouche avec la sienne, souillée par le fluide rouge comme le reste de leurs vêtements. La chasseresse saisît presque agressivement le tissu de son haut tacheté au niveau des épaules, cédant à l’extase qu’elle ressentait à la pensée qu’ils étaient enfin seuls et ne pouvaient plus être interrompu.
Oui, elle aurait dû attendre d’être à l’intérieur avant de laisser son désir à nouveau exploser, ça aurait certainement facilité les choses, mais elle n’était pas sûre d’en avoir la capacité, son corps semblant bouillonner, la pression de ne plus sentir celle du corps de Silas contre elle étant devenue insupportable. Pouvaient-ils se retrouver directement dans une chambre, la porte passée ? Il ne semblait pas à Amélie avoir le contrôle nécessaire pour ne pas céder à ses pulsions en cours de route sur d’éventuels escaliers, obsédée par l’idée de regoûter à la peau de l’infirmier sous son déguisement et de laisser courir ses doigts sur ses muscles, les recouvrant avec extase. Entre deux respirations saccadées, Amélie laissa les lèvres du jeune homme pour chuchoter, un sourire luxurieux peint sur les siennes dont la couleur reflétait leur température.

« Qu’est-ce qu’on pourrait faire maintenant ? »

Il ne restait donc plus qu’à ouvrir, passer la porte et attendre que le soleil levant mette fin au contrat tordu entre l'ange et l'infirmier.
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Ven 18 Déc - 18:32

Le désir en Silas ne faisait qu’augmenter, comme un ascenseur parti pour le ciel. Le jeune homme avait l’impression de transpirer de l’intérieur, d’être dans un four à la chaleur suffocante mais si délicieuse. Les paroles d’Amélie ne faisaient qu’attiser cette flamme flamboyante à l’intérieur de sa cage thoracique. La tester… Elle n’avait pas le droit de dire cela. L’esprit de Silas se mit à faire défiler d’innombrables scènes inconvenantes pour l’endroit dans lequel ils se trouvaient… Ses voies respiratoires se firent encore plus fines qu’elles ne l’étaient déjà, et l’infirmier manqua de s’étouffer d’excitation.

« Non, plus de questions… », répéta-t-il, le souffle court, en guise de réponse à la conditions qu’Amélie semblait vouloir imposer. Puis un sourire naquit sur ses lèvres, taquin et enivré par le parfum ensorcelant d’Amélie et de son désir : « …pour ce soir. »

Ces derniers mots semblèrent résonner, alors que Silas choisit ce moment-là pour capturer les lèvres de la jolie brunette, dans un enthousiasme qu’il ne parvint pas à contrôler. Enfin tout ce désir qu’il réprimait put se manifester au moins en partie. Ce contact intime lui fit l’effet de retrouver son rail de cocaïne après plusieurs mois de désintox. Ses mains manifestèrent leur désir de vouloir passer sous la robe de l’ange, s’arrêtant aux cuisses de la jeune femme. Le Suédois voulait très clairement rendre tout leur entourage jaloux de leur alchimie et de l’effet qu’ils avaient l’un sur l’autre. Quelqu’un fut d’ailleurs très jaloux…

Ce fut comme si un éclair s’abattait entre Amélie et Silas, et venait frapper le nez de ce dernier, sans qu’il n’y puisse rien faire. Voilà à nouveau les deux amants séparés, alors qu’ils venaient de se retrouver. Toute l’ardeur fébrile qu’avait explosé en Silas pendant le temps de leur baiser fut temporairement changée en une colère agressive qui ne fit que rebondir le coup que le Joker lui avait porté. Heureusement que tous les fumeurs vinrent éloigner les deux jeunes hommes l’un de l’autre, car Silas aurait probablement continué à le frapper pour être sur que celui qui portait un costume violet ne puisse pas continuer la soirée sans nécessiter des soins… Très rapidement, l’attention du Suédois fut à nouveau attirée par la jeune brunette qu’il chercha du regard, tandis qu’il penchait la tête en avant pour laisser couler le sang écarlate de son nez encore emprunt de douloureux picotements lancinants. Une fois que la tension qui crispait tout le corps de Silas fut retombée, le désir en lui, crûment interrompu quelques instants auparavant, lui revint en pleine face de manière encore plus violente que la droite qu’il venait de se prendre. Plutôt comme un coup de batte explosif, semant un incendie destructeur sur son passage qui consuma vifs les tripes suffoquant de l’infirmier.

Dès que ses yeux trouvèrent Amélie, il n’attendit pas plus pour l’emmener plus loin, entre le parking et le parc du campus, et lui exprimer son envie de s’en aller d’ici. Le taxi serait plus sûr pour tous les deux, pensa-t-il. Par convention, il ne laisserait pas la brunette prendre le volant étant donné qu’elle avait bu, et surtout que Silas ne pourrait probablement pas s’empêcher de la déconcentrer, ce qui serait dangereux pour els deux amants ; et le jeune père n’aurait aussi pas confiance des geste d’Amélie si c’était lui qui conduisait. Le taxi se révélait donc être la meilleure solution. En même temps qu’il sortit son téléphone portable, il lui rendit le sien, dans lequel il s’était permis de glisser son numéro. Peut-être aurait-il aussi dû changer son fond d’écran en le remplaçant par une photo de son éminente beauté dans une jolie grimace… Non, il n’avait plus l’âge de faire ça, tout de même. La jolie brunette lui répondit en parlant du Joker.

« Provoqué ? », fit-il, faussement incrédule, comprenant bien que la jeune femme n’était pas complètement sérieuse. « Quoi, tu voulais que je le laisse baver sur ton décolleté et essayer ensuite de te gober le visage ? », lui laissa-t-il imaginer, en ayant lui-même une grimace de dégoût vers la fin de ses paroles, imaginant drôlement la tête du Joker remplacée par une sorte de sangsue géante…

Finalement, ce furent les yeux du Suédois qui se mirent à loucher doucement eux aussi sur le décolleté de la belle brunette, à moitié inconsciemment, alors que cette dernière s’était délicatement emparée de la main qui avait entrechoqué le visage du Joker et qu’elle effleurait des ses doigts fins d’une légèreté et d’une spontanéité qui fit disjoncter le flux sanguin du jeune homme, qui tenait son téléphone à l’oreille de l’autre main, attendant une réponse. C’est à ce moment-là qu’il se rendit compte que la bague qu’il portait – rien à voir avec une alliance – avait dû laisser une belle marque sur le visage de l’admirateur insistant d’Amélie. Cette pensée esquissa un petit sourire malin et réjoui sur les lèvres de Silas. Il fut aussi soulagé d’entendre que le Joker n’était pas l’un des amis d’Amélie.

« Heureux de l’apprendre… », fit-il, légèrement plus sérieux qu’avant, copiant presque le ton irrité entre les dents serrées de la brunette.

Quel genre de pote ferait cela, de toute manière ? Silas ne voulait plus voir sa sale tête, à moins de vingt mètres d’Amélie. Et encore. Mais arrêtons de penser à cet imbécile. Le contact des doigts de la jeune femme sur sa main s’arrêta, et l’infirmier put voir la main de l’ange s’avancer dangereusement vers son nez qui semblait encore péniblement lourd sur son visage. La tête du Suédois s’immobilisa instantanément à ce contact, ses yeux louchant presque sur les doigts de la brunette. Ce n’était finalement pas si douloureux que cela… Il la laissa faire, trouvant la chaleur de ce toucher agréable et réchauffant après cette déchirure glaciale qui s’était produite entre Amélie et lui. Il ne put s’empêcher, en retour, de tendre la main et saisir une mèche de ses cheveux chocolat entre ses doigts, et caresser délicatement la peau parfaite de ses joues, glissant jusqu’à ses lèvres, sur lesquelles ses yeux s’attardèrent de manière si avide et attentive qu’il n’entendit pas immédiatement qu’une personne répondit à son appel.

Silas peina à commander le taxi pour qu’il se rende au campus, car son attention était bien trop portée à surveiller la brunette qui fit quelques petits pas qui l’éloignèrent de lui. À chacun des pas qu’elle fit, son cœur faisait un petit bon et il ressentait l’envie de balancer son téléphone par-dessus son épaule, la rattraper, et goûter à nouveau à ses lèvres, dont il n’arrivait pas à faire sortir la douceur de sa tête.

Quand l’infirmier raccrocha, son regard n’avait pas quitté la brunette, et un sourire se dessina sur son visage en voyant les traces du faux sang étalé autour de sa bouche, jusqu’à la ligne irrésistible de sa mâchoire… Mais Silas estima qu’il n’y en avait pas assez. Il pouvait encore faire mieux… Il la rattrapa alors rapidement, et colla ses lèvres aux siennes, pour lui remettre une couche de ce rouge sombre qui – il fallait l’avouer – lui seyait très bien. Surtout quand elle en avait partout sur le visage, œuvre des lèvres acharnées du jeune homme. Les geste de la brunette firent monter en lui une chaleur qui devint bien vite insupportable pour les idées indécentes qui tournaient dans sa tête. Il était à deux doigts de vouloir déchirer sa robe ici, sur l’herbe du parc, aux yeux de tous.

Mais bientôt, un bruit familier vint le délivrer de ses douces souffrances, et mettre fin – non sans regret – à leur baiser brûlant. Les paroles de la jeune femme chamboulèrent et enflammèrent toutes ses pensées. S’enfuir ? Et comment… Un sourire étira les lèvres du jeune homme, qui déposa ses lèvres déjà en manque et essoufflées sur celles de la brunette. Celle-ci s’empressa de monter dans le taxi qui venait d’arriver, et sa hâte fit rire l’infirmier, avant qu’il ne se rende compte du vide créé par son excitation inassouvie qui lui lacérait toutes les entrailles lorsqu’il ne sentait plus la proximité d’Amélie, qui ne se trouvait pourtant vraiment pas loin… Il entra à son tour dans le véhicule et prit place aux côtés de l’ange qui venait d’enlever son auréole, libérant la cascade de ses cheveux sur ses épaules et sa poitrine, geste qui ne fut évidemment pas loupé par les yeux enivrés du jeune homme.

Silas indiqua l’adresse à laquelle le chauffeur du taxi devrait se rendre. La hâte d’Amélie le fit à nouveau sourire, alors que ses yeux coulèrent le long de sa robe blanche. Il déposa une main chaude sur la cuisse de la jeune femme, jouant avec le tissu entre ses doigts. Dans un geste sans gêne, ni discrétion, ni même réellement être sérieux, il entreprit de soulever le tissu de la robe pour guigner sous l’habit de la brunette, dans l’espoir d’y apercevoir la culotte qu’elle portait. Son sourcil s’arqua et il ne put réprimer l’ombre du sourire qui s’esquissa sur ses lèvres. Son regard dévia sur la route que le taxi suivait, avant de retourner se plonger dans les yeux marron de la brunette.

« De la soie… », lâcha-t-il, d’une voix rauque, presque crispée par la tension qui ne fit que s’accentuer en lui.

Ses doigts pouvaient déjà sentir la douceur du tissu bleu marine. L’infirmier s’imaginait déjà la lui retirer, peut-être lentement, en effleurant la peau de ses jambes envoûtantes, ou alors plus violemment, le tissu cédant sous la force que lui procurait son excitation, qui devenait bientôt insoutenable. Silas se surprit à vouloir lui aussi presser le chauffer de se dépêcher. Sa respiration s’accéléra, sa main se resserra autour de la cuisse d’Amélie, et remontait dangereusement vers sont entrecuisse, et il n’osa plus regarder la brunette, craignant de ce dont il serait capable de lui faire, ici même, dans le taxi, si son regard lubrique était à nouveau enflammé par celui de la jeune femme… Pourtant, il ne rompit pas le contact de sa main contre la cuisse d’Amélie, la pressant doucement de manière répétée. Les minutes furent si longues, même si Silas n’habitait vraiment pas loin du campus. Il ne tenait pas en place ; son genou se secouait au même rythme que les battements de son cœur, sa mâchoire était serrée, ses yeux se baladaient partout, dans le rétroviseur, sur la portière, à travers la fenêtre teintée, sur le siège en face de lui… Partout sauf sur Amélie. Son impatience se manifestait davantage au fur et à mesure que la voiture se rapprochait de leur destination.

Quand le taxi arriva dans l’allée de la maison de Silas, ce dernier eut juste le temps de plonger la main dans sa poche pour en sortir une petite liasse de billets ; dès que la voiture fut arrêtée, la brunette lui empoigna le bras pour sortir en hâte de la voiture, et le jeune homme ne put que balancer l’argent qui s’envola dans la voiture, et d’en fermer la portière qui claqua violemment avant de s’en aller. La seconde d’après, Amélie prit en otage les lèvres de l’infirmier, qui en eut le souffle coupé net et le sang électrisé, tandis que le désir en lui déflagra comme une bombe incendiaire et vint satisfaire les douloureuses pulsions qui l’avaient torturé tout le long du trajet. Le jeune homme passa une main dans la nuque de l’ange ensanglanté et tira doucement ses cheveux, alors que ses lèvres continuaient de diffuser leur ardeur dans la bouche de la brunette. Amélie voulut savoir ce qu’ils pourraient faire maintenant qu’ils étaient seuls, et son petit sourire aguicheur envenima tout le sang de l’infirmier. Les lèvres de ce dernier ne supportèrent pas l’interruption de leur contact avec celles de la brunette, si bien qu’elles attaquèrent son cou, parsemé de baisers brûlants.

« Je. Vais. T’emmener. À. L’étage. Et. Te. …Manger. », ponctua-t-il, le souffle court, entre chacun de ses baisers mordillés.

Ses deux mains descendirent impatiemment le long du flanc de la brunette, épousèrent les courbes du creux de ses reins et de son fessier, et soulevèrent ses cuisses pour venir les caler contre ses hanches. Ce geste ne manqua pas de lui rappeler l’épisode de l’ascenseur, ce qui dérouta davantage encore son cerveau. Silas parvint à gravir les quelques marches qui menaient à la porte d’entrée, d’une certaine manière à l’ouvrir, et à prendre les escaliers à l’entrée qui menaient au premier étage, tout en ne rompant à aucun moment le contact de leur baiser enflammé et fébrile. Miraculeusement et heureusement, l’infirmier ne s’encoubla nulle part, connaissant tout de même sa maison assez bien pour prévoir où mettre les pieds sans voir son chemin…  

Silas était pressé ; Amélie le rendait complètement fou, et chacun de ses baisers semblaient alimenter cette douce folie et enivrer davantage son esprit. Son sang envenimé par l’ange bouillonnait dans ses veines et le seul moyen pour lui de se calmer se trouvait en ce moment même dans ses bras. Aussitôt qu’ils arrivèrent au sommet des escaliers, il s’empressa de se rendre au fond du couloir ouvert sur l’étage inférieur, et bifurqua à gauche dans un autre couloir dans lequel il prit une porte, qui ne tarda pas à claquer derrière eux.

La salle de bain. Des murs sombres et chaleureux, mais surtout, une grande douche italienne dans le coin de la pièce, dans laquelle le jeune homme se rua en hâte. Le dos d’Amélie reposa contre le mur, alors que Silas enclencha immédiatement l’arrivée d’eau, qui s’écoula comme une pluie chaude et tropicale au-dessus de leurs têtes, et qui commença à mouiller leurs habits, ainsi que leurs cheveux. Leurs visages se mirent aussi à se débarrasser du liquide rouge et sucré qui les souillait encore, sans toutefois rompre leur contact passionné qui semblait être tout bonnement inarrêtable.

L’infirmier n’en pouvait plus. Il lâcha progressivement l’une des jambes d’Amélie pour qu’elle puisse reprendre pied, et que sa main puisse migrer vers le cou de la brunette, juste sous le côté de sa mâchoire qu’il couvrait de baisers fiévreux et empressés, avant de revenir aux lèvres de la brunette. Ses mains passèrent dans les cheveux humides de l’ange, comme s’il voulait presser ses lèvres plus contre les siennes, puis descendirent dans son dos pour descendre la fermeture de sa robe. Il était essoufflé et excité, ses gestes étaient plus brusques que ce qu’il ne souhaitait, comme si la passion qu’il nourrissait pour Amélie le possédait ; et l’eau diluvienne qui coulait sur leurs visages n’aidait en rien à éteindre le feu d’excitation qui brûlait en lui. L’infirmier prit le tissu de sa robe et l’aide à le remonter pour qu’elle s’en défasse.

Quand ce fut fait, il balança l’habit derrière lui et se mit à embrasser le corps de la brunette. Son cou fin, puis sa clavicule, et la partie de sa poitrine qui n’était pas couverte par son sous-vêtement. Sa langue imitait les gouttes d’eau qui coulaient sur sa peau parfaite, et s’attarda vers le nombril de la jeune femme, tandis que ses mains prirent le relais pour titiller ses seins par dessus le tissu de son soutien-gorge, avant de descendre vers ses hanches et la courbe de ses reins. Silas avait terriblement envie de lui arracher sa petite culotte en soie bleu marine, mais il lui en avait déjà détruit une, et d’un autre côté il aimait bien trop cette délicieuse torture qui crispait tous ses tripes pour céder à ses pulsions ravageuses. Maintenant accroupi, il se contenta d’effleurer l’aine et l’entre-jambe d’Amélie avec ses lèvres entrouvertes, ivres de plaisir, et son nez, par dessus le tissu mouillé du sous-vêtement, frôlé et réchauffé par le souffle hors d’haleine du jeune homme.

« Bienvenue chez moi, Amélie. », fit-il, la voix rauque et haletante de désir, alors qu’un sourire malicieux et lascif étira ses lèvres, et que ses yeux, depuis là en bas, s’accrochèrent avec la même lueur que son sourire à ceux de la brunette.

L’instant d’après, Silas utilisa uniquement deux de ses doigts pour baisser le sous-vêtement de l’ange déshabillé. Il souleva le genou de son amante et fit passer ainsi sa jambe par dessus son épaule, position bien plus pratique et érotique pour ce que Silas s’apprêtait à faire. Il put alors délivrer tout le désir et la passion qui l’avait animé jusque là en embrassant ardemment l’entrecuisse nu d’Amélie. D’abord ses lèvres appliquées ne firent que titiller la peau sensible de la zone, jouant avec le souffle de sa respiration saccadée et chaude, et savourant les envies manifestes de la brunette. Ensuite sa langue, plus passionnée, se mit à faire des mouvements plus électrisés, s’introduisant dans son intimité, bientôt avec l’aide de ses doigts, toujours à l’écoute des signaux que le corps de la jeune femme manifestait.

Bientôt, quand les flammes du désir se furent déchaînées, Silas se redressa et vint embrasser fougueusement Amélie, mêlant la salive encore imprégnée du jeune homme à la sienne, pour que la jeune femme goûte son enivrante saveur.

« Vous êtes exquises, Jones. », lâcha-t-il enfin, glissé entre deux baisers, dans un soupir éraillé et exhalant d'excitation, avant que ses lèvres ne capturent à nouveau les siennes, que ses mains s’emparent avec effervescence des deux fesses dénudées de la brunette, et qu’il se colle, encore tout habillé, contre le corps fébrile d’Amélie…

L’excitation en lui n’avait fait qu’augmenter durant leurs ébats, et il se surprit presque à trembler tant il était agité intérieurement, comme un enfant qui avait mangé trop de sucre… Sauf que lui, il avait mangé trop d’Amélie…
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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Lun 21 Déc - 17:43

« Ce soir. »

Concéda-t-elle quand il accepta la condition d’Amélie, ne pouvant penser à une scène les réunissant qui se passerait après cette nuit, son imagination ne pouvant que se focaliser sur les images qui la hantaient et la torturaient depuis leur précédente entrevue. Parfait, elle n’aurait qu’à disparaitre avant le lendemain donc.
Simple, il n’y avait vraiment pas besoin de s’inquiéter.  

Amélie plissa les yeux devant l’image qui s’imposait à elle avant de jeter un regard incrédule et amusé au jeune homme à ses côtés, arrivant presque à réprimer un sourire qui venait percer ses lèvres fines et déjà en manque de celles qui évoquaient des images d’Amélie et du Joker assez... répugnantes.

« Qu’est-ce que mon visage et mon décolleté auraient fait sans toi ? »

Demanda-t-elle avec une expression enfantine et pensive, amusée, remarquant avec satisfaction le regard du bel infirmier qui se perdait sur elle, excitant à nouveau les désirs inassouvis et laissés en suspens par la manifestation de frustration de l’étudiant en psychologie éméché quelques instants auparavant. Ses doigts incendièrent à nouveau le cerveau de l’ange dans un toucher intolérablement doux, caressant sa joue pour finir leur course sur ses lèvres qui frémirent, s’entrouvrant légèrement, profondément subjuguée par le pouvoir du regard de Silas. C’est avec un regret atrocement amer qu’elle laissa tomber la main qui avait rejoint celle du jeune homme, l’emportant avec elle en cessant d’effleurer son visage du bout des doigts, s’éloignant à contrecœur.

Le parc était une torture. Trop de gens l’empêchaient d’assouvir ses pulsions, son désir de pousser Silas sur l’herbe sous leurs pieds et de lui retirer ses vêtements pour goûter à nouveau à sa peau, laissant ses lèvres exprimer avec acharnement leur passion grandissante pour le corps de l’infirmier.
Le taxi n’était pas mieux, au contraire. Elle se rapprochait toujours du moment où elle pourrait finalement cesser de réprimer le besoin insoutenable de sentir le corps de Silas sur le sien sans pouvoir le satisfaire tandis que l’infirmier en question s’amusa à provoquer les envies de la brunette, lui faisant perdre le sens des réalités d’un seul toucher.

« Je ne l’apprécie plus autant qu’avant. »

Chuchota-t-elle avec sourire qui ne dévoilait pas ses dents serrés, comme une confession douloureuse en agrippant instinctivement et fermement le poignet du jeune homme pour le relâcher brusquement à la fin de sa phrase, contrariée de ne pouvoir se défaire du tissu dans cette voiture qui n’atténuait en rien ses envies insupportables. Amélie aurait simplement voulu contraindre le chauffeur à les laisser seuls dans son véhicule, s’abandonnant aux images inconvenantes qui assaillaient sans répits son esprit et rendaient l’air de l’espace clos où il se trouvait totalement irrespirable. Et Silas ne la regardait pas. Bien qu’il ne semblait aussi agacé qu’elle par le temps qui s’écoulait trop lentement, la chasseresse se voyait simplement s’élancer vers son partenaire, chevauchant son corps en plaquant ses lèvres contre les siennes, déchirant mentalement le tissu qui les séparerait, effaçant alors le souvenir de l’éloignement douloureux qui faisaient trembler d’impatience les membres de l’étudiante en imposant à leur place celui de ses baisers qui voudraient hanter le jeune homme après cette nuit, comme la trace qu’avaient laissés les siens et qui ne l’avaient pas quittés depuis leur rencontre de ce matin-là. Tant mieux que son regard n’était pas sur elle, en fait. Si l’obsession d’Amélie était désormais de forcer son visage à se tourner vers elle d’une main brûlante sur sa mâchoire, au moins, elle restait à sa place.

Un des hauts-talons de l’étudiante semblaient vouloir percer un trou dans le tapis de la voiture tant son appétence pour le poison orgasmique qui imprégnait le corps son amant la consumait, sa main rendant les choses encore plus… compliquées. Quand ses doigts remontèrent le long de sa cuisse, la jeune femme fut parcourue d’une autre décharge dont elle évacua les effets en rappant de ses ongles le siège de voiture devant elle. Oups. Le contrôle de ce genre de pulsions n’était pas vraiment son point fort.
La brunette dont le regard voyageait aléatoirement, lâcha précipitamment le coussin du siège passager en entendant le bruit suspect qu’elle avait provoqué et qui avait presque fait tourner instinctivement la tête du chauffeur dans sa direction. Se rapprochant de son dossier de siège, ses doigts s’emmêlèrent à ceux de Silas et les serra fortement, comme une punition pour l’atroce supplice qui résultait de l’impossibilité d’Amélie de satisfaire les fantasmes que sa main composait sur sa peau échauffée.

La frustration de la distance entre eux qu’ils n’avaient pu combler dans le lieu public et après dans le véhicule s’évapora enfin quand leurs lèvres se touchèrent à nouveau, faisant à nouveau exploser le cœur de la demoiselle. Son cou fut assaillit de baisers endiablés, les lèvres brûlantes de Silas alimentant la fièvre de l’étudiante qui avait déjà l’impression de devenir folle, perdant délicieusement davantage le peu de contrôle qui lui restait sur les réactions de son corps à chacun de ses touchers. Mais c’était sa réponse qui lui coupa le souffle, frappée d’un puissant éclair radicalement opposé à celui qui les avait séparés, faisant pourtant encore une fois disjoncter son système nerveux. Les jambes de la jeune femme retrouvèrent leur place, serrées autour du bassin de l’infirmier comme si ça avait été leur but originel et existentiel quand une nouvelle vague de sensations volcaniques la submergea toute entière.

Le dos de la jeune femme frappa alors le mur de la salle de bain dans un bruit de déchirure –son déguisement- qui fut suivi du son de la cascade d’eau qui les submergea. Un léger rire franchit les lèvres d’Amélie qui étaient toujours occupées à danser avec celles de son amant, ne se rendant compte de l’endroit où Silas les avait menés seulement quand il avait actionné l’arrivée d’eau.
Et oh, plus d’ailes.  
Elle rejeta le déguisement encombrant d’une main qui reprit vite sa place sur la nuque de l’infirmier, passant sous le tissu de son vêtement en réalisant qu’il fallait se débarrasser immédiatement de cette tenue. Mais ce fut la sienne qui disparut la première.

Sa main passa sur son front où coulait l’eau abondamment emportant les dernières traces du liquide vermeil qui l’avait souillé quelques minutes plus tôt, dégageant son visage de ses cheveux trempés qu’elle empoigna tant la respiration du jeune homme faisait vibrer son corps gémissant à travers la soie déjà humide avant leur entrée et qui protégeait encore son intimité. En fait, elle craignait pour sa survie si Silas s’arrêtait, ce qu’elle exprima en susurrant à nouveau son prénom derrière un autre son que son corps en proie à trop de sensations fortes laissa encore s’échapper entre deux respirations rapides et courtes.

Les doigts de la brunette resserrèrent leur prise sur le pommeau qu’elle avait déjà agrippée, la pression exagérée que subissait l’objet n’étant plus en rien dût à l’équilibre dont elle avait besoin mais plutôt comme une conséquence de son corps qui semblait surcharger à cause du plaisir qui venait d’exploser en son bas-ventre dans une intense déflagration générée par la langue experte de son amant et de ses doigts, lui tirant un énième gémissement, plus intense que ceux qu’elle avait laissé s’échapper quand Silas avait frôlé cette partie intime sous sa culotte, torturant la brunette. Son cerveau avait disjoncté et son corps à l’agonie ne cessait de reproduire ces contractions exquises qui électrifiaient son corps bouillant, explosant dans ses entrailles de la jeune femme, tandis que sa main serrait avec douceur les cheveux de Silas dans un besoin de se prouver sa présence de toutes les façons possibles.

« Ça valait vraiment la peine de perdre mes ailes... »

Et c’était parce qu’elle n’avait pas été sage qu’elle avait perdu son déguisement angélique et virginal. Oh. Elle avait chuchoter à bout de souffle, un sourire lascif se dessinant sur les lèvres qui coururent alors le long du cou du jeune homme, déposant des baisers fiévreux sur leur trajectoire qui s’intensifiaient en entendant les paroles de Silas, lui donnant toujours l’impression que le feu en elle la consumait davantage. Elle en voulait plus. En fait, son appétit s’en retrouvait attisé, réalisant avec surprise que ça avait été possible.

Ses mains descendirent rapidement le long du haut de Silas afin de le retirer presque violemment, attendant à peine que le jeune homme accompagne ses gestes et lâche brièvement ses fesses nues pour retirer le tissu qui cachait les muscles parfaits qui lui avait tant manqués. Ses baisers ne s’interrompirent que pour permettre un rapprochement plus intense, envahie par le besoin lancinant de sentir son torse pressé contre sa poitrine qui était agressée par les battements de son cœur trop violents.
Acharnée comme si son baiser était le dernier plaisir accordé à une condamnée à mort, elle revint rapidement à ses lèvres, explorant à nouveau de ses mains le corps qu’elle n’avait fait que redessiner mentalement toute la journée sans imaginer un nouvel éventuel éloignement. Oh, si, peut-être.

La jeune femme poussa avec un peu trop d’ardeur le corps de son amant nu avec le sien, alors seulement couvert d’un soutien assorti à sa culotte perdue et de ses chaussures attachées à ses chevilles,  contre le mur perpendiculaire sans arrêter de fougueusement goûter à ses lèvres, déviant jusqu’à son menton, dérivant le long de sa mâchoire.  

« Je veux te dévorer aussi… »

Susurra-t-elle, haletante, à son tour à son oreille comme une plainte avant d’en mordiller le lobe en passant sa main sous son pantalon, explorant l’expression de l’excitation de son partenaire qu’elle sentait sous le tissu de son caleçon. La respiration devenue difficile, elle délaissa son visage et de suivit le cours de l’eau qui coulait toujours sur les deux corps enflammés par leur passion luxurieuse jusqu’à son bassin. Ses genoux tombèrent alors au sol en même temps que le pantalon de Silas qu’elle avait emportée dans sa chute, repoussant ensuite avec son aide les vêtements encombrants. Les lèvres de la brunette se rapprochèrent alors du caleçon qu’elle baissa lentement, passant sa langue brûlante sur la longueur de ce qu’elle avait déjà examiné de ses doigts, entourant le membre de ses lèvres en faisant des mouvements passionnés avec sa bouche qui rappelait comme un écho leurs ébats dans l’ascenseur, laissant par moment sa langue folâtrer avec le bout, appliquée à lui provoquer les sensations qu’il avait fait exploser en elle en le savourant, une main voyageant le long de sa jambe jusqu’à sa fesse et son dos quand l’autre s’occupait des différentes parties intimes du jeune homme dont elle ne s’occupait pas avec ses lèvres.
S’écartant de la manifestation du désir de son amant, Amélie laissa rapidement glisser sa main le long des hanches du jeune infirmier pour rejoindre son poignet et l’attirer à elle, l’avidité grandissante pour les lèvres de Silas brillant dans ses yeux avec lequel elle rechercha les siens.

« Viens, Silas. »

Chuchota-t-elle. Pas seulement dans cette position, elle le voulait tout entier, maintenant. Elle voulait tenter de calmer à nouveau le feu infernal qu’ils avaient attisé dans leurs  corps devenus fournaises. Amélie agrippa alors la nuque de Silas quand elle fut à sa portée en l’attirant, la passant dans ses cheveux mouillés qu’elle serra tout en attrapant sa lèvres inférieur de la sienne qui la quitta en l’effleurant de ses dents pour rejoindre le cou du jeune homme, à bout de souffle, laissant son corps céder à l’attirance irrépressible qu’il ressentait pour celui qui partageait sa température. Ses seins dont les bouts excités pointaient sous l’exact même tissu fin que sa petite culotte éloignée se pressaient contre les pectoraux de Silas, la jeune femme s’asseyant sur le sol de la douche italienne en passant une jambe autour des fesses de son infirmier, ne pouvant s’en éloigner tandis qu’elle gémit son prénom dans une supplication luxurieuse.

Sa tête s’enfonça plus tard dans le matelas dans une autre explosion de plaisirs orgasmiques, humidifiant toujours plus le tissu du lit qu’elle venait de griffer et sur lequel les deux amants s’abandonnaient à leurs pulsions les plus passionnées. Amélie recherchait toujours l’overdose tant convoité du parfum addictif qui émanait de son amant, assoiffée d’une substance qu’elle redécouvrait à chaque toucher et si indispensable à sa survie, ne cessant goûter, de plus en plus fougueusement, au corps divin de son partenaire dont elle ne semblait jamais pouvoir se rassasier malgré l’opulence de plaisirs qui résultaient de l’interaction des deux corps nus exaltés.



Les paupières de la jeune femme s’ouvrirent avec une lenteur dévoilant l’indécision de son corps d’abandonner le repos tellement mérité. Mais quand sa conscience s’éveilla, la brunette ne put qu’émerger, ramenée à la réalité par les souvenirs qui expliquaient les sensations laissées sur son corps qui n’avait pas réussi à quitter celui, aussi dénudé que le sien, de son amant.
Amélie était encore éreintée, le genre de douce et agréable fatigue qui suit des plaisirs exquis mais qui nécessite un moment de repos ensuite qu’elle n’avait que partiellement eu, ses jambes semblant toujours vaguement chancelantes. Quelle heure était-il ?

La jeune femme releva légèrement avec délicatesse sa tête qui reposait sur l’épaule de Silas, posant son regard sur son visage endormi. Un sourire enjoué s’élargit alors sur les traits de la brunette qui s’imagina alors le ramener à elle d’un toucher aérien, si douce qu’elle serait à peine perceptible, partant de son torse où sa main reposait et mesurait les battements de son cœur, trouvant son chemin jusqu’à son cou et sa mâchoire, finissant par effleurer ses paupières et l’arête de son nez meurtri pour terminer sa course sur ses lèvres dont le souvenir rougissait ses pommettes et qui appelaient toujours les siennes, même quand leur propriétaire était endormi.  Oui, sa première pulsion était de le réveiller dans un toucher si tendre qu’il serait similaire à une plume agaçante le chatouillant et qu’il voudrait éloigner. Mais ce n’était pas vraiment ce qu’elle était censée faire.

Ses pensées la dirigèrent ailleurs, comme une voix trop longtemps ignorée. Elle devrait partir. En fait, son habitude était de partir dès que Morphée s’était occupé de son partenaire, ou très peu de temps après. Mais cette fois, elle n’y avait tout simplement pas pensé, exténuée par l’énergie qu’avait demandé la satisfaction de ses désirs, l’épuisement l’ayant tout simplement fait oublier sa raison semblant désactivée depuis que Silas avait capturé ses lèvres sur le campus.

Amélie se redressa prudemment, faisant attention à ne pas troubler le sommeil de son amant, abandonnant le contact avec le corps de Silas dans un regret qui lui fit l’effet d’une vive morsure. Ne pouvait-elle pas simplement céder à l’envie de le réveiller ou à l’attraction qui attirait sa peau vers la sienne et voir ce qui se passerait ensuite ? Tic-tac. « Plus de question… pour ce soir. » Finalement non. Elle ferait comme d’habitude, malgré que cette fois-ci elle désirait rester. La jeune femme passa une main dans ses cheveux en désordre et posa doucement ses chaussures au sol –ah, elle les avait gardées ?-, laissant la couverture dévoilé son corps nu en glissant sur sa peau. Et maintenant ?

Cachant d’une main pudique sa poitrine avec le bout de la couverture dont elle pouvait se saisir, Amélie balaya la pièce du regard. Rapidement, en quelques pas furtifs, elle rejoignait la penderie de Silas et l’ouvrit lentement, craignant un grincement quelconque en jetant un regard vers son infirmier qui était encore endormi. Sans détourner son regard du lit, elle passa sa main dans le meuble, retirant doucement un haut au hasard en espérant qu’il ne serait pas le préféré du jeune homme. Le tissu vint alors couvrir sa peau et elle constata à nouveau en étirant l’extrémité vers le bas que, vraiment, leur différence de taille était amusante.

La jeune femme laissa ses pas la mener vers la sortie, et jeta un dernier regard à l’endormi avant de fermer la porte, s’étant glissée derrière comme une voleuse, la calant sans plus pour échapper à tous les bruits qu’Amélie pourrait involontairement provoquer.

Une fois sortie, la brunette se mit à la recherche de la salle de bain, semblant découvrir les lieux maintenant que les lèvres de Silas ne brouillaient plus son esprit en passant plusieurs fois les doigts dans sa chevelure, leur redonnant une forme bouclée légèrement plus maitrisée, ayant eu autre chose en tête que le sèche-cheveux en quittant la cascade artificielle qui leur était tombée dessus.  

Amélie s’arrêta sans vraiment savoir ce qui avait suspendu sa tentative d’évasion.  Un petit bruit non-identifié parvint à nouveau aux oreilles de la brunette qui avaient été attentifs au moindre son. La jeune femme tourna des talons et fit deux petits pas, hésitante, vers la porte entrouverte qui dissimulait la source de ce curieux son. Elle n’eut pas à attendre longtemps avant qu’il se fasse entendre à nouveau à répétition, sensiblement différent mais en quelque sorte… étrangement fascinant.

Un bébé. Le gazouillement reprit alors, plus clair au fur et à mesure que l’entrebâillement de la porte s’agrandissait. Non, elle ne devrait pas, vraiment. Et pourtant, sa main poussa encore un tout petit peu l’objet qui l’empêchait de satisfaire sa curiosité, lentement, cherchant le regard réprobateur d’une personne à laquelle elle devrait présenter ses excuses pour son intrusion… mais n’en rencontrant pas, la porte finit par être totalement ouverte. S’avançant, hésitante comme si une bombe s’apprêtait à exploser dans le berceau qui avait instantanément capté toute son attention malgré le silence du petit être qui y reposait, la jeune femme réalisa à quel point elle devrait être… ailleurs. Vraiment.

Pas de question, pas de complication, sortir de la chambre de Silas pour disparaitre et finir dans la chambre d’à côté qui renfermait une autre partie de sa vie qu’il n’avait pas dévoilé n’était pas son intention. Pas qu’elle ne le souhaitait pas, au contraire, mais pour un fantôme, elle se faisait un peu trop présente.  Surtout qu’elle n’aimait pas les enfants. Pas qu’elle ne les aimait pas en fait, les plus petits étaient agréables à l’œil quand on ne s’en approchait pas ou une ouïe déficiente. Mais tout au fond, elle était consciente qu’ils représentaient tout ce qui lui échapperait éternellement et ça, ça avait le don de l’agacer. Alors non, elle ne les côtoyait généralement pas. Mais là, c’était différent. Elle était curieuse.

La chasseresse s’approcha de plus en plus lentement jusqu’à se trouver juste à côté de la petite poupée qui émettait ses adorables petits bruits, juste pour voir si les sons qui sortaient de sa bouche étaient aussi mignons que sa tête, puis elle s’en irait. Oh.  
Figée, pétrifiée, complètement bloquée. Ces grands yeux bleus venaient d’aspirer Amélie.

«  Alors toi, tu dois être une princesse Disney. »

Chuchota-t-elle en fronçant un peu les sourcils. Elle se pencha alors un peu, observant ses yeux ronds qui lui rendaient son regard intrigué en caressant la petite joue douce du bébé avec plus de précautions que les grenades qu’elle dissimulait dans le coffre de sa voiture. Amélie se redressa alors, inspirant profondément en secouant la tête devant sa bêtise. Et si elle arrêtait les conneries, par exemple… tout de suite ? Elle tourna les talons et eu le temps de faire quelques pas, s’envolant presque vers la sortie quand la petite chose derrière elle émit un autre bruit, cette fois étouffé qui fut suivi de petits pleurs qui menaçaient de s’intensifier. Oh non, s’il te plait. La chasseresse sautilla presque sur place en exerçant une pression sur le haut de son front avec la paume de sa main. Non, vraiment, elle devrait déjà être dans l’allée, appelant un taxi dans sa robe mouillé, attrapant par la même occasion une petite pneumonie. Il s’écoula environ cinq secondes avant que la brunette effectua sans décoller ses talons-hauts du sol un espèce de petit sautillement totalement inutile si ce n’était de montrer son exaspération, comme si son visage ne dévoilait pas cette émotion à merveille.
La jeune  femme s’élança alors, décidée, changeant encore une fois sa trajectoire après avoir que son regard se soit perdue sur le plafond.

« Chuuuuuuuuut. »

Non, sérieusement. Chut.
Elle avait soufflé de manière à peine audible.  Amélie se pencha alors à nouveau vers le berceau qui gardait l’enfant dont la jeune femme n’avait jamais envisagé l’existence dix minutes auparavant et le prit dans ses bras, soutenant les fesses du bébé d’une main et sa tête de l’autre, qu’elle posa contre le haut de son buste découvert.

« Si Silas arrive et s’énerve, je dirais que tu m’as forcé. D’accord ? »

Elle prendrait tout pour un oui, du silence au cri en passant par les gazouillements, donc elle n’avait qu’à directement acquiescer. La brunette se mit à faire de petits et légers mouvements de droite à gauche, semblable à un bateau porté par des vagues calmes.
La petite ne pleurait déjà plus. Mais oh, que les cheveux d’Amélie devaient lui sembler attirants pour qu’elle empoigne ceux à sa portée et les tire comme une sonnette d’alarme.

« Désolée, mais je vais les garder encore aujourd’hui ceux-là, princesse. »

Lui dit-elle amusée en reprenant d’une main la mèche que l’enfant avait serrée en caressant ses petits doigts en le détendant, repoussant ensuite cette distraction à nourrisson derrière son épaule. Ses doigts jouèrent alors avec le dos de la petite tandis qu’elle continuait ses petits mouvements malgré qu’elle n’ait recommencé ses petits gazouillements qu’elle aurait normalement pris pour un signal, sonnant sa libération. Non, plutôt que de s’encourir vers la sortie directement, elle continua ses petits balancements, plus lents, laissa la tête de la princesse miniature se reposer sur la poitrine de la jeune femme sans qu’elle n’ait pourtant l’air manifestement fatiguée vu la façon dont elle usait de ses cordes vocales. Amélie, dont les lèvres s’étaient faites possédées par un sourire totalement involontaire mais terriblement sincère et lumineux devant la petite chose dans ses bras, aurait presque oublié ce qu’il y avait autour d’elle, où elle se trouvait, où elle devrait être et le bruit d’horloge qui lui rappelait sans cesse qu’elle devrait déjà être loin pour éviter les problèmes.

Ah mais en fait, c’était exactement ce qu’il se passait.
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Mar 22 Déc - 22:05

Retournement de situation. Silas se retrouva dos contre le mur ruisselant de la douche italienne. La poitrine de la jeune femme, qu’il n’avait aucune peine à se représenter à travers le tissu soyeux et humide de son sous-vêtement, collée contre son torse avivait la chaleur de la peau de l’infirmier, déjà brûlante. Dans un ardent murmure, la jeune femme lui fit part de son désir de vengeance, et un sourire à la fois endiablé et enivré se peignit sur les lèvres du jeune homme, son cerveau s’étant simplement brisé en mille morceau lorsqu’il avait pensé à ce qui l’attendait. Les décharges que procura la main caressante de la brunette dans son pantalon firent tambouriner son cœur si fort que Silas le sentait résonner jusqu’à toutes les extrémités de son corps fébrile.

Le jeune homme agrippa fougueusement la nuque de la jeune brunette, ébouriffant ses cheveux mouillés, pour lui arracher un dernier baiser acharné, avant que cette dernière se laisse tomber à genou. Sentir le souffle fiévreux d’Amélie contre son caleçon fut déjà insoutenable, si bien que l’infirmier ne put s’empêcher de rapprocher son bassin crispé de la tête de son amante, dans un geste presque imperceptible, tandis que son regard se perdit dans le vide du plafond pluvieux.

Et le début de la fin commença. Le sourire qui venait de naître sur les lèvres de Silas se transforma en un O muet, à bout de souffle, aussitôt que la langue d’Amélie caressa son sexe déjà tendu et raidi, qui n’attendait que ça déjà depuis que les amants avaient quitté l’ascenseur la semaine passée. Les muscles de tous son corps se crispaient et se relâchaient délicieusement sous les caresses expertes de la bouche de la brunette, comme victimes de décharges incontrôlables mais si savoureuses qui accumulait encore et encore du plaisir manifesté clairement par la respiration bruyante du jeune homme, et des râles rauques qui s’échappaient de sa bouche.

« Bordel. Amélie. », lâcha-t-il, n’arrivant plus à contenir ses mots, la voix éraillée par le plaisir qui se diffusait dans son sang comme un agréable poison.

Ses mains tendues s’amusaient à remettre les cheveux trempés de la brunette derrière ses épaules, en les tiraillant maladroitement, ses doigts se serrant doucement autour de sa chevelure lorsque une nouvelle décharge faisait sursauter son cœur. L’infirmier sentit l’extase croître en lui comme une cascade inversée, torrentielle, qui s’écrasait droit dans sa boîte crânienne et qui viendrait bientôt faire tout court-circuiter, délicieusement… Oh, il en avait envie ; il en tremblait presque, son corps saccadé par le plaisir, auquel il ne voulait que céder… Mais pas maintenant. Silas n’en avait pas terminé avec la divine brunette.

Comme si elle avait pu entendre ses pensées, Amélie s’arrêta et tira le poignet de l’infirmier pour que celui-ci la rejoigne. Silas eut l’impression de perdre son souffle : tout son corps en réclamait douloureusement encore et encore, et était résolu à le faire souffrir ainsi tant que ses désirs n’avaient pas été assouvis. L’invitation de la jeune femme résonna comme un enchantement à ses oreilles, et ses lèvres la rejoignirent, avides de retrouver les siennes. Il put sentir le désir endiablé en elle enflammer le sien, comme si on avait jeté un sceau d’essence sur un feu déjà brûlant. Une des mains du jeune homme captura la nuque d’Amélie, tandis que l’autre s’empara de l’un de ses seins, à travers le tissu soyeux de sa lingerie. Alors que les baisers de la brunette incendiaient la peau de son visage, il glissa une main dans son dos pour défaire habilement le seul habit qui lui restait, et pouvoir profiter pleinement de sa poitrine parfaite, qu’il s’empressa d’embrasser, de lécher fiévreusement, et d’en mordiller les tétons qui s’avéraient être si réactifs… Bordel. Elle était exquise. Le regard de Silas se raccrocha à celui d’Amélie, ses yeux brillant d’une lueur malicieuse et taquine.

« Que vais-je faire de toi, maintenant, Amélie…? », souffla-t-il, tandis qu’un sourire naquit sur ses lèvres humides et convoiteuses du corps de la brunette.

Oh, l’infirmier savait très bien ce que tous deux crevaient d’envie… Assis sur le sol ruisselant de la douche, il captura ses lèvres avec les siennes, et, alors qu’Amélie passa une jambe autour de lui, il saisit de manière fébrile la deuxième pour la faire elle aussi passer autour de son bassin. Les deux mains de l’infirmier s’emparèrent goulument des fesses de la brunette pour venir l’asseoir sur sa virilité dressée, entre ses jambes en tailleur, leurs deux corps formant comme une fleur parfaite exhalant une passion addictive insoutenable.

Un souffle rauque s’échappa de la bouche de Silas lorsque son membre viril pénétra l’endroit où il semblait prédestiné à se trouver. Son cœur sembla se lénifier l’espace de quelques infimes secondes, comme s’il venait de recevoir une dose éphémère de la drogue convoitée depuis si longtemps, dont seule la divine brunette semblait détenir le secret. Les mains du jeune homme se baladaient dans le dos d’Amélie, pressant son buste doucement contre le sien, secoué d’un rythme sensuel et enivrant. Ses lèvres avaient échoué dans le creux de la clavicule de son amante, où il répandait son souffle chaud qui effleurait la peau douce et mouillée de la jeune femme. Les gouttes ruisselantes et chaudes continuaient de tomber comme la pluie, et ne calma en rien l’explosion de sens qui secoua bientôt extatiquement les deux amants et qui vint satisfaire les pulsions qui les avaient tiraillés toute la soirée. Et toute la semaine.

Mais les décharges orgasmiques n’adoucirent les pensées de Silas que durant au plus quelques minutes. Son corps ayant échoué sur le sol dégoulinant de la douche fut bientôt ressaisit de ce besoin addictif de la personne qui se trouvait juste à ses côtés. Ses lèvres se mirent à nouveau à taquiner le coup de la jeune femme, à l’oreille de laquelle il glissa :

« Je crois que je ne peux plus me passer de vous, Jones. »

Il coupa l’eau et aida Amélie à se relever avant de la porter de la même façon dont ils étaient arrivés ici ; mais cette fois-ci, Silas les mena directement par la porte qui les conduisit à sa chambre. Immédiatement, l’infirmier à présent complètement dévêtu laissa choir la brunette trempée sur le matelas de son énorme lit. L’espace d’un court instant, il la contempla depuis où il se trouvait, savourant du regard la vue qu’Amélie lui offrait. Un sourire mêlant malice et lubricité se dessina sur son visage. En deux gestes, le jeune homme se débarrassa des lentilles blanches qui avaient couvert ses yeux jusqu’à présent, et les jeta derrière lui. Maintenant, il pouvait pleinement profiter du spectacle… Sa chevelure trempée autour de sa tête, son corps encore dégoulinant, sa poitrine à l’air libre semblant appeler le jeune homme à travers les deux papilles mammaires qui pointaient d’excitation… Silas ne se rendit probablement pas compte qu’il se mordilla la lèvre inférieure en nourrissant ses pensées avides et lascives de la vue du corps parfait de la brunette…

« Amélie… », commença-t-il, alors que la suite de ses paroles s’évanouit bien vite, s’évaporant de l’esprit de l’infirmier assailli par trop de désir et d’excitation pour lui laisser quelques pensées intelligibles.

Il s’approcha d’abord des ses pieds encore chaussés de ses talons, dont il embrassa fiévreusement les cheville, remontant le long de ses mollets, puis de ses cuisses… Oh, ses cuisses. Il s’y attarda un moment, pour y lécher quelques gouttes qui perlaient encore sur sa peau… Lui avait-il dit à quel point elle était exquise ? Oh. Oui…

* * *

Bordel, qu’est-ce que c’était bon… En même temps que son amante, Silas se laissa assaillir par les vagues de plaisirs qui se déversait en lui et lui faisait perdre ses moyens, encore plus violemment qu’avant, si bien qu’il faillit écraser Amélie. Sa tête s’échoua dans l’un des coussins où il put reprendre son souffle, le corps encore suant de l’émanation de son désir enfin assouvi… mais pour combien de temps ?

Bam. Le coup de fatigue le frappa en pleine figure. Il passa une jambe par dessus celle de la brunette tandis qu’il se colla contre elle, son regard éreinté croisant le sien, ayant à peine le temps de lui arracher un dernier baiser sensuel avant de sombrer dans les bras inquisiteurs de Morphée, qui l’emmenèrent dans un monde bien différent de celui aux côtés d’Amélie.

Silas marchait seul dans une ruelle toute droite, et qui ne semblait pas avoir de fin. Les pavés gris sous ses pieds étaient à peine distinguables à cause du peu de luminosité ambiante. Le ciel était dénué de lune et de la moindre étoile ; ce n’était qu’une simple voile obscure. Le bruit de ses pas résonnaient le long des murs des différents bâtiments qui scellaient la ruelle, et sa respiration était anormalement lente. Il tourna la tête et ses yeux se posèrent sur une chevelure chocolat bien familière. Amélie marchait à ses côtés, dans une longue robe noire qui ondulait à ses pieds. Elle le regardait aussi. Sans sourire. Sans lueur dans ses yeux. Indéchiffrable. Elle se rapprochait de lui, et ses yeux semblaient s’agrandir, dangereusement. Que se passait-il. Silas baissa les yeux et reconnu les courbes finement sculptée de la brunette, et pourtant l’excitation qu’il avait l’habitude d’en retirer s’était muée en angoisse. Son cœur se mit à battre la chamade, comme s’il se débattait pour s’enfuir de sa cage thoracique. Amélie se rapprochait toujours et bientôt, elle ouvrit la bouche et révéla des dents pointues, aiguisées comme des lames de rasoir, tout le long de sa dentition, et s’attaqua au jeune homme, juste au centre de sa poitrine, pour lui dévorer le cœur. Tout le décor se mit à tournoyer dans tous les sens. Silas pouvait sentir le vide dans son thorax inanimé. La brunette dévora sauvagement son cœur sans que le jeune homme ne puisse rien y faire. Il se retrouva là, allongé au sol, contre les pavés froids, spectateur esseulé du festin sanglant d’Amélie. Au loin, des pleurs se firent entendre. Un bébé. Ariane. Ils résonnaient comme un écho inaccessible, Silas étant paralysé par sa condition. Amélie se mit à rire – du moins il sembla que ce fut un rire – et se précipita hors du champ de vision de l’agonisant, en direction des pleurs de la pauvre Ariane… Non. Impossible. Pourquoi Silas n’avait-il pas écouté les avertissements de la brunette ?! Il voulut se débattre mais son corps était définitivement cloué au sol, inerte, inanimé… Il voulut crier, mais pas le moindre souffle ne sortit de sa bouche…

Les yeux de Silas s’ouvrirent grands. Sa respiration était courte et son cœur courait un marathon à l’intérieur de son torse dénudé. Il dégoulinait. L’infirmier regarda autour de lui. Où était-il ? Ses mains tâtèrent les alentours. Son lit. Il était dans son lit. Tout allait bien… Le jeune homme tenta de se recentrer et de calmer son souffle… Les images de ce qu’il s’était passé un peu plus tôt lui revinrent à l’esprit et manquèrent de lui arracher un sourire qui rivalisa cependant encore contre la brume perturbante du rêve qu’il venait de faire… Il regarda à côté de lui.
Mais… Où était passée Amélie ?
Et… Merde.
Ariane.

Silas fit voler la couette plus loin et sortit à toute vitesse du lit. Sur le chemin jusqu’à la sortie de sa chambre, il s’empara de son peignoir noir qu’il enfila rapidement et qu’il attacha dans le couloir, à l’extérieur, tandis que la porte de sa chambre tapa contre le mur, dans l’empressement et l’agitation du jeune homme. Ce dernier n’osa même pas penser ce que son esprit avait déjà retourné de nombreuses fois dans sa tête, à savoir tous les scénarios possibles et imaginables qui découlaient de l’angoisse que son rêve avait provoqué… Et si Amélie était vraiment dangereuse ? Et si elle s’en prenait à Ariane ?
Bordel. Silas ne se le pardonnerait jamais.
Il s’interdit d’y penser.

L’infirmier fit quelques enjambées et son cœur manqua un battement quand il vit la porte de la chambre de sa fille grande ouverte. Et merde. Il se précipita à l’intérieur, les dents serrées et le regard aussi glacial que le nord de la Sibérie, prêt à donner tout son corps pour défendre le fruit de sa chair. Ses yeux se posèrent sur la chevelure brune d’Amélie, qui se trouvait juste à côté du berceau d’Ariane, vide. L’infirmier déglutit douloureusement alors qu’une lueur de folie irradia dans son regard.

« Amélie, repose-la tout de suite. », pesta-t-il, les dents serrées et son intonation clairement incontrôlée, entre angoisse et fureur, tandis que son indexe accusateur pointait la jeune femme qui lui tournait le dos. « Repose tout de suite ma… »

Mais ce qu’il découvrit en s’avançant davantage éteignit toutes les lumières d’alerte qui sonnaient dans sa tête et dissipa la brume ébranlante que son rêve avait laissé dans son esprit. Il resta figé là, ses mots en suspens, le souffle violemment coupé, la bouche entrouverte. Seul son cœur tambourinait encore dans ses oreilles. La petite Ariane gazouillait comme un colibri dans les bras fins et bienveillants d’Amélie, qui essayait apparemment de calmer les pleurs de la petite et qui venait aussi de se faire voler une mèche de cheveux…

« Oh… », laissa-t-il échapper de ses lèvres ébahies. « J’ai cru que… » Enfin bref.

Un sourire attendri – oui, oui, attendri – s’esquissa sur les lèvres du jeune père, tandis que ses traits tentèrent de se libérer de la folie qui avait pu les habiter. Il ne put s’empêcher de soupirer de soulagement d’une part parce qu’Ariane était saine et sauve, et d’une autre parce que Amélie – à ce qu’il sache – n’était pas un monstre assoiffé de sang, et ne s’était pas – encore – enfuie. Merde, il fallait avouer qu’il avait eu peur… Il posa sa main sur la petite tête de sa fille, comme pour s’assurer qu’elle était bien réelle, tout en caressant de manière paternelle son crâne sur lequel de fins cheveux de jais poussaient. Son sourire s’étira, et son regard alterna entre les yeux de biches de la brunette et ceux innocents d’Ariane.

« Ariane, je te présente Amélie… » commença-t-il, tout naturellement, comme un bon médiateur. « Amélie, je te présente Ariane, ma fille… », reprit-il, alors que ses yeux se teintèrent de cette ivresse passionnée en regardant les deux filles.

Ils s’attardèrent sur la brunette. Le brushing post-coïtal de cette dernière était tout bonnement de l’incitation au viol, d’autant plus qu’elle ne portait qu’un simple haut appartenant à l’infirmier, qui cachait tout juste sa nudité… Silas n’eut pas la moindre peine à se figurer que la jeune femme ne portait absolument rien en dessous… Si ce n’était ses chaussures. L’appétit lascif brûlait encore en lui et chaque regard qu’il lançait à la brunette ne faisait que l’aviver dangereusement, et excitait sa nudité juste là, sous son peignoir ; mais la présence de sa fille l’empêchait de commettre quelque geste peu catholique.

« Viens, on peut descendre, Amélie, il faut lui donner son biberon… », annonça-t-il, en passant une main dans le dos de la jeune femme pour l’accompagner jusqu’aux escaliers qui les mèneraient au hall d’entrée directement ouvert sur la cuisine.

Il n’eut pas besoin de prendre Ariane dans ses bras ; celle-ci semblait s’épanouir à pousser tous ces gazouillements dans les bras d’Amélie. Ce magnifique tableau diffusait en lui une vague de soulagement bienfaisant, et achevait de calmer ses pensées. Une fois qu’ils furent arrivés en bas, Silas mit tout de suite la main sur un biberon que Miss Gianella avait déjà pris le soin de préparer la veille, et le mit simplement dans un four à micro-ondes. Quel boulot. Lorsqu’il se retourna et s’adossa au plan de travail de la cuisine, l’infirmier croisa le regard de la brunette qui lui réclamait peut-être quelques explications… Elle voudrait sûrement savoir où se trouvait sa mère, et éventuellement pourquoi il n’avait pas mentionnée sa fille plus tôt… Et avec tout le tact que le jeune homme possédait, il lui fallut plusieurs secondes pour réfléchir à ce qu’il allait dire… Et pas sûr que ces secondes lui servirent à quelque chose. Déjà, pour la première hypothétique question…

« Sa mère est… décédée. », lâcha-t-il, comme s’il venait de s’ouvrir le thorax et de déposer son cœur sur l’îlot de la cuisine, en face d’Amélie. Son regard se perdit dans le vide en face de lui. « Elle était enceinte, et s’est fait agresser par… cette… chose », tenta-t-il de lui expliquer, à grand-peine, étant donné que lui-même ne comprenait pas ce qu’il s’était passé. Sa voix peinait à ne pas trembler sous les souvenirs de cette nuit-là, plus présents que ce qu’il oserait jamais admettre. « Elle est morte, alors qu’Ariane n’était même pas encore née… Ils l'ont sortie d'urgence de son ventre, seulement une heure plus tard… Et elle était encore en vie, par miracle. », termina-t-il en regardant le ciel, comme s'il adressait une prière à un dieu auquel il ne croyait de toute manière pas, donc au plafond. Son regard à la fois ému et attendri atterrit ensuite sur la petite.

Comme pour ponctuer ses paroles, le « ding » du four à micro-ondes retentit pour annoncer que le biberon était prêt et pour le tirer hors des images du tourment éphémère qui passait dans son esprit en y pensant. Silas sortit le biberon du four, y mit le couvercle à tétine, le secoua une fois et le tendit à la brunette tenant Ariane, qui ne cessait de pépier, pour qu’elle le lui donne, ne se posant pas trop la question de savoir si Amélie avait déjà nourri un bambin…

« Je ne sais même pas ce qu’est cette chose qui l’a attaquée… », fit-il, irrité et les dents serrées, alors que son regard divaguait dans la grande pièce, retrouvant cette lueur grossière d’arrogance et d’insolente indifférence. « Comme je ne sais toujours pas où les gens veulent en venir en parlant d’apocalypse, de démon, de la fin du monde, de créatures… Qu’est-ce que ça veut dire ? …Et ta cuisse, qui s’est soignée en un claquement de doigt… » Silas passa ses deux mains dans ses cheveux, et haussa les épaules comme s’il était sur le point de dire quelque chose d’autre mais choisit de taire ses mots à la dernière minutes. Il agissait comme un enfant pourri-gâté et capricieux, vexé du fait qu’il n’obtenait pas ce qu’il voulait… « Est-ce que je deviens vraiment fou ? »

Silas n’arrivait pas à comprendre ce qui n’allait pas avec cette ville de Huntfield, il ne saisissait pas les fondements du problème. Il n’avait entendu que des rumeurs et vu trop peu de choses pour parvenir à se maintenir sur n’importe quelle affirmation réelle. Et la tragédie liée à l’un de ces événements lui donnait l’impression de perdre la raison. L’idée que le mystère lui-même veuille rester cacher le rendait fou, de la même manière qu’au moment où Amélie avait décidé de lui cacher ses connaissances… Silas se rendit compte qu’il s’emballait un peu, mais il ne comprenait pas comment il pouvait se battre en retour contre cet ennemi inconnu et invisible qui avait déjà bien semé le trouble dans sa vie. Son regard refit surface et vint chercher éperdument celui de la brunette et s’y accrocher, comme à une ancre qui le maintenait en contact avec la réalité, hors des tourments. Il avait horreur de l’image de lui qu’il venait de donner. Amélie, elle qui faisait partie de ce mystère si cher aux yeux du jeune homme, allait peut-être le prendre comme quelqu’un d’ignorant et de faible.
Il leva les mains comme s’ils se rendaient :

« Pardonne-moi, Amélie… J’avais dit plus de question. »

Un petit sourire adoucit ses traits, qui se teintèrent d’espièglerie, alors que le jeune homme se remémora ce qu’ils avaient fait après la dernière fois qu’il lui avait sorti des paroles similaires. Amélie n’avait pas à l’écouter divaguer sur son passé, comme s’il se lamentait de son sort. D’attirer la pitié sur lui, là n’était aucunement son intention ; il préférait d’être exécuté sur-le-champ plutôt que d’être plaint pour des événements auxquels il ne pouvait plus rien faire, étant donné qu’ils appartenaient au passé. Et Silas n’avait pas envie que la brunette s’en aille, même si elle ne lui répliquait par aucune parole. Sa simple présence était bénéfique pour Silas – et ce qu’il y avait sous son pantalon – et pour Ariane.

« Je crois qu’elle t’aime bien… », lui confia-t-il, le sourire aux lèvres en entendant les gazouillis incessants de la petite puce, qui, les yeux bleus grands ouverts, s‘émerveillait devant le visage d’Amélie…


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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Jeu 24 Déc - 14:39

Oh, si les envies concupiscentes de la chasseresse semblaient vouloir exécuter leur propriétaire, la voix de Silas se demandant ce qu’il allait faire d’elle serait assurément le coup fatal.
Enfin débarrassée du dernier vêtement qui lui restait et qui lui était aussi agréable qu’un corset trop serré depuis quelques secondes, posant une barrière inutile entre sa poitrine et le torse de son infirmier, les seins excités de la jeune femme furent la proie de la bouche de Silas et Amélie ne pouvait s’empêcher d’exprimer doucement le plaisir ressenti par une telle entreprise par les sons incontrôlables et par sa poigne maladroite dans les cheveux trempés de son amant.
Sa respiration courte et enflammée fut suspendue tandis que les lèvres de la brunette soufflèrent un gémissement profond et incoercible quand son corps fut enfin rempli par son amant. Les mains de la brunette glissèrent le long des bras du jeune homme, se séparant à la base de sa nuque pour emprunter des directions opposées, laissant l’une d’elle se balader dans le dos de son amant et sur ses épaules, ses ongles courant avec peu de contrôle sur la peau humide quand l’autre retrouverait les cheveux qui seraient les tendres victimes du plaisir constant qui lui était sulfureusement transmit, son bassin étant secoué de mouvements sensuels et éperdus alimentant la chaleur qui émanait du brasier que formait les deux corps fiévreux.

Et boom. Une autre explosion électrifiée d’une intensité troublante se répandit comme s’enflamme une trainée de poudre dans le corps de la jeune femme fébrile, apaisant enfin les pulsions dévorantes qui avaient divinement torturés son être donc les lèvres laissaient échapper la confession animale du plaisir orgasmique, soufflant le nom de celui qui en était à l’origine.

Le son des râles de son partenaire mêlés à ses gémissements raisonnant encore avec les battements trop puissants de son cœur dans son esprit tandis que la trace de ses doigts au creux de ses reins brûlait encore sur son corps à peine calmé. La jeune femme se retourna doucement sur le ventre, proche de son amant, momentanément délivrée du feu qui avait consumé sa raison de manière impressionnante, qui n’avait cessé de gagner en intensité depuis qu’ils s’étaient quittés à l’hôpital, finissant par devenir délicieusement insupportable.

« Qui te demanderait une chose pareille ? »

Interrogea la jeune femme faussement étonnée et intriguée, un sourire sur ses lèvres qu’elle ne put s’empêcher de mordiller pour garder un léger rire en elle. Oh oui, c’était elle-même qui lui avait dit de ne pas s’approcher et pourtant… Il serait cruel de prendre au mot sa plaisanterie en cet instant où l’excitation s’était à nouveau emparée avec plus de fureur de son corps qu’elle avait cru délivré de la passion insoutenable qui le consumait. Et pourtant, comme un lac d’huile que les doigts brûlants de Silas avaient effleurés, la jeune femme se retrouva embrasée, encore une fois submergée par ses envies exigeantes et irrésistibles qui n’avaient été qu’adoucies pendant quelques instants.

Amélie le détailla lubriquement alors qu’il s’était levé pour couper l’arrivée d’eau – oh, ça revenait encore plus violemment qu’un coup de fouet – et l’observa encore quelques courts instants quand il voulut l’aider à se relever, prenant le temps de contrôler le sourire plaqué sur son visage, malgré ses désirs réanimés qui bouillonnaient à l’intérieur de sa poitrine, diffusé par son cœur affolé dans toutes ses veines.
Redressée, elle lui offrit une de ses mains pour qu’il l’aide à se relever, son corps effleurant le sien dans cette entreprise. Oh, le sien l’appelait déjà si l’on en croyait le cœur qui se mit à de nouveau agresser la poitrine de la jeune femme au visage toujours rougie par le plaisir. La brunette laissa alors ses lèvres que ses doigts effleuraient distraitement rejoindre celle de Silas dans un baiser tendre et passionné tandis que ses cuisses retrouvèrent leur place autour du bassin de l’infirmier, se laissant porter jusqu’au lit du jeune homme.

Il enleva ses lentilles et étrangement, sans qu’elle ne l’ait soupçonné, ce geste provoqua en elle une autre vague d’excitation, comme s’il s’était débarrassé d’un vêtement encombrant. Oh, cette couleur lui avait manqué.

La chasseresse fut assise, les jambes croisées, si penchée que si elle cessait de s’appuyer sur ses mains qui caressait le tissu du matelas de manière automatique elle se retrouverait instantanément à l’horizontal. Mais Amélie ne put s’empêcher de détailler encore l’infirmier de haut en bas avec lenteur, redécouvrant le corps dont l’effet qu’il produisait sur le sien semblait lui faire perdre l’esprit, faisant taire immédiatement ses pensées, dominées par l’excitation.

Chacun de ses baisers provoquait une contraction dans les entrailles ardentes d’Amélie, comme un écho net de ce qu’il s’était déroulé dans la salle de bain et qui avait rendu la peau mouillée de la jeune femme dépendante de Silas et des décharges dont il semblait avoir seul le savoureux secret et dont l’intensité ne cessait de croître tandis qu’il montait sur son corps déjà en manque de son toucher, caressant de sa langue la cuisse humide de la brunette dont les yeux s’étaient clos sous le plaisir procuré par de si licencieuses caresses qui alimentait son désir dévorant. Son corps entier se tendait sous le traitement luxurieux que lui infligeait son amant, sa tête basculant doucement vers l’arrière sous l’extase qu’il lui procurait, tandis que sa jambe libre effleurait le dos musclé de son amant, ne pouvant que chercher un autre contact avec le corps de celui qu’elle désirait à nouveau en elle.

Une autre dose, létale cette fois, de ce poison puissant et addictif qui produisait les contractions électriques délicieuses dans tout son corps, s’intensifiant dans son intimité avant d’exploser, se diffusa dans leur deux corps synchronisés, les vidant cette fois du peu d’énergie qui leur restait.
Comme la marque de la suspension de la course qu’ils avaient jouée, la brunette reprit un semblant de souffle quand son partenaire tomba à ses côtés dans les draps soyeux du lit imprégné de leurs ébats. Aussitôt que ses lèvres quittèrent celles encore brûlantes de son amant dans un dernier baiser, son esprit se fondit dans les draps, semblant imprégner lit d’une façon qui rendrait impossible un quelconque déplacement, la chasseresse étant éreintée. Le sommeil l’envahit sans qu’elle ne puisse même avoir l’idée de le combattre, abandonnant son corps à un besoin qui avait été ignoré et bafoué au profil d’un autre et qui n’avait cessé de croitre silencieusement, attaquant désormais avec fureur la jeune femme qui n’eut que le temps de se lover dans les bras du bel infirmier qui venait, lui aussi, de céder à sa fatigue assommante.



Mauvaise évaluation. En fait, ça n’était pas l’enfant qui menaçait d’exploser mais plutôt la personne à quelques pas derrière elle qui venait d’entrer et avait fait s’arrêter le cœur d’Amélie d’une façon nouvelle, beaucoup moins agréable qu’il ne l’avait fait quelques heures auparavant.

Elle s’était retournée doucement, la tête comme une enfant qui était surprise à faire une bêtise. Pas celle qu’il croyait, visiblement. Mais… Sa réaction était démesurée, non ? Si elle ne tenait pas le nourrisson, la jeune femme lèverait volontiers les mains pour lui signifier qu’elle n’était pas armée et qu’elle ne demandait plus qu’à se retirer, mais là…
Pourtant, quand son regard se posa sur le jeune homme, elle fronça les sourcils d’incompréhension. Il semblait apaisé par ce qu’il venait de voir. Quelles images avaient donc traversés l’esprit de l’infirmier pour qu’il réagisse de la sorte ?

« Que je voulais tuer le bébé de la chambre d’à côté pendant ton sommeil ? »

Proposa-t-elle comme continuation de sa phrase en haussant un sourcil pour souligner l’absurdité de sa menace, visiblement vexée d’avoir été prise pour une déséquilibrée qui s’attaquerait à un être aussi adorable, lui jetant un regard meurtrier qui, associé à son jeu de lèvres, lui donnait surtout des airs boudeurs qui se dissipèrent instantanément quand la brunette remarqua le sourire du jeune homme. Il était vrai qu’elle aurait pu être dangereuse, des connaissant milliers de créatures pouvant avoir son physique et vouloir s’en prendre à la petite merveille qu’elle tenait dans ses bras. Mais Amélie ne savait pas qu’il en avait vraiment conscience.

« Ta fille ? »

Répéta-t-elle, incrédule, cherchant la preuve d’une éventuelle blague dans les yeux verts du jeune homme. Il avait quel âge, en fait ? Le fait que son histoire lui était totalement inconnue la frappa comme une batte de baseball en plein visage, réalisant pleinement qu’une bonne partie de ce qu’elle ressentait en la présence du jeune homme était… Totalement injustifié, en fait. Elle ne savait rien de lui et ne le connaissait pas une semaine auparavant. Elle n’était pas censée lui faire confiance, ni être si surprise par le fait qu’il ait une fille… et pourtant.

Descendre. De toute façon, elle devait s’en aller et la sortie était en bas… Mais peut-être qu’elle n’oserait pas sortir avec ses vêtements. Ce vêtement, plutôt. Elle devrait déjà être dans sa voiture, qui devait encore stationner à proximité du campus. Avec toutes les armes à l’intérieur, il fallait peut-être éviter de la voir se faire embarquer. Donc elle n’avait peut-être pas le temps de regarder Silas donné le biberon à son enfant, aussi adorable sa fille soit-elle… Mais des questions fusaient de partout dans sa petite tête et une contraction pesante la prenait au ventre à chaque fois qu’elle se voyait fuir en emportant sa robe blanche qui devait toujours reposer sur le sol humide de la salle de bain. Pour une fois, elle avait peut-être envie de rester un peu. Amélie fit taire ses doutes et sa culpabilité en se disant qu’aux premiers pleurs du petit ange qu’elle tenait dans les bras, elle la rendrait à son père en s’envolant vers la sortie, ce qu’elle aurait déjà dû faire. Ça ne devrait pas trop durer, les bébés pleurent toujours pour un rien toutes les cinq minutes, non ?

La jeune femme continua de bercer l’enfant, l’observant avec curiosité et fascination, se rendant compte qu’elle n’avait presque pas l’impression de s’être trompée de plateau. Et pourtant, Amélie avait l’habitude de se sentir plus à l’aise avec les rougaroux qu’avec les enfants...

Seuls les bruits du micro-ondes et d’Ariane brisaient le silence qui régnait dans la cuisine, le jeune homme appuyant son dos sur le plan de travail, désormais face à Amélie qui était assaillit de questions qu’elle ne semblait pas oser poser. En fait, elle ne savait pas par laquelle commencer. Quel âge avait-il, en fait ? Était-il marié ? Où était la mère d’Ariane ? La jeune femme n’eut pas à choisir, Silas lâchant la vérité comme une bombe qui souffla toutes les questions totalement stupides de la brunette. La mère d’Ariane était morte. C’était une chasseresse et elle n’avait même pas pensé à l’éventualité que l’histoire du jeune homme soit liée au surnaturel, pourtant plus que présent dans cette ville, ayant été obsédée par des questions domestiques plutôt banales. Finalement, Silas n’était peut-être pas si éloigné de son monde que ça… Les yeux de la jeune femme cherchèrent automatiquement ceux de l’infirmier qui étaient perdus dans le vide alors qu’elle sentait sa poitrine se serrer sous cet aveu douloureux. Et il n’avait pas fini.

La jeune femme, qui tenait la petite dans son bras, se figea l’espace de deux petites secondes, hésitante, avant de tendre sa main valide qui avait caressé le petit bras de l’enfant qu’elle portait pour atteindre le petit déjeuner d’Ariane que son père lui avait tendu, versant ensuite quelques gouttelettes sur son poignet, s’assurant rapidement de la bonne température du breuvage. La brunette approcha ensuite la tétine de la bouche du bébé qui, clairement affamé, lui facilita la tâche. Cool. Ariane n’avait même pas explosé. Et même quand l’étudiante qui l’avait nourrit tenta de lui faire faire son rôt, elle n’éclata pas. Le cœur d’Amélie, par contre…

Il fit référence à l’apocalypse, et aux démons, et créatures en mentionnant cette chose qui avait détruit la possibilité d’une famille unie avant d’évoquer la cuisse de la brunette et sa guérison miraculeuse. Oups. La jeune femme se rendit compte qu’elle avait été cruelle avec lui, bien plus qu’elle ne l’avait voulu. Elle l’avait provoqué dans l’ascenseur quand ses questions avaient surgies, croyant qu’elle torturait sa curiosité alors qu’il ne demandait qu’à calmer les conséquences de son traumatisme. Ses souvenirs étaient vagues et difficilement accessibles et pourtant, elle savait qu’elle avait ressenti un sentiment d’impuissance, l’impression de devenir folle et fut victimes de nombreuses insomnies quand elle avait appris pour le surnaturel. Elle se souvenait de toute cette période où elle était restée dans l’obscurité, ignorante du monde qui l’entourait et complètement paranoïaque… Et Silas en était là. Sauf que lui y avait été plongé plus violemment et inextricablement. C’était la mère de son enfant qui lui avait été dérobée et il avait sûrement été présent, à en juger par le timbre discrètement chancelant de sa voix. Amélie avait pu également trouver des réponses à ses questions plus facilement, étant directement connectée depuis toujours à ce monde dont elle avait ignoré l’existence, quand Silas lui, n’avait dû faire face qu’à un évènement qui avait changé sa vie. Ses pas le guidèrent jusqu’à ses côtés, déposant le biberon sur le plan de travail auquel elle s’adossa à à peine un centimètre d’effleurer le corps du jeune homme, comme si la distance qui les séparait réduite, Amélie pourrait apporter un peu de chaleur rassurante à son interlocuteur. En vérité, elle voulait maladroitement l’aider mais était elle-même trop perturbée pour y parvenir, ne serait-ce qu’un peu.

Amélie laissa son regard retomber sur la petite princesse qui l’observait quand il lui dit qu’Ariane l’aimait bien, captant son âme avec ses magnifiques yeux bleus plein de curiosité. Ceux de la chasseresse brillaient après les confessions de Silas qui ne semblait même plus vouloir la contraindre à lui faire partager les informations qu’elle possédait clairement. Le bébé gazouillait toujours, semblant resserrer une sorte de lasso invisible autour du cœur de la brunette à chaque voyelle qui sortait de sa bouche.
Un sourire lumineux et délicat contrastant avec ses yeux légèrement humides apparu sur les lèvres de la chasseresse qui, bien malgré elle, fut attendrie par le petit être magnifique entre ses mains et tout ce qu’il représentait.

« Je vois mal comment ça pourrait ne pas être réciproque... »

Elle releva alors les yeux vers celui avec qui elle avait passé la nuit, s’interdisant de laisser son sourire se faner en prenant celui de Silas comme seul soutien, tentant d’être le plus douce et rassurante possible. Ce sourire voulait simplement dire que tout irait bien.

Elle reposa alors ses yeux sur la petite, brièvement, revenant aux pupilles vertes rapidement.

« Je vais t‘aider. »

Oh, quoi ? Cette décision totalement spontanée était sortie comme un murmure audible pour le bel infirmier. Son regard se perdit même dans le vide, brièvement, le temps d’un battement de cœur, réalisant les paroles sorties de sa bouche, en totale opposition avec son intention originel. Mauvaise idée. Et pourtant, envisager de laisser Silas à la torture qu’il devait endurer et la petite princesse qu’elle tenait dans ses bras vulnérable lui avait fait prononcer ses mots irréfléchis. La jeune femme finit par relever et tourner doucement la tête pour planter son regard sérieux dans celui qui l’obsédait du jeune homme dont elle avait du mal à se détacher… Ce qui devait être de famille, en fait.

«La bonne nouvelle c’est que tu sauras que tu n’es pas fou... Mais c’est aussi la mauvaise nouvelle. »

Sortit-elle dans un soupire. En gros, il ne faut pas t’inquiéter, les monstres existent bel et bien. Elle fit alors un pas sur le côté en se tournant, se postant devant Silas, son bébé toujours dans les bras.

« Prends-la. »

Lui dit-elle gentiment mais sans lui laisser vraiment le choix, lui mettant dans les bras la petite princesse qu’elle regrettait visiblement déjà, s’éloignant après avoir caressé la longueur du bras couvert du jeune homme dans un geste tendre qui s’était voulu rassurant, comme une étreinte rassurante impossible à cause de la présence de l’enfant. Oh, et pourtant, Amélie venait de passer son record, fuyant de la sorte les contacts avec les enfants bien plus rapidement, d’habitude. Un rapide baiser trop chaste sur sa joue plus tard, comme un au revoir – après tout, peut-être que s’en était un, leur lien fragile et récent pouvant sûrement facilement être soufflé par les confessions qu’elle s’apprêtait à faire – Amélie se tourna et, en prenant le soin de couvrir son intimité avec le haut qui laissa alors son épaule libérée, elle s’asseya sur le plan de travail, ses mains appuyées l’extrémité du meuble.

« Alors, déjà, fais juste attention à ne pas ouvrir ton peignoir par le bas, ça risquerait de me déconcentrer. »

Fit-elle avec une mine pensive et amusée, laissant brièvement son regard explorer distraitement le plafond avant de revenir à ses yeux intrigants, voulant rappeler leurs ébats passionnés dont le corps parcouru de frissons exquis à ce souvenir semblait en redemander.
Elle savait bien que tant qu’Ariane était présente, ils avaient tous les deux une ceinture de chasteté, mais elle n’avait pu s’empêcher de commencer par cette provocation lascive immature.

« Tu ne veux pas t’asseoir ? Ou bien déposer… Ariane ? »

Ça sonnait faux. On commence à appeler un enfant par son prénom et puis paf, on s’y attache, il fallait faire gaffe. Surtout qu’Ariane semblait résolue à charmer le monde qui l’entourait avec ses petits bruits et le bleu de ses yeux. Bref. Amélie s’apprêtait à tout lui déballer, il y aurait probablement des parties qui resteraient très dures à avaler. Il avait déjà traversé un chemin déjà pénible, sachant l’existence de monstres, démons et même de l’apocalypse. En fait, Silas avait sûrement été présent ce soir-là et fait face à une créature qui lui avait enlevé un être cher… Les principales pièces d’un affreux puzzle étaient déjà entre ses mains, ne manquait plus qu’à les assembler avec l’aide d’Amélie qui voulait à tous prix qu’il les dispose correctement, dans le sens ou, ne sachant pas à quel point il aimait sa compagne décédée, elle tairait peut-être volontairement la partie concernant les contrats possibles avec les démons. Juste au cas où.

« Alors… Par quelle partie je commence ? »

Demanda-t-elle à… elle-même. Amélie pinça ses lèvres en plissant légèrement les yeux pendant quelques instants. Sérieusement, elle allait s’embrouiller.
Derrière ses airs enfantins et détachés et malgré son regard qui voyageait aux quatre coins de pièce, s’attardant sur l’enfant qu’il avait dans les bras et ensuite, des émotions radicalement différentes la dominant, sur le corps du jeune homme, Amélie observait attentivement les réactions de Silas, en ayant fait sa principale préoccupation. Elle n’avait certes pas pleuré et ne l’avait pas pris dans les bras mais ses paroles l’avaient touchés plus qu’elle ne l’admettrait. En fait, son petit jeu avant tellement bien fonctionné qu’Amélie était restée. N’avait-il pas remarqué qu’elle s’apprêtait à lui remettre sa princesse dans les bras et à disparaitre avant qu’il ne dévoile cette partie de sa vie
Amélie se foutait un peu de savoir si la raison était la nuit qu’ils avaient partagée, les grands yeux bleus d’Ariane ou la fascinante addiction de la brunette pour l’infirmier qui ne faisait que s’accroître à chaque tentative de l’émousser qui était à l’origine de sa décision de ne finalement pas fuir le foyer brisé. Le fait était qu’elle ne pouvait plus partir, maintenant. Elle ne voulait plus pour l’instant. Amélie fut alors attentive aux réactions du jeune père dont le cœur exposé lui donnait envie de se rappeler ce qui se cachait sous son vêtement à l’aide de touchers lubriques distractifs. Si elle sentait qu’une partie avait plus de mal à passer qu’une autre, elle ralentirait ou s’arrêterait. S’il montrait des signes de faiblesse, elle quitterait peut-être son perchoir pour le supporter physiquement, lui offrant ainsi un soutien émotionnel, utile ou pas.

« Yep, c’est l’apocalypse. Désolée si je viens de ruiner ta journée. »

Dit-elle en inclinant la tête, d’un air embêté peu sérieux comme si elle venait de terminer le dernier dessert du réfrigérateur.

« Presque la fin du monde.»

Le monde dans lequel l’adorable petite chose qui ne voulait pas s’arrêter de gazouiller pourrait vivre en paix. Ou plus ou moins, avec un peu de chance.

« Lucifer - yep, l’ange - est ici, libéré de la cage dans laquelle il était enfermé jusqu’à il y a peu de temps, les quatre cavaliers de l’apocalypse sont eux aussi arrivés mais déjà hors-jeu, maintenant… Le reste est en cours.»

Dit-elle en roulant les yeux, tentant de parler avec légèreté. Oh, elle avait volontairement mentionnés ces quatre-là pour pouvoir adoucir ces mauvaises nouvelles en injectant un semblant d’espoir dans son récit avec un sourire qui se voulait rassurant et remplit d’un espoir insensé.

« Les anges, démons, dieux païens et créatures existent, il y en a des tas et malheureusement, leur faiblesse dépend de leur nature. Leur alignement par contre… »

A nouveau, la brunette haussa les épaules pour continuer sa phrase. Silas parlait malheureusement à une chasseresse plutôt atypique qui avait du mal à voir les choses aussi simplement que ses congénères, ça rendait les choses plus complexes.

« C’est un ange, pour ma cuisse. Je te l’ai dit dans l’ascenseur, je suis humaine. »

Rajouta-t-elle comme une petite parenthèse, son ton étant plus faible mais probablement plus grave, ce dernier point étant probablement la cause du mélange d’angoisse et de colère qu’elle avait pu entendre un peu plus tôt, voyant Amélie dans la chambre de son enfant. Sérieusement, la chasseresse préfèrerait éviter qu’il la prenne pour une créature qui perd sa peau et sa chair pour se transformer en quelqu’un d’autre ou qui mangerait le cœur de son attendrissante fillette.

« Il y a aussi des chasseurs. Ce sont des humains mais… ils ont fait de la chasse des créatures et démons leur métier… »

Amélie inspira longuement, détournant le regard pour mieux revenir. Sa curiosité était-elle proche d’être rassasiée par son court mais rapide et terriblement incomplet monologue ?

« Comme moi, en quelques sortes. »

Mouais. Petite précision prononcée comme un chuchotement qu’elle préférait même qu’il n’ait pas entendu, en fait. Elle n’en connaissait pas précisément la raison, alors qu’elle avait pourtant laissée entendre qu’elle répondrait à ses éventuelles questions. Peut-être était-ce parce que, quand les chasses en pratique rentraient en jeu, elle avait beaucoup de différents avec les autres chasseurs au moment de l’exécution de la sentence, ressentant de l’empathie envers des créatures que les autres voyaient comme des abominations et des monstres. Il était tombé sur une jeune femme qui avait perdu la mémoire et qui se faisait des amis de personnes que la plupart des autres chasseurs tueraient sans se poser de question…
Et Amélie appréhendait sa réaction. Savoir pour le surnaturel était une chose… Mais elle venait d’avouer qu’elle faisait clairement aussi partie de ce monde peu rassurant par choix. Rester n’était pas son intention, à la base. Et pourtant, l’idée qu’il lui demande de lui-même de s’éloigner lui provoqua un pincement désagréable derrière sa poitrine. Mais ça serait la plus sage et rassurante des décisions.
C’est donc d’une voix colorée par toutes ses pensées qu’elle souffla, trop sérieuse et le cœur plus emporté et douloureux qu’elle ne l’aurait voulu ;

« Tu tiens le coup ? »
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Ven 25 Déc - 12:34

Les images d’une Amélie assoiffée de sang et menaçant Ariane, ainsi que celles adorables de la brunette qui tenaient la petite dans ses bras, vêtue d’une unique chemise appartenant à Silas, se mélangeaient dans sa tête comme un dangereux cocktail Molotov, qui menaçait de faire sauter son système nerveux d’une seconde à l’autre. L’infirmier était essoufflé et, tandis que le soulagement de voir que sa fille ne courait finalement aucun danger lui tapa l’esprit, il essuya son front encore dégoulinant de sueurs froides avec la manche de son peignoir.

« Oui… », relâcha-t-il dans un soupir, comme une invraisemblable confession, avant qu’un sourire ne vienne étirer ses lèvres. « Désolé… Ça paraît stupide, n’est-ce pas ? », fit-il, ressentant une certaine culpabilité en apercevant la mine boudeuse et contrariée de la jeune femme qui tenait sa fille entre ses bras.

Il était entré, et s’il avait eu une arme en sa possession, il l’aurait probablement pointée en direction de la brunette, alors qu’elle ne voulait qu’apaiser le réveil d’Ariane, et avait mené cette mission avec brio, à en juger tous les « bababababa » qu’émettait la petite princesse en regardant celle qui la portait. Silas ne fut pas étonné de la surprise d’Amélie lorsque celui-ci lui apprit que la petite qu’elle tenait dans ses bras était sa fille, la chair de sa chair. Au début, quand Ariane avait dû rester dans une couveuse durant d’innombrables journées et que Silas n’avait à peine pu la toucher et encore moins la prendre dans ses bras, condamné à la regarder depuis le côté opposé d’une vitre, il avait aussi eu de la peine à se faire à l’idée qu’il avait une fille… À vrai dire, ce n’était que depuis ces dernières semaines, qu’il avait ressenti ce qu’il n’aurait jamais cru ressentir pour un être humain… quelque chose de véritablement indescriptible, mêlant désir de protection et un dévouement inconditionnel… L’instinct paternel ? Avant cela, les bébés n’avaient réellement pas été des êtres qui avaient attiré son attention… bien au contraire.

« Ma fille… », répéta-t-il pour confirmer l’étonnement de la jeune femme et pour réaliser un peu plus lui-même, une lueur de fierté passant sur son visage à présent attendri.

Le jeune homme accompagna Amélie pour se rendre en bas, dans la cuisine. Il ne se préoccupait pas vraiment du fait que la brunette puisse vouloir s’en aller à la première occasion. Non, dans sa tête, il se projetait plutôt que tous deux – tous trois – prennent un petit déjeuner ensemble, ou alors que… Silas ne savait pas. Il ne se tourmentait pas trop de ce qu’il pourrait arriver… Il fut plutôt occupé à littéralement déshabiller Amélie du regard lorsqu’elle descendit les escaliers juste devant lui. Ses yeux caressèrent ses courbes à travers le tissu de sa longue chemise qui couvrait tout juste sa nudité. Il imagina sa peau même plus douce que la soie de ses sous-vêtements, dont il avait envie d’embrasser absolument chaque parcelle, comme pour y graver à nouveau les traces indélébiles de son passage brûlant et rempli d’une concupiscence insatiable… Il n’avait qu’à tirer sur le seul vêtement de la jeune femme pour que celui-ci se défasse, et à la porter de la même manière que lorsqu’ils avaient monté ces escaliers quelques heures plus tôt, dans une explosion d’un désir incontrôlable… Mais non. Amélie tenait Ariane dans ses bras, et ce n’était pas le moment pour de tels ébats. La petite avait besoin de son biberon… Silas tenta de retrouver un semblant de sérieux et de dignité, comme quelqu’un de responsable et respectable…

Se dévoiler n’était pas vraiment dans les habitudes de l’infirmier. Non qu’il soit renfermé sur lui-même, mais plutôt parce qu’il était de nature secret, comme si à tout moment des paparazzis pouvaient débarquer et lui faire regretter de vivre sa vie… Mais cette fois-ci, il perdit le contrôle de ses paroles et les explications quant à la présence d’un bébé dans sa vie sortirent d’elles-mêmes, comme si elles débordaient de sa bouche sans qu’il puisse rien n’y faire. Amélie lui inspirait beaucoup d’honnêteté, et avec elle, il n’avait envie de ne rien garder de secret ; il n’en verrait de toute manière pas quel intérêt il y aurait à omettre certains éléments de sa vie à la brunette. Pourquoi – malgré le fait que les deux nouveaux amants ne se connaissent que depuis quelques jours et que la jeune femme semble tout aussi, si ce n’est plus, mystérieuse que lui – avait-il l’impression de pouvoir lui faire confiance ? Peut-être était-ce, par exemple, parce qu’au lieu de se hâter de prendre la sortie de secours à la première occasion venue, elle fit le chemin contraire et s’adossa au plan de travail juste à quelques centimètres aux côtés de l’infirmier.

Silas plongea son regard ébahi dans le sien, surpris de ce rapprochement, un peu comme si ses yeux, un sourcil arqué, lui disaient un arrogant, mis pas méchant, « Qu’est-ce que tu fous là ? ». Pendant un instant, ce fut lui qui eut envie de s’enfuir, mais quand il comprit que le sourire de la jeune femme ne cherchait pas à lui témoigner de la pitié mais manifestait plutôt une sorte de chaleur réconfortante et bienfaisante, profondément altruiste, qui cherchait simplement à accepter ce qu’il avait dévoilé, le corps du jeune homme, au lieu de partir en courant, entreprit indépendamment de réduire à néant l’espace qui le séparait d’Amélie, comme un aimant ayant trouvé son champ magnétique complémentaire, et colla son bras contre celui de la brunette.

Et Amélie balança une simple phrase qui manqua de faire vaciller les jambes du jeune homme. Une lueur nouvelle brilla dans son regard, comme si l’on venait de lui annoncer une potentielle guérison face à un cancer incurable ; la lueur d’un espoir, qui lui promettait peut-être de balayer la frustration du fait d’être un ignorant esseulé dans un environnement inconnu qui ne tournait pas rond. Elle allait l’aider.

« Amélie… », souffla-t-il, d’une voix rauque presque imperceptible contrastant dans son esprit avec la voix ferme qu’il avait eu l’intention de prendre, mais qui avait cédé sous la force de la promesse de la brunette.

Il ne voulait l’obliger à rien, mais celle-ci ouvrit la bouche avant que l’infirmier n’ait pu se reprendre. Les battements de son cœur se firent plus pressant et résonnèrent dans sa tête, avant qu’elle ne lui tende Ariane pour qu’il la prenne. Vu comme ses jambes semblaient vouloir se dérober sous lui, il avait meilleur temps de déposer sa petite puce autre part… Mais la suite des paroles d’Amélie vinrent encore perturber son esprit, et cette fois-ci avec une nouvelle vague de violence inattendue, différente. Alors qu’il calait la petite sur son torse, au niveau de sa clavicule, juste à côté de son cou, un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres et son entrejambe tressaillit sous le simple tissu de son peignoir. Pourquoi disait-elle cela maintenant… Le regard du jeune homme se crispa en même temps qu’il s’enflamma.

« Je pourrais te dire exactement la même chose… », fit-il, comme si prononcer ces paroles lui avait demandé un effort de concentration inimaginable, Silas étant bien trop préoccupé à tenter de faufiler son regard sous le tissu de l’habit que portait Amélie, qui venait de s’asseoir sur le plan de travail, écartant dangereusement ses jambes complètement nues si ce n’est couvertes entre deux par le bas de la chemise du jeune homme.

Il avait fait quelque pas en avant et s’était retourné pour être en face de la jeune femme, son regard ne sachant pas tellement s’il devait s’attarder sur la coupe post-coïtale d’Amélie, sur son épaule découverte, ou sur son entrejambe soigneusement dissimulé mais aguicheur tout de même… Silas déglutit difficilement et baissa son regard sur Ariane dont la vue lui rappelait de ne pas faire les bêtises lubriquement incontrôlées qui se diffusaient en ce moment même dans son esprit excité. La jeune femme lui proposa de prendre ses aises, et à vrai dire, toute distraction possible face aux idées lascives de ses pensées étaient les bienvenues. Il rapprocha la chaise haute de la petite et l’installa dedans, n’oubliant pas de l’attacher pour éviter qu’elle tombe de n’importe quelle manière. Le jeune père déposa un baiser sur le front de sa progéniture et prit à son tour place en tirant l’une des chaises hautes qui entouraient l’îlot, s’asseyant juste en face de la jeune femme. En posant à nouveau les yeux sur la divine brunette, l’infirmier regretta soudainement de s’être défait d’Ariane. Plus rien ne l’empêchait à présent de se jeter sur elle pour à nouveau trouver un moyen d’éteindre le feu que les simples paroles d’Amélie avait allumé en lui et qui brillait de manière on ne peut plus limpide dans ses yeux. Le jeune homme se racla doucement la gorge comme pour rameuter ses pensées dans la réalité.

« Je t’écoute. »

Il tenta de se concentrer sur la brunette de manière tout à fait sérieuse, en tendant la tête dans sa direction et en lui jetant un regard qui l’invitait à continuer, en essayant de feinter son habituelle indifférence, arquant un sourcil, pour dissimuler – avec plus ou moins de succès –  sa concupiscence.

Par quelle partie allait-elle commencer ? Très bonne question. Silas haussa les mains, comme pour lui dire qu’il ne pouvait pas l’aider sur ce point-là, tout en plissant son front, lui faisant un peu les gros yeux, enivrés par son excitation, car si elle ne commençait pas à lui parler maintenant, il était très probable que Silas trouve une autre occupation pour sa bouche… Ouh. L’infirmier serra la mâchoire et déglutit. Rester sérieux. Pourquoi était-ce aussi difficile ? Le regard d’Amélie était comme la poudre à canon qui alimentait le feu interne du jeune homme, à deux doigts de céder à ses pulsions. Mais bientôt les mots que prononça la jeune femme le tirèrent de – presque – toutes ses pensées indécentes et le ramenèrent à la réalité menaçante et dangereuse.

Les yeux de l’infirmier se posèrent sur sa fille lorsqu’il se représenta la fin du monde et fut soudainement mû par une sorte de mélancolie parsemée de regrets… Mais d’un autre côté, Silas ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine satisfaction, car sa curiosité très vive était petit à petit comblée par le savoir que la jeune femme venait de commencer à lui transmettre.

Silas fut cloué, coi, sur sa chaise lorsqu’il entendit le nom de l’Ange Déchu : sa tête se pencha un peu plus vers l’avant. Il ne savait pas trop si son cœur s’était mis à battre la chamade à cause de l’affolement que la nouvelle lui apporta, ou par l’excitation de découvrir que le monde recèle de beaucoup davantage de facettes intéressantes susceptibles de satisfaire la curiosité du jeune homme.

« Le Diable est libre, là-dehors…? », demanda-t-il, en pointant la baie vitrée opaque de son indexe, pour ponctuer ses paroles. « Il est comment ? J’aurais pu le croiser sans même m’en rendre compte, en me baladant dans la rue ? ». L’inquiétude était à présent légèrement plus présente que la curiosité, tandis que le regard du jeune père ne cessait d’alterner entre sa fille et la brunette. Et merde. Dans quel monde sa fille allait-elle grandir ? « Le reste ? Tuer le Diable en personne ? », fit-il comme s’il s’agissait d’une tâche complètement inimaginable. Comment était-il possible de tuer le Mal en personne ? « Et Dieu, il est où dans tout ça ? », dit-il, peu crédule de ses propres paroles… Attendez, Silas, croire en Dieu ? Il fallait avouer qu’il remettait absolument toutes ses croyances en questions en ce moment même, mais de là à se familiariser avec l’idée que Dieu existe, alors qu’il s’était prouvé toute sa vie que toutes ces histoires n’étaient que des conneries sectaires pour rendre les gens faibles… Il en faudrait plus à l’infirmier pour changer sa vision du monde… Ou alors plus de temps pour accuser le coup en pleine face des paroles de la jeune brunette.

La légèreté avec laquelle Amélie parlait aidait sûrement le jeune homme à accepter tous ces nouveaux éléments qui venaient combler les trous creusés par son ignorance. La brunette lui sortit une courte – mais importante – liste d’êtres qui normalement n’étaient présents que dans ces sortes d’histoires pour les gens dévoués ou les scénarios de films d’horreur ou de ces films pour adolescentes.

C’était donc vrai… Toutes ces intrigantes abominations existaient, et bien plus encore… C’était bien plus tordu que ce que Silas aurait jamais pu s’imaginer. Le jeune homme ne doutait pas de la vérité des paroles d’Amélie, mais il avait légèrement l’impression qu’on venait de lui dire qu’en réalité, toute sa vie, il avait vécu dans un film, ou dans un mensonge énorme auquel il avait cru sans broncher. Des démons, des anges, probablement des vampires, des loups garous, des sorcières, des fées, des lutins… Comment avait-il pu passer à côté de telles énormités, toute sa vie ?

« Tu veux dire que… Pendant que j’étais pas là, un putain de petit bambin dodu et ailé s’est ramené dans ta chambre et hop, ‘hocus pocus’, ta blessure s’est envolée, par… magie ? », s’étonna-t-il, ahuri d’être passé à côté d’une chose qui s’était passée sous son nez. « Heureusement qu’il est venu après que je t’aie fait un pansement… », fit-il, la voix soudainement rauque. Ses yeux migrèrent aussitôt vers les cuisses dénudées de la brunette, et sa langue passa sur ses lèvres. « Sinon je n’aurai probablement pas connu la douceur de tes… » Il déglutit.  « …cuisses. » Et voilà que ses pensées luxurieuses refaisaient surface et s’emparaient du contrôle de son corps… Son regard se perdit dans les yeux marron et incendiaires de la brunette, alors que Silas faisait des efforts monumentaux pour retrouver contrôle de soi. Il se racla la gorge. « Et donc… » Un instant, ses yeux dévièrent de ceux de la jeune femme, comme pour respirer un air qui n’était pas saturé en particules aphrodisiaques émanant directement d’Amélie. « J’imagine que tu n’es pas réellement tombée de ton vélo, n’est-ce pas ? », fit-il, une légère et temporaire lueur d’insolence dans son regard venant lancer une pique à la brunette.

Silas était tout de même légèrement rassuré qu’il existe des êtres dévoués au bien parmi toutes les créatures qu’il s’était représenté.

« Et donc, les vampires existent…? » Et merde alors. « Et… Quel genre de créatures dévore le cœur de leur victime ? », s’enquit-il, les dents serrées et les yeux d’un coup brillants. La mère d’Ariane s’était littéralement fait arracher le cœur, cette nuit-là, laissant un trou béant dans sa poitrine, que Silas n’avait pas pu soigner, de quelque manière que ce fût. Il n’avait rien pu faire. Et il s’en voulait. Mais qu’aurait-il pu faire ? Appeler un chérubin comme Amélie pour qu’il la soigne ?

L’enivrante brunette lui apprit ensuite l’existence d’humains qui vouaient leur vie à combattre toutes ces créatures. Des chasseurs. L’intérêt et la curiosité brillèrent dans les yeux de Silas. D’autant plus quand Amélie lui dit qu’elle appartenait à cette classe de personnes.

« Bordel. Tu veux dire que… » Une sorte de rire à la fois incrédule et empli d’admiration secoua le jeune homme. « Tu bottes le cul de ces bêtes…? Waouh. » L’infirmier trouva cette information définitivement sexy. Plein de scènes défilèrent dans sa tête, plus bandante les unes que les autres… Qu’est-ce que ces créatures devaient prendre cher… Quoi qu’il en soit, maintenant, Silas comprenait pourquoi la brunette n’avait pas voulu le faire entrer dans ce monde complètement bousillé. Faire partie de ce monde voulait-il dire ne plus faire partie d’une vie « normale » ? « Et tu fuyais pour… me protéger ? », en déduit-il du comportement qu’avait eu à deux reprises la jeune femme.

La jeune femme lui demanda s’il tenait le coup. Ç’en était, un très bonne question. À vrai dire, Silas ne réalisait pas encore tout ce que la brunette lui avait dit. Pour lui, il allait peut-être se réveiller dans son lit dans deux minutes, et toute cette discussion n’avait été qu’un rêve… Ou s’il s’avérait qu’il n’était pas dans un rêve… eh bien. Il était dans la merde. Mais Silas n’avait pas le temps de réaliser tout cela, il avait maintenant d’autres préoccupations en tête.

« Oui, je tiens le coup. », fit-il distraitement, tandis que son regard plongea profondément dans les yeux d’Amélie, en même temps qu’il se leva de sa chaise et fit quelque pas dans la direction de la brunette et qu’il posa ses deux mains sur chacun de ses genoux.

Ce contact sembla faire flamboyer ses iris, habités à nouveau par une délicieuse tension au creux de son être, comme un appétit lascif chronique.

« Ne me fuis plus, Amélie. S’il te plaît. », fit-il, sur un ton presque ivre, rapprochant son visage de celui de la jeune femme. Peut-être était-ce l’effet de toutes les nouvelles qu’Amélie venait de lui balancer à la figure. « Apprends-moi à les combattre aussi… », lui demanda-t-il, dans un souffle, sur un ton presque de supplication. « J’en peux plus d’être… un simple spectateur impuissante et ignorant, de tout ce qu’il se passe dehors… »

L’inquiétude regagna ses traits, et ses yeux partirent chercher Ariane qui s’amusait à taper sur le plateau de sa chaise comme sur un tambour. La réalité que lui avait divulgué Amélie prenait petit à petit son sens et son poids dans son esprit. Le monde dans lequel Ariane allait grandir n’était pas sûr, loin de là. Et Silas était de plus conscient qu’il ne connaissait une infime partie de la surface de l’iceberg.

« Il faut que je puisse protéger Ariane de ces… abominations. S’il lui arrivait quelque chose, je… » N’y pense pas, Silas. Il avait les dents serrées, et son visage se crispait lorsqu’il prononça ses paroles. Les émotions se mettaient doucement à faire briller ses yeux, se remuant dans sa tête et le faisant tourner entre la colère, le regret… Et encore. Il se perdaient au milieu de tout ce qu’il ressentait. « Il faut que je puisse la protéger… » répéta-t-il. « Et quoi qu’il se passe à l’extérieur, je veux en faire partie. Je ne peux pas rester caché ici, à continuer de nier la réalité… »

Se rendant compte que la proximité d’à peine quelques millimètres de son visage et celui d’Amélie dérangeait peut-être cette dernière, les paroles de Silas étant possiblement oppressantes, il se recula, lâcha les genoux d’Amélie en jetant un nouveau coup d’œil à sa fille, comme pour s’assurer qu’elle était toujours là. Il ne voulait pas la faire fuir. Vraiment pas.

« Tu as dit que tu allais m’aider, Amélie… », souffla-t-il, tandis que les pensées de tous les dangers possibles et imaginables affluaient dans son esprit et lui faisait doucement péter un câble, très visible sur son visage qui menaçait de fondre. En fait, il ne tenait pas vraiment le coup. Normal, non ? « Je pourrai aussi te protéger, toi, Jones… », fit-il, comme une promesse. Il ne se rendait vraiment pas compte du degré de complexité du fait d’être chasseur… Il ne savait pas si Amélie allait le fuir, ou accepter. Tout ce qu’il voulait, c’était pouvoir faire quelque chose, être utile, et cesser d’être désespéré… comme en ce moment par exemple… Il inspira une grande bouffée d’air, et tenta de chasser le surplus d’émotions qui embrouillait ses pensées.

« Je t’en demande beaucoup… », concéda-t-il, alors que son regard chercheur, très soutenant et presque provocant dans son désespoir maintenant en partie refoulé, se posa sur le sol, presque gêné d’avoir cédé à ses émotions.

Il n'avait pas idée de ce qu'il lui demandait… Il voulait juste qu’Amélie le comprenne, et lui apprenne à se défendre, à… chasser. Et ça représentait bien plus qu'un caprice, pour Silas. Mais il ne voulait pas faire du chantage émotionnel avec elle… Loin de là.

« Dis-moi juste que tu ne vas pas me laisser seul, Amélie… », glissa-t-il rapidement, finalement, comme un enfant qui aurait peur d’être abandonné dans le noir. Une vraie gonzesse, ce Silas…
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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Sam 26 Déc - 15:40

Le contact de leur peau quand il combla cette minuscule distance provoqua un long frisson dans le corps de la jeune femme, ce simple contact rassurant l’ayant réchauffé malgré l’ampleur de la confession de l’histoire tragique du jeune homme.

Elle avait lâché cette phrase sans l’avoir préparée ou répétée. Ces mots avaient juste franchis ses lèvres sans vraiment d’autorisation, sonnant comme une promesse loin d’être préméditée mais pourtant très sérieuse.

Un rire presque inaudible secoua doucement le buste de la brunette dont le regard ne put s’empêcher de voyager sur le corps à peine couvert du jeune homme qui lui inspirait des pensées tout à fait inappropriées pour la situation, mordant ensuite sa lèvre comme punition à ses désirs qui bordel, n’étaient pas autorisées à revenir si vite de manière aussi violente.
Amélie l’observa ensuite installer le bébé dans la chaise haute, ses yeux déviant à nouveau le long du peignoir que Silas avait enfilé et qu’il serait tellement simple de retirer d’un geste rapide pour découvrir les fesses parfaites que ses mains avaient pressés, son long torse musclé qui était la seule chose que sa peau voulait autoriser sur la sienne, … Et oh, ce n’était pas tout à fait le moment.

« Je ne pense pas que vous fréquentiez mes mêmes endroits… »

Dit-elle avec un sourire amusé en coin, tentant d’être rassurante. Amélie s’imaginait bien qu’il devait avoir du mal avec ce qu’elle lui apprenait et tentait donc d’y aller doucement, à sa façon.

« Le tuer, le remettre dans sa cage, n’importe quoi m’irait tant qu’il arrête de rassembler ses copains et d’essayer de convaincre ses frères et sœurs que nous sommes des parasites, ça me va. »

Répondit-elle avec légèreté comme une évidence à sa question, faisant sonner la tâche comme beaucoup plus simple qu’elle ne l’était réellement. Ou alors, ils pourraient demander au Diable de donner son biberon à la petite princesse qui ne cessait de gazouiller adorablement, ce qui pourrait faire fondre son cœur et lui donner foi en l’humanité, non ? Amélie avait évidemment des doutes concernant leurs chances de réussite, mais elle ne voyait pas Lucifer comme un obstacle insurmontable mais plutôt comme une épreuve qui allait faire un nombre incalculable de morts avant d’être surmontée. Ah, ce n’était peut-être pas la meilleure chose à dire.

« Il n’arrivera pas à ses fins, Silas. »

Lui assura-t-elle plus sérieusement, semblant convaincue de ses paroles qui tentèrent d’alléger la nouvelle de l’apocalypse. La brunette avait suivi le regard du jeune homme sur la petite princesse attachée à son siège et voulait éviter qu’il ne pense au destin peu enviable qu’elle risquait. Ensuite vint la question sur l’existence de Dieu tandis qu’Amélie, pourtant tout ce qui avait de plus attentive, menait un combat intérieur permanent pour chasser les envies luxurieuses qui la prenaient quand ses yeux cherchaient à retirer le tissu du jeune homme assis, voulant soudainement changer de place.

« Aucune idée. »

Jeta-t-elle, insatisfaite par sa propre réponse qui était néanmoins le reflet de ses connaissances sur ce sujet. Son aide n’aurait vraiment pas été refusée dans ces moments critiques mais voilà, ils en étaient là, une poignée d’humains désespérés se battant avec acharnement pour un but qui semblait être de plus en plus hors d’atteinte dans un combat sans fin. Youpi.

« Je ne connais personne qui l’ait déjà rencontré, même les anges que je connais n’ont pas de réponse à cette question. »

Dit-elle en haussant les épaules, s’avouant vaincue par cette interrogation.

« Décevant, pas vrai ? Après des siècles à se dire que l’humanité valait la peine d’être sauvée, il a probablement désespéré. »

Amélie leva les yeux au plafond avec une expression exaspérée, n’ayant aucune sympathie pour l’être dont elle avait toujours du mal à accepter l’existence. Ce serait trop simple pour la brunette de pouvoir déverser une vie de frustration sur cet être supérieur hors de portée de ses propres enfants.
La jeune femme haussa les sourcils, se réjouissant d’entendre les suppositions de Silas qui ne collaient plus avec sa réalité mais qu’elle aurait partagée, juste quelques années auparavant.

« Plus ou moins… Les anges qui quittent le Paradis ont besoin d’un véhicule ici, mais ils ont besoin du consentement de la personne qu’ils possèdent. Contrairement aux démons. »

Précisa-t-elle rapidement, regrettant un peu de rajouter une information de plus dans un récit qui devait déjà être lourd… Néanmoins, vu le rassemblement de démons à Huntfield, Amélie ne put s’empêcher de rajouter ce détail pour qu’il sache que sa voisine était peut-être venue des enfers.

« Mais oui, il m’a soigné en trois secondes. »

Et un nouvel haussement des épaules désinvolte ponctua sa phrase. Une vague de chaleur la submergea alors quand le voile d’incompréhension qui s’était posé sur son visage fut soufflé par le restant de sa phrase. L’évocation du toucher de sa cuisse avait fait immédiatement réagir son corps, l’excitation se répandant dans ses veines en les incendiant sous son passage électrifié s’intensifiant en son bas-ventre, s’attaquant à la conscience d’Amélie qui pourtant avait tellement bien réussi jusque-là à réprimer les désirs à nouveau insoutenable de son corps. Oh, la gifle qu’elle avait reçue en pleine figure avait très visiblement balayée le semblant d’indifférence dans les yeux de la brunette pour ce qui se cachait sous le bout de tissu qui ne semblait présent que pour la provoquer. C’était sadique. Lui rappeler la première fois où son corps s’était contracté de manière presque imperceptible sous ses doigts, appelant chronologiquement de tous les moments similaires qui suivirent et l’intensité de ses réactions augmentant au fil des images de la nuit qu’ils avaient passés qui défilaient comme si Silas avait fait tomber un premier domino qui entrainerait tous les autres dans sa chute, explosant au contact du sol. Et maintenant, coupée dans son récit, elle ne voulait plus qu’arracher ce stupide vêtement qu’il avait sur lui et passer une jambe de chaque côté de son bassin, capturant ses lèvres sans attendre la moindre autorisation ou protestation, ou bien le pousser contre ce meuble tout proche de lui qui pourrait être le nouveau berceau d’une partie de leurs ébats. Les scénarios se multipliaient dans l’esprit brûlant de la chasseresse qui déglutit douloureusement, tentant de former une pensée qui aurait de toute façon été balayée par la langue de Silas qui humecta les lèvres qu’elle désirait. Ce genre de provocation involontaire devrait vraiment être illégale tellement elles étaient insupportables.
En fait, la jeune femme ne put reprendre une grande inspiration plus ou moins apaisante à la vue de la petite Ariane, sur qui son regard avait dérivé comme un dernier refuge. Amélie ne parvint pas directement à retrouver le regard du jeune père qui consumait le peu de retenue qu’elle possédait, reportant son attention sur… le mur. Oh, que son malaise sautait aux yeux tandis qu’elle croisait les jambes en étirant son corps, cherchant une bouffée d’air salvatrice de ses envies tenaillantes.

La jeune femme reposa les yeux sur Silas et s’y accrocha, malgré son regard effronté qui, il fallait l’avouer, ne faisait qu’attiser ses fantasmes redevenus impitoyables envers elle. Ah oui, son vélo… Amélie secoua la tête, son regard à nouveau sur le plafond tandis qu’un sourire fendait à nouveau ses lèvres en se remémorant cette entrevue.

« Je voulais sortir de là, mais pas au point d’aller dans un hôpital psychiatrique, Silas. »

Lâcha-t-elle sans que son sourire ne se dissipe. Leur relation avait rapidement évoluée de manière plutôt étrange et si ça n’avait pas été le cas, elle ne serait jamais là à lui parler de tout ça. En fait, elle ne l’aurait jamais approché après l’épisode de l’ascenseur si quelque chose ne l’avait pas attiré si fortement vers le jeune homme.

« Oui, ils existent, mais ils ne ressemblent pas du tout à ceux représentés dans les films. Ils ont plein de dents cachés sous leur gencive… »

Et puis vint ce moment où Amélie redevint sérieuse sous les questions du jeune homme. Il ne fut pas compliqué de comprendre que la créature qui avait assassiné sa compagne lui avait arraché le cœur, les yeux de l’infirmier s’humidifiant et sa voix trahissant l’émotion qu’il tentait de garder entre ses dents. La chasseresse baissa la tête, fixant ses genoux en espérant que ce moment passerait vite.

« Plusieurs sortes. »

Souffla-t-elle en revenant aux yeux brillants de Silas, ayant abandonné ses propos frivoles. Amélie tenta alors de parler calmement, attendant qu’il lui partage ses pensées et ses informations, s’il le désirait. S’il préférait les garder pour lui, elle n’allait pas lui poser de questions, ravalant sa curiosité légendaire.

« Les Skinwalkers et les loups garous sont les plus répandus pour le cœur. Les Skinwalkers sont des personnes qui se transforment à volonté en chien… »

Amélie marqua une petite pause, le temps de prendre une courte inspiration et de laisser l’image de ce genre de monstre être intégrée par l’esprit de Silas qui était toujours hanté par le drame trop récent.

« Les loups garous eux se changent partiellement, des yeux d’une couleur vive, des dents acérées et de longues griffes. Ils ne se changent qu’à la pleine lune, trois nuits par mois… »

Une nouvelle pause, l’hésitation ponctuant gravement ces dernières paroles.  

« Silas… Est-ce que tu t’es fait mordre ? »

Prononça-t-elle doucement d’une voix cassée, étant manifestement stressée par ses propres mots, effrayée par la possible réponse positive de Silas. Si ça avait été un loup-garou qui l’avait attaqué, il aurait pu s’être transformé depuis la venue au monde de sa fille sans même s’en rendre compte, après tout. Amélie demanda donc tout simplement au lieu de le tester, anticipant sa réponse qu’elle ignorerait peut-être inconsciemment si elle n’était pas celle espérer et qu’elle croirait sans aucun doute si elle l’était. Non, pas lui.

Ses yeux ne la rassurèrent pas vraiment sur ses intentions. Amélie espérait vraiment qu’elle arriverait à satisfaire sa curiosité à peine suffisamment pour calmer son amant, apaiser son esprit et lui faire tourner la page. Mais son regard intéressé qui voulait plus de plus en plus d’informations lui donna l’impression que ça risquait d’être une entreprise compliquée…

La jeune femme fronça les sourcils d’un air intrigué en décroisant les jambes quand elle entendit le rire de son interlocuteur. Était-ce le mot employé pour qualifier les créatures qu’elle avait croisé qui perturba la brunette ou sa réaction qui était trop inattendue ?

« Ca ne se passe pas toujours comme je l’espère… »

Rajouta-t-elle comme un aveu de culpabilité, légèrement amusée, une brève et fausse grimace de douleur sur le visage. Après tout, ils s’étaient rencontrés pour ça, non ?

Amélie ne répondit pas non plus quand il lui demanda si c’était pour le protéger qu’elle avait fui. Fuir était une seconde nature et elle avait eu peur de ses questions qui, maintenant que les réponses fusaient de tous les côtés, lui soufflait qu’elle n’aurait peut-être pas dû rester, ce matin. Oui elle voulait le protéger, mais cette sale impression se faisait de plus en plus présente… Elle avait raté.

Il lui répondit qu’il tenait le coup. Dans le sens où il n’allait pas s’effondrer au sol mais apparemment, les réponses aux questions qui avaient torturés son esprit pendant de longues semaines lui jouerait plus sur les nerfs qu’il ne l’admettait. Ce qui était assez normal, en fait. Ses mains sur chacun de ses genoux embrasèrent à nouveau son corps presque nu tandis que ses yeux furent captifs des pupilles étincelantes du jeune homme, coupant le souffle d’Amélie.

« Silas… »

Souffla-t-elle, presque suppliante en espérant le calmer, la bouche légèrement entrouverte et tremblante à cause de la proximité de leur visage et de son souffle enivrant qu’elle put sentir sur ses lèvres. Amélie ignorait quelle réaction elle avait craint le plus en lui révélant tout ce qu’il ignorait depuis de longues minutes mais la brunette était prête à parier que c’était celle qu’il avait, là. Son cœur affolé fut la victime d’un lancement douloureux quand il lui demanda de lui apprendre à combattre ce dont elle venait de mentionner l’existence, ne voulant plus être impuissant. Si si, c’était cette réaction-là qu’elle avait voulu fuir, vu que ça avait été la seule qu’elle avait pu voir chez un autre humain avant que cette personne ne devienne chasseuse. La sienne. Ça avait été sa réaction. Et ça avait été une mauvaise idée.

La pression de l’air semblait écraser la poitrine de l’étudiante qui fut partagée entre demander à Silas d’arrêter de parler et simplement capturer les lèvres dont la respiration semblait l’appeler, ce qui aurait eut le même effet. Il continua, affirmant vouloir protéger Ariane… La brunette avait l’impression qu’il s’était irrémédiablement déjà engagé dans la pente glissante dont elle aurait voulu le préserver et que, maladroitement, elle l’y avait poussé.

Il s’éloigna et Amélie eut l’impression d’être vidée de ses forces quand ses doigts cessèrent de toucher sa peau. La chasseresse ferma les yeux en laissant ses paroles raisonner dans sa tête quelques instants après cette séparation trop violente, les rouvrant quand il fit mention de ce qu’elle avait dit plus tôt. Et il voulait la protéger. Oh. Amélie fut la victime d’une explosion d’angoisse dans son ventre, la satisfaction qu’aurait pu provoquer cette intention étant totalement engloutie par la peur de le voir mourir dans une manœuvre de ce genre.

« Me protéger ? »

Répéta-t-elle comme s’il parlait une langue étrangère, à bout de souffle. Non, le contrôle lui échappait totalement d’une façon douloureuse qu’elle détestait. La chasseresse n’avait jamais vraiment voulu manipuler Silas, voulant surtout défendre l’infirmier contre ses propres sentiments, trop intense à cause des récents événements qu’il avait dû traverser…

« Arrête Silas. »

La jeune femme se releva d’un bond qui résonna grâce à ses chaussures, prête à répondre au jeune père dont l’esprit était embrouillé par trop d’émotions.

« Je veux t’aider Silas, mais pas à ça. Les chasseurs sont pour la plupart des gens qui ont acceptés l’idée de mourir, tu m’as demandé si c’était pour te protéger que je fuyais, c’est exactement contre ce genre d’idées que je voulais te protéger. »

Lança-t-elle en écartant les mains comme si ses mots raisonnaient encore dans la pièce et qu’ils vivaient précisément ce qu’elle avait craint. En fait, Amélie venait tout juste de décider qu’elle haïssait tout ce qu’il avait dit. Tout simplement. La jeune chasseresse supprima alors en deux enjambées la distance qui les séparait et saisit fermement et dans un geste désespéré les avant-bras du jeune homme dans lequel elle venait de planter son regard, voulant capter son attention, espérant peut-être naïvement détourner ses pensées des projections dans lesquels Ariane était en danger.

« Silas… Juste… respire. »

Conseilla-t-elle de plus en plus douce en espérant qu'il se calmerait tandis que ses mains remontaient lentement le long de ses bras, rendant son conseil difficilement applicable à elle-même dans un geste qui se voulait tendre mais qui dans l’esprit d’Amélie, rendait l’attraction qui la poussait vers lui tellement insoutenable qu’elle n’arrivait même plus à supporter son regard, tombé sur ses mains et la peau découverte sous le tissu qu’elle effleurait.

« Je veux t’aider. Mais ta réaction est exactement celle qui me faisait peur et ce pourquoi je ne voulais rien dire... »

Avoua-t-elle encore en sentant une douleur en son ventre. Sa voix tentait d’apaiser le jeune homme en lui faisant réaliser le danger dans ses paroles mais il était assez clair que sa réponse ne serait pas celle qu’il espérerait. Amélie releva la tête et plongea dans le regard brillant de l’infirmier donc elle avait envie d’effacer les tourments de Silas d’un toucher ardent qui éloigneraient ses angoisses et les images atroces qui le hantait, sans les mots qui pourraient les blesser.  

« Si tu attends vraiment de moi que je t’aide à chasser les… créatures. »

Elle eut une petite hésitation pour le mot à employer.

« Les abominations. »

Se reprit-elle pour reprendre ses mots qui l’inquiétaient davantage, la peur et la haine aidant peut-être dans les combats mais pas vraiment dans les moments de profondes réflexions.

« Je ne le ferais pas. »

Comme pour ponctuer ses paroles qu’elle aurait voulu sonner moins comme une cruelle sentence, elle serra un peu sa prise sur le corps du jeune homme.

« J’étais dans la même situation et tu connais mon choix. »

Elle était devenue une chasseresse plus pour se protéger, faire taire ses angoisses que pour tuer des monstres. Mais peut-être, en voulant aider son prochain et leur assurant un avenir qu’elle n’arrivait pas à envisager pour elle-même, était-elle devenue accro à l’adrénaline que peut procurer une situation désespérée, n’en attendant pas vraiment plus avant la fin de sa vie.

« Mais Silas, on s’est rencontrés dans un hôpital. »

Lança-t-elle à nouveau comme première justification en retirant ses mains arrivées aux épaules du jeune père, reculant d’un pas, tentant d’apaiser les tourments de l’infirmier en lui faisant comprendre sa requête qu’Amélie jugeait clairement irréfléchie.

« Je sais ce qu’il pourrait et va sûrement m’arriver et je l’ai accepté, Silas, mais toi… Tu as Ariane… et la possibilité d’aller de tourner la page et peu importe à quel point c’est difficile, tu peux y arriver. »

Amélie avait terminé ses propos presque dans un murmure, pleine d’un espoir fou dont elle voulait contaminer l’infirmier. Elle ne se souvenait pas si la jeune femme avait un jour dit à voix haute qu’en fait, elle ne s’attendait pas à survivre à son combat, mais ce n’était réellement pas sa principale préoccupation à ce moment. Sa première n’étant pas de dissimuler sa vie comme d’habitude, la seule chose dont elle voulait le préserver étant désormais dévoilée, mais de lui faire comprendre que son avenir serait court s’il empruntait cette voie.

« Je ne veux pas me réveiller un matin en me disant que si j’avais réussi à la fermer ce matin-là, Ariane aurait toujours un père et que tu serais… »

Aouch. A nouveau, la suite de la phrase fut perdue quelque part entre son cœur et ses cordes vocales. L’image de Silas se rajoutant à toutes les personnes qui étaient mortes en chassant, toutes les personnes dont elle avait été proche et qui étaient décédées. Sa mère, sa meilleure amie, celle qui l’avait entraînée et pour qui elle avait ressenti ce qu’elle aurait probablement dû ressentir pour sa génitrice, … Et tant d’autres dommages collatéraux dans sa courte carrière de chasseur… Non, elle ne le connaissait pas depuis longtemps et pourtant, l’étudiante l’imaginait déjà victime de sa soif de savoir et de pouvoir et cette pensée lui donnait la nausée, tordait ses tripes et plaçait son cœur dans sa gorge, modifiant sensiblement sa voix douce.

« Je t’aiderai. À la protéger. Et à te protéger. Je dessinerai autant de pièges qu’il faudrait pour emprisonner tous les démons qui pourraient lui vouloir du mal sur les plafonds et les sols de ta maison, je viendrai s’il y a le moindre problème et je te dirai comment reconnaître les créatures et mettre Ariane à l’abri d’elles au mieux. »

Bien sûr, pour ce qui était de se sentir comme un spectateur impuissant et caché, là… Il était foutu s’il suivait le plan d’Amélie. La chasseresse avait parlé d’une voix qui s’était voulue bienveillante, voulant lui rappeler que tout irait bien, le plus dur étant passé, malgré qu’elle ne pouvait simplement pas le jurer.

« Mais ne me demande pas de t’introduire à ce monde-là. Ne me demande pas de signer ton arrêt de mort. »

Ça sonnait de plus en plus comme une supplication. Ce n’était pas l’entrainer qui la dérangerait, c’était risquer de devoir pleurer sa mort et son instinct de survie lui soufflait que ce n’était pas quelque chose qu’elle arriverait à encaisser comme à son habitude. Pour ça, il lui en demandait probablement trop.

« Je suis désolée… »

Evidemment qu’un chasseur de plus aiderait, qu’une personne entraînée de plus pourrait sauver des dizaines ou des centaines d’innocents et peut-être faire la différence entre la fin du monde et sa salvation. Mais voilà que malgré qu’ils se connaissent que depuis une semaine, l’infirmier avait plus de valeur aux yeux de la brunette que tous ces idiots destinés à mourir. Elle tenterait de les sauver, évidemment, mais ne méritaient pas le sacrifice de la vie de Silas et l’implosion de la futur famille qu’il pourrait avoir avec Ariane s’il changeait d’avis.

« Je t’assure que c’est la seule solution possible, Silas.»

Prononça-t-elle comme un discours d’adieu. Elle avait raison depuis le début. Sa présence serait un poison dans la vie de l’infirmier et possiblement mortel. Amélie était – à nouveau – décidée à prendre ses distances avec le jeune homme qui ne mesurait clairement pas ses chances de survie s’il s’impliquait davantage dans la guerre qui faisait rage dehors. De toute façon, à quel point deux personnes qui s’étaient rencontrés une semaine avant pouvaient-elles être dépendantes l’une à l’autre ? Une autre personne prendrait sûrement rapidement la place d’Amélie pour effacer le traumatisme de Silas et la jeune femme affronterait ses obstacles avec l’adrénaline malsaine qui la pousserait certainement bientôt dans la tombe.

« Je devrais aller prendre mes affaires… »

Chuchota-t-elle pour tout au revoir déglutissant à nouveau, comme quand l’on avale un sanglot dérangeant qui ne pourrait pas sortir, ou un sentiment de regret ou de culpabilité trop amer, contraint à rester silencieux en laissant ses pas la diriger hors de la cuisine.

Amélie se forcerait à ne pas croiser son regard en rejoignant rapidement la salle de bain où elle laisserait sa chemise sur le côté du lavabo en enfilant la robe humide et rosée de la veille. Et elle disparaîtrait, espérant qu’il se calmerait et raisonnerait mieux avec sa fille dans ses bras malgré qu’elle n’ait pas envie de le laisser dans cet état. Oui, il faudrait qu’elle parte rapidement, même si elle aurait voulu se débarrasser de ce poids d’une tonne et demi sur sa poitrine avant.

Et merde.
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Laíla S. Þráinnsdóttir

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Dim 27 Déc - 21:39

La fin du mon était en train de ce passer en ce moment même à l’extérieur de la maison, derrière les grandes baies vitrées opaques de la pièce principale de la maison de Silas. Juste là, dehors. Le diable se baladait, peut-être en sifflotant, derrière des lunettes de soleil et un cigare fumant dans sa bouche… C’était à peu près les images que l’infirmier eut en tête après les révélations qu’Amélie lui fit, dans une légendaire légèreté qui ne dérangea en rien le jeune homme. Et il ne fallait pas oublier que le Diable n’était pas seul, comme elle le lui rappela… Toute cette histoire d’apocalypse devait être bien compliquée… à vrai dire, Silas ne s’était jamais attardé sur le sujet, il n’y connaissait vraiment rien, si ce n’est qu’on pouvait compter quatre cavaliers, qui apparemment avaient déjà été entravés, et qu’un déluge se préparait sûrement à leur tomber sur la tête… violemment.

Silas n’avait pas un grand sens de l’humanité… Les images de centaines de millions de personnes agonisant dans d’atroces souffrances, dévorés par des flammes gigantesques et une pluie d’acide insurmontable, le préoccupaient moins que celles où sa fille courait le moindre danger et où elle grandissait dans un monde condamné, en feu et en sang. Bizarrement, Silas n’était pas réellement contre l’idée, exposée par Amélie, que les humains étaient des parasites… Mais là, c’était sa haine du monde humain contre laquelle il se battait intérieurement qui parlait, raison par ailleurs pour laquelle il s’était décidé à faire un métier humain comme infirmier. Bref.

« Comment peux-tu en être sûre ? …le diable, c’est pas censé être la définition même du type qui ferait absolument tout pour arriver à ses fins ? »

Une lueur alarmante d’inquiétude illumina un instant le regard de l’infirmier, qui se rendit compte que tout ce que lui racontait la jeune femme leur échappait peut-être… même à Amélie. Et la réponse suivante de la brunette ne vint absolument pas arranger la tension qui grandissait en Silas de manière exponentielle.

« Tu veux dire que le Diable se pavane dans les rues, et que Dieu… Dieu n’est pas là, il n’est qu’une rumeur, alors qu’il serait potentiellement plutôt quelqu’un de très utile pour se défaire de Satan… non ? »

Il ne comprenait pas. Son arrogante irritation avait gagné sa voix et en avait fait hausser le ton, incrédule. C’était une grosse blague. Déjà, avant même qu’Amélie ait pu lui raconter quoi que ce soit sur la face cachée de ce monde, il trouvait les histoires du Tout-Puissant plutôt risible. Mais maintenant… Maintenant qu’il pouvait entendre le témoignage de quelqu’un qui côtoyait ce monde-là, il dut faire des efforts gigantesques pour ne pas rire à gorge déployée et manquer de tomber à la renverse.

« Pas vraiment décevant… », répondit-il, « …C’était même plutôt prévisible, non ? Est-ce que j’aurais tort de penser que c’est même ridicule ? », s’enquit-il, insolent, l'ombre d'un sourire planant sur ses lèvres.

Silas vit la jolie brunette lever les yeux au ciel, tandis qu’il s’apprêtait à avoir exactement la même réaction, ce qui lui arracha un petit sourire qui détendit ses traits et fit temporairement redescendre la pression dérangeante qui appuyait contre les parois de ses entrailles.

L’image que le jeune homme avait eu des anges s’avéra être plutôt fausse. Très fausse. Peut-être avait-il pensé à d’innocents petits bambins dodus avec des ailes de plumes sur le dos uniquement dans le but de chasser l’idée, pourtant sûrement très véridique, que quelqu’un d’autre que lui ait pu effleurer la peau du haut des cuisses de la brunette… Une autre sorte de tension s’empara des tripes de Silas, si bien qu’il se mit doucement à gigoter sur la chaise haute pour s’asseoir de manière plus confortable, comme si ce geste avait la capacité de chasser les pensées excitantes de la jeune femme que Silas avait en tête. Il eut à nouveau envie de se racler la gorge, mais passa à la place les mains dans ses cheveux pour ce recentrer. Comment était-ce possible qu’Amélie ait autant d’effet sur lui, à l’embraser ainsi d’une seule pensée ? Pourtant, avec ce qu’ils avaient vécu il y a quelques heures de cela, l’infirmier ne risquait pas d’être en manque, et c’était cependant exactement l’impression qu’il avait. Il ressentait déjà ce besoin insatiable de sauter sur la jeune femme alors que leur discussion – la partie sérieuse – n’avait commencé qu’à peine quelques minutes auparavant.

« Tu veux dire que les anges possèdent des gens…? », fit Silas, incrédule.

Cette idée était étrange. Et flippante. Le jeune homme avait déjà eu l’occasion de voir certains films où des personnes se faisaient posséder par des entités démoniaques, mais jamais par des anges… Et l’idée que ces derniers requéraient le consentement de leur proie – véhicule, comme l’avait dit Amélie – n’était pas vraiment rassurante… Quel genre de personne pouvait consentir à donner son corps aux représentations de la sagesse et de la chasteté ?
Oui, cette pensée perturbait définitivement beaucoup Silas…

L’espace d’un court instant, le jeune infirmier céda aux pensées licencieuses qui ne voulaient pas se taire dans son esprit, et fut ravi d’observer qu’Amélie fut victime de la même délicieuse et insoutenable torture qui incendiait leur corps d’une excitation qui ne semblait qu’à un fil d’exploser et de les faire perdre le contrôle de leurs corps qui se rejoindraient à nouveau dans un geste passionné et rendu maladroit par leur empressement d’arracher les habits de l’autres… L’écho de la douceur de sa peau résonnait encore contre les lèvres de Silas… Un souvenir agréable qui laissait une trace douloureuse et brûlante qui ne demandait qu’à être soulagée… Rapidement.

Tous deux semblèrent parvenir à sortir de leurs pensées licencieuses, avant qu’Amélie ne lui explique la raison pour laquelle elle avait déformé un tout petit peu la réalité lors de leur première rencontre, à l’hôpital.

« Tu n’aurais pas voulu que je t’attache de force à ton lit ? »

Ces mots sortirent de sa bouche tout seul, et Silas dut faire un effort considérable pour ne pas s’étouffer lorsqu’il se rendit compte qu’il avait de nouveau perdu le contrôle de sa langue au profit de ces tourments lubriques… Et voilà, c’était reparti. L’infirmier s’imagina refermer les liens autour des poignets de la jeune femme, les liant aux barres latérales du lit d’hôpital. Elle ne pourrait plus bouger, et Silas aurait tout le plaisir de pouvoir goûter au délice de son corps, de la déshabiller sans qu’elle ne puisse rien faire, et de se prendre à la torturer doucement, son corps à la merci des doigts et des lèvres taquins et brûlants du jeune homme… Bordel. Même rien que dans sa tête, Amélie le rendait fou.

Silas s’efforça de penser à autre chose. Que pouvait-il bien dire ? Amélie lui avait parlé de créature. Tiens, des vilains vampires… Le jeune homme la questionna sur leur existence, même si elle le lui avait plus ou moins dit peu de temps auparavant… La stratégie de l’infirmier pour lénifier les pensées accablantes que lui inspirait le corps de la brunette sembla fonctionner, si bien qu’il voulut plus de détails utiles pour décrypter ce qu’il s’était passé la nuit où la mère d’Ariane s’était fait tuer.

Amélie lui décrivit deux potentielles créatures qui avaient pour habitude de s’en prendre aux cœurs de leurs victimes. Silas eut de la peine à retenir le nom de la première créature avant qu’Amélie ne le répète. Des skinwalkers, qui d’après Amélie possédait la capacité de se transformer en chien. Rien que ça. Étrange… Le jeune homme avait toujours eu de l’affection pour ce genre de bête… Mais savoir à présent que ces animaux pouvaient dissimuler une horreur de créature assoiffée de sang le perturberait à jamais… Jamais il ne croiserait plus le regard d’un chien de la même manière qu’auparavant.

« Ce n’était pas un chien… », murmura-t-il, comme s’il parlait à lui même. « Ce qui a tué la mère d’Ariane avait quelque chose de bien plus… humain. »

Silas avait de la peine à se replonger dans ce souvenir… Il se rappelait de cette chose – il ne se souvenait même plus s’il s’agissait d’un simple psychopathe ou de l’une de ces créatures dont Amélie venait de lui parler – qui s’était jetée sur elle, à ce moment-là, de manière très floue, et ensuite il avait été projeté plus loin… avant de découvrir le bain de sang dans lequel elle baignait… Mais, dans l’esprit du jeune homme, c’était comme si ces scènes affreuses n’avaient été qu’un mauvais rêve dont le souvenir semblait troublé par un voile sombre, comme si le cerveau de l’infirmier avait intentionnellement décidé d’oublier cet événement dans le but de le protéger d’un traumatisme trop violent…

« Tu penses que ça pourrait être un… », commença-t-il d’une voix méfiante, comme si le fait de prononcer le nom de la créature allait scellé à jamais leur existence dans ce monde, et peut-être soudainement la faire surgir d’un coin de la pièce. « …un loup garou ? »

Une lueur de crainte mêlée à une sorte de soulagement quant à l’illumination des sombres mystères de cette nui-là brilla dans les yeux de Silas. Il ignorait pourquoi, mais la description que lui avait fait Amélie éveillait en lui une sorte de certitude sur la nature de l’agresseur de la mère d’Ariane, comme s’il était à présent persuadé qu’il s’agissait bel et bien d’un loup garou qui l’avait tuée. Il sentait que c’était cela.

La voix cassée d’Amélie l’inquiéta. Pourquoi voulait-elle savoir s’il s’était fait mordre ? Oh. La réponse sauta aux yeux du jeune homme. Il baissa d’abord les yeux, comme pour s’assurer que ses jambes dénudées étaient exemptes de morsures, avant de se rendre compte que de toute manière, la plaie se serait déjà envolée depuis le temps… En revanche, peut-être avait-il une cicatrice ? Son cœur se mit à battre la chamade, tandis qu’il jeta un coup d’œil sous le tissu de son peignoir. Mais non. Il ne se rappelait pas avoir trouvé une quelconque blessure sur son corps ces derniers cinq mois…

« Non… Aucune morsure. »

Il voulut regarder dans son dos, mais… comment dire, c’était compliqué…

« Tu n’as rien remarqué, toi non plus, n’est-ce pas ? », s’enquit-il, une touche d’affolement dans le grain de sa voix.

Il s’avança vers la brunette et se tourna pour qu’elle puisse guigner sous son seul habit pour lui confirmer qu’aucune cicatrice de morsure ne marquait son corps… et la pensée des yeux d’Amélie sur son corps ne manqua pas d’enflammer le sang de Silas, faisant frissonner d’excitation chacun de ses globules rouges, dans un picotement bouillant et agréable qui faillit faire calciner son cœur.

Puis Amélie lui expliqua pour l’existence des chasseurs, et avoua que les chasses ne se passaient pas toujours comme prévu… Ce que Silas put comprendre, malgré le fait que l’image de la brunette en train de tabasser ces abominations était définitivement quelque chose d’extrêmement… bandant.

Et ensuite, ce fut un peu une lente chute dans le désespoir qu’entreprit l’esprit de Silas, secoué d’émotions qu’il ne contrôlait absolument pas. Le regard du jeune père s’était accroché à la petite Ariane qui le fixait en retour. L’innocence de ses yeux bleus le décontenancèrent, et le rendirent mal de savoir que ce pauvre petit être, chair de sa chair, était si menacé dans un monde qu’il venait de découvrir et dans lequel il avait pourtant toujours vécu, ignorant. L’infirmier ne pouvait tout simplement pas rester comme ça, à continuer de vivre normalement après ce qu’il venait d’apprendre…

Il exprima son envie de participer au déluge qui faisait rage dehors. Il désirait ardemment qu’Amélie lui apprenne tout ce qu’elle savait pour pouvoir s’allier à sa cause et à celle de tous les autres chasseurs, dans le but d’être capable de protéger Ariane, et éventuellement rendre le monde dans lequel elle grandirait moins menaçant… Et pourquoi pas même, une fois qu’il aurait assimilé assez de savoir, pouvoir protéger la brunette…? Silas avait l’impression d’avoir un creux au milieu de la poitrine, qui le rongeait petit à petit que son désir d’apporter son aide s’intensifiait et menaçait de se refermer uniquement quand l’infirmier aurait la certitude de pouvoir élever sa fille dans un cadre un minimum sécurisé… Ce qui n’était vraiment pas le cas, à présent. Imaginez le désespoir de savoir que le monde dans lequel votre enfant grandira n’est plus que la victime du chaos et d’une douleur constante et insoutenable. C’est tout simplement inconcevable. La possibilité de faire quelque chose pour y remédier au moins en partie s’offrait au jeune père et faisait croître en lui un espoir qui semblait réellement apporter de la lumière sur toutes les parties sombres et fielleuses de son être.

Mais Amélie lui dit d’arrêter. La respiration de Silas se coupa, tandis que le contact de ses mains contre les genoux de la brunette se rompit et que celle-ci se leva. Le jeune homme recula instinctivement, avec empressement. Il avait l’impression d’avoir été frappé par la foudre ; son regard était tétanisé et noyé dans les iris marron de la chasseresse, et tous ses muscles semblaient s’être raidis. La jeune femme lui balança la réponse qu’il ne voulait pas entendre en pleine face, si bien que la douleur du coup de poing reçu plus tôt sur son nez sembla se raviver et se multiplier intensément. Aucun son ne put sortir de sa bouche en retour de ce que lui dit la jeune brunette, en dépit du fait qu’il voulait y répondre farouchement. Même lorsqu’elle franchit la distance qui les séparait et vint se poster juste devant Silas, celui-ci fut incapable de se reculer, et supporta avec peine son regard pourtant accrocheur.

Et puis, comme si Amélie avait formulé quelque incantation magique, le corps de l’infirmier suivit ses paroles et son cœur sembla se remettre à battre, ses poumons à fonctionner et ses muscles se décontractèrent légèrement, électrifié par le contact insupportable de ses mains sur ses avant-bras.

« À quelle réaction tu t’attendais, Amélie ? », parvint-il à dire après quelques secondes, sa gorge serrée semblant s’érafler à chaque mot qui en sortait. « Peut-être que tu aurais effectivement dû ne rien me dire… », lança-t-il en rapprochant doucement, presque imperceptiblement, son visage du sien.

Il ne voulait aucunement manquer de respect à la belle brunette, mais une arrogance écorchée vive prit le contrôle de son regard et vint provoquer douloureusement celui de la jeune femme. Et là, Amélie lui dit littéralement qu’elle ne l’aiderait pas à se battre contre le mal environnant. Silas pouvait éventuellement comprendre que la jeune femme ne veuille pas le mettre en danger et risquer d’alourdir sa conscience suivant ce qu’il arriverait, mais le jeune homme était déterminé à ne pas se tourner les pouces éternellement dans son bunker. Il ne put s’empêcher de ressentir le refus d’Amélie comme un coup de poignard qui le transcenda de sa gorge jusqu’à son nombril.

Et lorsque l’infirmier sentit les mains de la brunette se resserrer davantage autour de ses bras, il eut un mouvement de recul, levant légèrement les bras pour se défaire de ce contact devenu bien trop douloureux pour lui et qui l’empêchait malgré lui de résonner correctement, sentant certaines de ses pensées caresser les courbes de la jeune femme dont il serrerait le corps contre le sien… Mais non. Il ne pouvait pas penser à ça en ce moment même. Trop de choses tournoyaient dans sa tête et manquait de faire définitivement disparaître le reste de lucidité qui l’habitait. Mais paradoxalement, l’absence du contact fut presque tout aussi douloureuse que le contact lui-même ; Silas s’efforça se mettre ce mal de côté pour l’instant, du mieux qu’il put.

« Alors tu es bien placée pour me comprendre, Amélie, non ?! », s’exclama-t-il lorsqu’elle lui fit comprendre qu’elle était aussi passée par là., alors qu’il leva ses bras comme si ce qu’elle venait de dire n’avait eu aucun sens à ses yeux. « Alors pourquoi… » Sa voix se brisa et il n’eut pas le courage d’aller au bout de sa phrase pourtant implicite. « Tu regrettes ton choix à ce point-là ? », fit-il, un brin provocateur.

L’esprit de contradiction de Silas semblait être omniprésent dans sa tête ; il avait envie d’avoir le dernier mot sur absolument tout ce que disait la jeune femme, comme un adolescent en pleine crise de rébellion avec sa famille. Tout se mélangeait dans sa tête, son regard et sa voix : fureur, tristesse, amertume, désespoir, légère rancune, arrogance, affection, insolence… Le cerveau de Silas menaçait d’exploser.

« Oui, on s’est rencontré dans un hôpital, Amélie. C’est très important ? Ça aurait vraiment changé quelque chose, si on s’était rencontré ailleurs ? »

L’idée que le scénario de leur rencontre soit à chaque fois le même peut importe l’endroit de leur rencontre vint à l’esprit de Silas, et ne manqua pas de le séduire, chose qu’il tenta de refouler immédiatement. Après tout, ils avaient baisé dans un ascenseur, ils auraient donc pu le faire n’importe où, non ?

« Tu ne me demandes pas de tourner la page… », fit-il en reprenant les mots d’Amélie. « Tu me demandes de vivre dans le déni, d’être faible et impuissant face aux dangers réels que tu viens de me décrire… Et tout ça, pourquoi ? » fit-il, en cherchant des yeux la réponse au plafond, dans le vide. « Pour… alléger ta conscience au cas où il m’arriverait quelque chose ? » Silas reprenait ce que la brunette venait de lui dire et qu’il avait interprété de sa manière arrogante, insolente et sifflante. Son ton était élevé et blâmeur. Sa sensibilité en était tellement écorchée que son ton prenait presque une nuance malveillante qui n’était pas intentionnée. « Ça me touche beaucoup, Amélie. », ironisa-t-il.

D’un côté, il en voulait à Amélie de ne pas le comprendre, et de ne pas accepter de lui donner les moyens de se protéger, lui et sa fille, du monde surnaturel. Et lui ne comprenait pas pourquoi elle refusait qu’elle fasse un choix qu’elle avait pourtant elle-même fait… Elle continuait de le repousser hors de la vérité, tandis que lui ne faisait qu’y aspirer, avec beaucoup d’ardeur, car c’était son seul moyen qu’il voyait pour ne pas finir complètement dingue. Comment pouvait-il nier un mal qui se baladait dans les rues juste dehors de chez lui, et qui, à chaque fois qu’il sortait de sa maison – et encore, ce mal n’aurait aucune peine à rentrer chez lui –, menaçait de s’en prendre à Ariane, au fruit de sa chair, l’être le plus cher à ses yeux.

Amélie se dévoua pour l’aider à la protéger. Il ne comprit pas tout ce qu’elle lui dit – probablement des termes de chasseurs – mais la brunette pourrait sûrement dire tout ce qu’elle voulait, l’entêtement de Silas ne s’évaporerait pas, et il continuerait de nourrir cette volonté et cette aspiration à ne pas devenir inutile et impuissant, et continuer de vivre comme une victime.

« Et si ça ne suffit pas à nous protéger, Amélie ? Et si tu ne peux pas venir, pour une raison ou une autre, ou que tu arrives trop tard ? Un malheur peut arriver si vite… », dit-il alors que son regard s’ancra au sol, avant de se plonger avec insistance dans ceux de la brunette.

Silas avait réellement peur de ce qu’il pourrait arriver, et peut-être même devenait-il paranoïaque, maintenant qu’il se rendait compte qu’il était complètement exposé aux dangers qui rôdaient dans ce monde qu’il venait de découvrir, et qu’il n’avait strictement aucun moyen personnel de se défendre… Et il fallait avouer que le jeune homme détestait dépendre de quelqu’un… Alors il ne pouvait simplement pas laisser Amélie avoir la responsabilité de leur protection. Il ne pouvait pas.

« Tu préfères avoir potentiellement deux morts sur la conscience, plutôt qu’un seul ? » fit-il, lorsqu’Amélie évoqua l’arrêt de mort de Silas s’il continuait à vouloir s’engager dans ce monde dangereux.

L’infirmier ne voulait pas manipuler la brunette, mais il ressentait profondément le besoin d’être capable de faire quelque chose pour sa fille, en père digne de ce nom. Que pensera-elle de lui lorsqu’elle aura grandi ? Silas ne pouvait pas se résoudre à être lâche, et à fuir devant le problème qui s’imposait à lui.

« Non. Amélie… Tu ne peux pas me laisser comme ça… », souffla-t-il alors que ses mains passèrent dans ses cheveux. « Ce n’est pas une solution… Ça ne résoudrait rien. Strictement rien. Je ne peux pas ne rien faire… Si je fais ce que tu me dis, je serais peut-être un peu plus présent pour ma fille, mais à quel titre, si je ne suis même pas capable de la protéger du danger ? Ça ferait de moi quelqu’un de lâche, de fuyard, d’impuissant et d’égoïste… Je ne peux pas être cette personne pour Ariane. Je ne peux pas. » Ses yeux brillaient et des larmes semblaient sur le point de perler dans le coin de ses yeux. Ses yeux divaguaient en face de lui, ne s’arrêtant jamais plus d’une fraction de seconde au même endroit, comme s’il était sur le point de céder à la folie qui menaçait son esprit. « Je t’en supplie, Amélie… », fit-il avant de s’approcher d’elle. Il aurait pu se mettre à genou devant elle, ne voyant que cette perspective dans le futur… La perspective d’être un père qui veille sur les arrières de sa fille ou qui serait mort en essayant… Silas préférait mourir pour sauver une vie en se battant plutôt que de prétendre que le danger n’existe pas et de vivre dans une utopie irréaliste et qui promettait d’être bien moins tranquille que prévu…

Mais Amélie suggéra d’aller prendre ses affaires… Le regard de Silas dévia, comme si la vue de la jeune femme lui devenait insupportable. Il passa une nouvelle fois la main dans ses cheveux avant de prendre le bas de son propre visage entre ses doigts, accusant doucement le coup de fouet des paroles de la brunette, son regard se perdant dans le vide. Silas finit par hausser les épaules, revêtant son masque d’indifférence.

« Vas-y. », l’invita-t-il d’une voix qui se voulut calme mais qui dévoila tout de même une certaine dose d’émotion qui aviva son arrogance… Comme si l’arrogance était son moyen de protection contre le surplus d’émotions qui cognait contre les parois de sa boîte crânienne. « Essayer de te retenir ne sert à rien. »

Il plongea un regard insolent et provocateur, et écorché vif, dévoilant sa sensibilité à l’état brut, dans celui de la jeune femme, dont il s’approcha davantage. Sa main vint agripper la nuque de la brunette, qu’il tira contre lui pour écraser ses lèvres contre les siennes, dans un baiser dur, désagréable mais qui défoula énormément le jeune homme, car il put y retranscrire toutes les émotions qui se disputaient dans sa tête, sans demander la moindre permission. Il relâcha sa nuque et mit fin au baiser, pour lui offrir un regard plein de rancœur, d’arrogance, et d’excitation. Silas était un petit peu furieux. Et triste. Et désespéré. Mais il ne s’en rendait plus trop compte.

« Tu sais où son tes affaires. », lança-t-il nonchalamment en désignant la direction d’un coup de menton. En gros, ça voulait dire un capricieux "casse-toi, je ne veux plus te voir."

Il s’approcha d’Ariane, qui les observait tous les deux, la prit dans ses bras, la collant contre son torse dont le cœur battait anormalement vite, et entreprit d’aller s’asseoir sur le canapé dans le salon, à côté de la cheminée éteinte, sans jeter le moindre regard à la brunette, jugeant cette entreprise bien trop douloureuse après tout ce qu’il venait de refouler temporairement…
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Amélie K. Jones

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MessageSujet: Re: Le RP où Amé fait Pouf.   Mer 30 Déc - 1:29

« D’autres personnes correspondent à cette description dans le camp adverse. »

Les types qui feraient absolument tout pour arriver à leurs fins… Oh, il y en avait, des anges et des chasseurs qui seraient capable à se sacrifier pour leurs buts et idéaux. Même sûrement dans cette pièce.

« Oui, avec leur autorisation. »

Rappela-t-elle en ce qui concernait les anges.

« Je crois que pour l’humain possédé, c’est différent aussi qu’être le ‘’véhicule’’ d’un démon… »

Sortit-elle en laissant son regard se perdre dans un coin de la pièce, pensive. Elle ne s’était jamais attardée sur le sujet, ne trouvant pas ça acceptable d’imaginer céder son propre corps à un ange. Amélie n’en avait absolument rien à faire de tous ces inconnus qui cédaient leur corps mais trouvait cette entreprise vraiment… étrange. Elle imaginait surtout des gens très croyants, désespérés ou terriblement intéressés penser à ce genre de manœuvre, Amélie préférant égoïstement garder son corps pour elle-même plutôt que le mettre à disposition d’un être plus puissant qui aiderait davantage dans la guerre qui faisait rage mais qui la rendrait prisonnière de son propre corps. Et de loin. Rien que cette nuit aurait été une raison de vouloir le garder malgré l’apocalypse, en fait.

Elle lui exprima l’envie de ne pas finir à l’hôpital psychiatrique pour avoir raconté comment s’être réellement blessée. ‘’Tu n’aurais pas voulu que je t’attache de force à ton lit ?’’ . Coup bas. Très bas, à peu près entre les jambes nues de la brunette, à vrai dire.

« Pourquoi crois-tu que je te parle d’anges et de démons ? »

Lui demanda-t-elle avec un sourire licencieux et un regard de provocation qui descendit avec une lenteur calculée qui –surprise- ralentît à la virilité de l’infirmier malheureusement dissimulée. Il avait même la douce corde qui fermait son peignoir à leur disposition…
Mais… Ariane, bordel ! L’enfant lui rappelait de se calmer et de mordre sa langue qui, pourtant ne demandait qu’à à nouveau caresser la peau du bel infirmier. L’image de vampires vint quelque peu à son aide, mais c’était bien insuffisant pour faire disparaitre le fantasme qui l’obsédait désormais, reportant à nouveau son attention sur le visage du jeune homme. Ce qui, en fait, ne la calmait pas du tout.

La brunette hocha doucement la tête sans quitter Silas des yeux. Elle pourrait vérifier la date du meurtre pour savoir si c’était bel et bien la pleine lune mais même si ça n’était pas le cas, c’était probablement un loup-garou qui avait tué sa compagne. Amélie ne se souvenait pas d’avoir déjà rencontré une créature de ce type qui sache se transformer mais était certaine d’en avoir eu la preuve comme un résidu clair de sa mémoire altérée, sans pouvoir savoir comment. Mais elle savait pourtant cet  élément fiable malgré les lacunes dans son raisonnement pour en avoir testé déjà d’autres similaires dans des chasses, principalement.

Amélie fut véritablement soulagée quand il lui dit ne pas avoir été mordu. Jusqu’à ce qu’il s’inquiète et se retourne pour qu’elle puisse l’aider à inspecter son superbe corps, la faisant déglutir. En fait, vu le temps visiblement passé depuis l’attaque en voyant la petite bouille d’Ariane, la chasseresse pouvait en déduire que la blessure aurait totalement guérie avec le métabolisme d’un loup-garou. Et pourtant, ses doigts vinrent quand même à la rencontre du tissu qu’elle abaissa avec une lenteur presque douloureuse en effleurant volontairement à peine de ses ongles la peau de son amant jusqu’au creux de ses reins pour redécouvrir le dos qui, à nouveau, souffla toutes les pensées chastes de son esprit, laissant Amélie avec les désirs dont elle pouvait sentir les répercussions dans tout son corps qui chantait la même mélodie que quelques heures auparavant, la torturant pour sa maitrise d’elle-même qui n’était plus du tout voulue mais nécessaire.

« Non, mais je pourrais vérifier plus tard. Juste pour… être absolument certaine. »

Dit-elle sans plus une once d’inquiétude, sachant que malgré que la cicatrice ait possiblement disparue, il aurait remarqué la morsure dans les jours qui auraient suivis l’attaque s’il avait été blessé. Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle ramena le tissu un peu vers elle pour zieuter impudiquement le fessier du jeune homme dont elle se rappela la douceur du toucher. Elle ne voulait pourtant pas l’affoler, alors comme si ça n’était pas assez clair, et surtout parce qu’elle n’avait pas pu contrôler les mots qui voulaient sortir de sa bouche après que son regard soit tombé sur ses fesses divines que ses mains brulaient de retoucher…

« Tu pourras avoir une morsure de plus, après, par contre. »

Dit-elle en laissant s’échapper le tissu sous ses doigts, mordant fortement ses lèvres comme pour empêcher un léger rire de s’échapper ou pour retenir l’envie de les plaquer contre celle de l’infirmier, déviant son regard sur l’entrée de la cuisine pour retrouver un semblant du peu de sérieux qu’elle avait réussi à atteindre à un certain moment de la conversation. Avec une respiration buccale devenue plus lourde, la jeune femme tenta de garder son regard éloigné de son amant qui la provoquait par sa simple présence, comme si ça rendrait ses pensées luxurieuses moins évidentes. Bah non.

C’est après que les choses se sont dégradées. Quand la brunette mentionna les chasseurs et que la curiosité, les désirs et besoins de Silas entrèrent en collision avec l’envie de protéger le jeune homme de ce monde et les peurs les plus profondes d’Amélie.
Et il lui dit qu’elle aurait sûrement mieux fait de ne rien dire. Aouch.

« Tu voulais des réponses, je t’en ai donné. »

Souffla-t-elle, la douceur de sa voix s’étant presque entièrement envolée. Ce reproche lui avait fait l’effet d’une baffe prématurée, ne s’attendant pas à regretter si tôt ses paroles.

«  Tu veux vraiment me faire croire qu’avec ce qui est arrivé, tu aurais vraiment préféré ne pas savoir ? »

Lança-t-elle à son tour, ses paroles se teignant d’une colère visible. Non, elle connaissait la réponse. Ne pas savoir l’aurait rongé comme un acide qui ralentirait sa course sans jamais s’arrêter, provoquerait des cauchemars, le rendrait paranoïaque et aurait pu lui gâcher la vie. Ou du moins elle l’espérait, ne voulant pas admettre qu’en fait, c’était peut-être elle qui venait de lui ruiner l’existence. Sa cage thoracique semblait se serrer encore davantage quand il s’écarta de la brunette, écartant un peu plus l’espoir insensé de la jeune femme de faire entendre raison à l’infirmier.

« Oui je suis bien placée pour te comprendre et je te comprends. »

Confirma-t-elle en articulant doucement comme pour calmer la situation. Il avait ses raisons d’être blessé et furieux, n’est-ce pas ? Cette fois-ci, la brunette devait se contrôler. Si si, elle y arriverait.
Il lui demanda si elle regrettait vraiment son choix. Oh, ça, en fait… Amélie ne s’était jamais posé la question, pas une seule fois. Et c’était le genre de réflexion qui demandait plus de temps qu’elle ne voudrait lui en accorder pour le moment, la chasseresse se focalisant sur son but principal qui était de dissuader le jeune homme dans son entreprise. Et d’avoir le dernier mot. C’était très puéril mais elle ne savait si c’était le ton provocateur de Silas, son reproche d’avoir répondu à ses propres questions ou son regard hautain qui avait titillé la susceptibilité de la brunette, mais les effets se faisaient ressentir malgré son intention de ne calmer la situation.

« Je n’avais rien pour me retenir, Silas. Aucune raison. Ceux que j’aimais le plus étaient ou morts, ou impliqués depuis le début dans toute cette foutue bataille. »

Vraiment pas le choix. Bien sûr, elle aurait pu quitter Huntfield et commencer une nouvelle vie, après tout, elle ne savait pas quand elle avait commencé la chasse à quel point sa vie était imprégnée de surnaturel. Mais elle avait voulu en savoir plus, se rapprocher par curiosité, pour apaiser la folie qui menaçait de la posséder et qui l’empêchait de dormir. Elle avait voulu se sentir puissante, ne supportant pas l’idée d’être un mouton, une pauvre proie sans défense qui subirait les conséquences d’un combat dans lequel elle n’aurait pas pris part. Mais non, elle se refusait à être celle qui ferait ça à Silas, niant que finalement, il en avait sûrement autant besoin qu’elle.

La jeune femme fronça les sourcils quand il lui demanda si le fait qu’ils s’étaient rencontrés dans un hôpital changeait vraiment quelque chose, réalisant ensuite qu’il ne risquait pas de comprendre son point de vue si elle ne disait les choses qu’à moitié.

« Non, bien sûr que non. »

Dit-elle comme une évidence en secouant la tête.

« Ce que j’essaye de te dire c’est que ce jour-là, on aurait aussi bien pu ne pas se rencontrer du tout. Un démon m’a projeté contre un mur sans que je ne sache même où il était moins de six heures avant. Si le démon n’avait pas fait une petite erreur, je serais peut-être encore dans ce vieux bâtiment à me faire torturer, ou alors ma tête aurait pu frapper si fort le mur que j’aurais été dans le coma. Aucun de ces deux scénarios ne m’est inconnu Silas. Au lieu de ça, j’ai été à l’hôpital, comme d’habitude parce que j’ai eu de la chance. »

Encore une fois, son ton suivait celui de son interlocuteur sans montrer de réelle agressivité. Pas seulement, mais beaucoup de fois elle n’avait dû sa vie qu’à une bonne fortune qu’elle n’était pas certaine de mériter...

« Mourir n’aurait absolument pas été étonnant, j’aurais tout simplement eu ce que j’avais cherché. »

Dit-elle plus doucement en haussant les épaules, toujours sur la défensive en ne quittant pas le jeune homme blessé du regard. Amélie s’en voulait de le torturer davantage mais elle n’arrivait tout simplement pas à envisager d’accéder à sa requête pour des raisons probablement égoïstes.

Pour alléger sa conscience s’il lui arrivait quelque chose. C’était la raison qu’il avait retenu. Un coup de couteau sembla transpercer sa chair abdominale quand il lui siffla cette phrase qui la blâmait pour son égoïsme. La colère prit plus de place dans l’esprit d’Amélie qui aurait voulu tout simplement faire taire le jeune père de n’importe quelle façon, ayant une nette préférence pour la seule qui voudrait canaliser la frustration qui montait trop vite en elle. Mais voilà, il faudrait l’annihiler en réussissant à faire résonner l’infirmier qui en fait, se trouvait peut-être même aussi têtu que la brunette. L’idée qu’elle pourrait céder sous les paroles arrogantes et qu’elle jugeait injustes lui inspira d’autant plus de volonté de faire comprendre à Silas son raisonnement, ayant presque oublié d’être compréhensive et calme. Mais quelle gamine.

« Sérieusement ?! Tu me traites d’égoïste pour refuser de te conduire à l’abattoir ?! »

S’offusqua-t-elle, de mauvaise foi. Bon, peut-être qu’il avait un petit peu raison. Oh, en fait, Amélie savait au fond d’elle qu’il avait totalement raison. Une partie d’elle dont la chasseresse refusait d’admettre l’existence ne voulait pas entrainer Silas parce qu’elle avait peur de finir par tenir à lui – ce qui était déjà le cas après quoi… quatre rencontres ?! – pour finir par le voir mourir. Par sa faute. Elle devrait alors tenir le coup face à sa culpabilité et à sa peine et… Elle en avait marre de perdre des gens, désirant presque consciemment son tour.

Il imagina alors une situation où Amélie viendrait trop tard ou ne pourrait pas venir,

« Donc ta solution c’est de courir après ?! Les malheurs sont bien plus vite arrivés quand on les provoque, tu sais… »

Bon, d’accord, il y avait un soupçon de provocation dans la voix de la brunette. Pas qu’elle était sadique, mais elle voulait vraiment lui faire comprendre ce dans quoi il s’engageait trop vite, sans prendre le temps d’y réfléchir.

« Parce que maintenant votre vie est entre mes mains ? Tu n’es menacé par personne là, le loup-garou qui s’en est pris à la mère d’Ariane vous a sûrement attaqué au hasard et ne se souvient certainement plus de vous, sinon vous seriez morts le jour d’après. Mais si tu te rapproches de ces créatures, tu te feras des ennemis et ce sera foutu, tu ne pourras plus jamais revenir à ta vie tranquille sans risquer de représailles !

Lui lança-t-elle, l’émotion faisant légèrement monter le volume de sa voix.

« Tu te feras peut-être même posséder et oh - les démons adorent la torture et pas seulement la torture physique. Ils utiliseront tes souvenirs, tes pensées et tes sentiments contre toi. Combien de secondes il leur faudra pour repeindre en rouge la chambre de ta fille de tes propres mains, d’après toi ? »

Tatouage anti-possession, marques dans l’ossature grâce à un ange… Il y avait beaucoup de moyens d’éviter ça, mais Amélie voulait vraiment le dissuader en utilisant l’amour paternel qu’elle avait pu lire près du berceau de la petite, un peu plus tôt en tentant de lui inspirer une image qui lui ferait peur sans... Sans trop lui faire peur quand même. Elle ne voulait pas le manipuler mais elle n’avait tout simplement pas le temps de lui expliquer que malgré ces solutions qui pouvaient être contournées pour la plupart, il y avait de multiples moyens d’atteindre la petite princesse qu’elle désigna brièvement de la main pour ponctuer ses paroles.

« Tu t’es fait attaquer une fois ! Pourquoi devrait-il y avoir plus de mort ? Déménage pour ta fille et recommence à vivre, des centaines de personnes ont déjà fait ça avant toi ! »

Toutes les personnes qu’elle avait sauvées, que ses amis avaient sauvées et qui avait découvert le danger qui planait autour d’eux… Mais Amélie n’était pas comme ça et visiblement, Silas non plus, même si la brunette tentait de l’ignorer et de le convaincre du contraire avec entêtement.

« Les chasseurs que j’ai rencontré ne sont pas parents d’autre chose que d’autres chasseurs et de morts, Silas. Et ce n’est pas un combat que tu peux abandonner facilement une fois que tu t’es engagé dedans. »

C’était vrai, elle ne se souvenait pas avoir rencontré un seul chasseur qui avait eu un enfant avec une vie normale. Bien sûr, les années avaient changés les choses et ce n’était que très récemment qu’il ne fallait plus faire plusieurs heures de trajet pour tomber sur une créature, les rues d’Huntfield en étant infestées.

« Tu trouves ça lâche de ne pas abandonner ta fille pour te sentir plus puissant ?! »

Il la supplia. Et à l’intérieur de sa tête, ce fut Amélie se mit à genoux pour lui demander d’arrêter car elle pouvait de moins en moins nier l’évidence ; Ce n’était pas un caprice ou une décision irréfléchie et hâtive qu’il exprimait, c’était un besoin, purement et simplement. Elle n’avait pas mis plus de temps à se décider quand elle avait admis l’existence du surnaturel. Mais la brunette secoua la tête doucement, comme une décision sans appel qu’elle regrettait. La culpabilité la terrassait et elle voulait l’aider. Mais ce fut son égoïsme et sa peur qui prirent le dessus, redoutant le danger dans lequel elle se mettrait, redoutant de devoir rajouter un nouveau nom à la liste des personnes qu’elle ne voulait absolument pas perdre. Et Ariane… Allait-elle vraiment aider Silas à faire ce qu’elle avait tant reproché à sa propre famille ?

La brunette serra les dents en détournant son regard du jeune homme qui en arriva finalement à la conclusion que la jeune femme ne céderait pas. Et malgré qu’il ait raison et que cette discussion était une vraie torture, la jeune femme ne put s’empêcher de baisser les yeux, ses émotions formant une horrible boule dans sa gorge malgré que Silas ait renoncé à sa requête.

Elle allait chercher ses affaires et partir, simplement. C’est à peu près à ce moment-là qu’elle fut attirée vers Silas dont les lèvres venaient de se plaquer contre les siennes. Ses deux mains se posèrent sur les épaules du jeune homme ayant pour réflexe de les repousser, mais s’arrêtèrent finalement dans leur entreprise par peur de vraiment interrompre ce contact qui pourtant était particulièrement sévère, la douceur des lèvres de Silas semblant se prêter au jeu de leur propriétaire dans un geste dur qui semblait être un intense mélange d’émotions qu’elle avait pu voir dans son regard et qui fut injectée par sa bouche dans ses veines, se répandant hâtivement dans son corps excité malgré lui.

Son poing vint s’écraser assez violemment contre l’épaule du jeune homme à la fin de leur baiser, ne connaissant finalement que cette réponse au geste défouloir de son amant en prenant compte de la présence de la petite fille. Ce qui lui ferait s’exprimer ses propres émotions par-dessus celles de Silas risquant de lui faire perdre le peu de volonté qu’elle avait de quitter au plus vite les lieux, la jeune femme se contenta de cet excès de sentiments violents, regretta même son geste de peur d’avoir été vue par l’enfant dont elle se surprit à ne pas vouloir altéré l’innocence et la douceur de ses yeux…

Amélie inspira profondément, douloureusement comme si elle s’apprêtait à lancer la suite de leur interaction à la figure de l’infirmier, quand les muscles de son corps se détendirent doucement. La jeune femme secoua doucement la tête et prit la direction de la salle de bain où elle enfila ses vêtements. Pourquoi était-elle aussi nerveuse  sans avoir de véritables raisons ? Pourquoi avait-elle ce goût amer en bouche et cette boule à la gorge quand, finalement, elle eut obtenu ce qu’elle désirait et avait fait renoncer Silas ? Juste parce qu’il ne la comprenait pas et qu’il lui en voulait ? Pourquoi ses sentiments avaient même une si grande importance aux yeux de la chasseresse ? Amélie se mordit la lèvre devant la vitre de la salle de bain en passant sa robe, attrapant son téléphone qui fonctionnait toujours malgré la petite douche qu’il avait pris le jour d’avant.

Très vite, elle sortit de la douche italienne hantée de souvenirs où les émotions qu’elle ressentait étaient radicalement en opposition avec ceux qui la dominaient à présent et descendit les escaliers précipitamment, claquant rapidement la porte si elle s’était changée en une énième brise d’automne, tentant de calmer les battements de son cœur en se disant que pour une fois, malgré ce qu’elle ressentait, elle avait fait ce qu’il fallait.

Elle avait besoin d’air.
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